» La Journée mondiale des enseignants à l’UNESCO met en lumière la motivation et la pénurie d’enseignants
07.10.2016 - Education Sector

La Journée mondiale des enseignants à l’UNESCO met en lumière la motivation et la pénurie d’enseignants

© UNESCO

L'UNESCO a célébré le 5 octobre 2016 une Journée mondiale des enseignants assez particulière puisqu’elle s’accompagnait d’un regard rétrospectif sur 50 années de valorisation du travail essentiel des enseignants et d’un regard prospectif sur tout ce qui reste à faire pour honorer le programme mondial Éducation 2030.

L'événement de cette année, célébré sous la bannière de « Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel », a marqué le 50ème anniversaire de la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant, tout en étant le premier événement du nouveau Programme pour le développement durable. L’Objectif de développement durable 4 (ODD4) contient une cible qui appelle à une offre accrue d'enseignants qualifiés.

Le point culminant de la journée a été la remise des prix aux deux lauréats du Prix UNESCO-Hamdan Bin Rashid Al-Maktoum récompensant les pratiques et les résultats exceptionnels dans l'amélioration de l'efficacité des enseignants. Les lauréats de cette année étaient l'université de Malaya, en Malaisie, pour son Programme Education à la citoyenneté environnementale Malaisie 2005-2015 et le Programme de mentorat d’enseignants de See Beyond Borders du Cambodge.

L’éducation est un fondement de la paix

Les prix ont été remis conjointement par la Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova et par le Ministre de la Santé des Émirats arabes unis M. Abdul Rahman bin Mohammed Al Owais. Madame Bokova a évoqué la Recommandation OIT/UNESCO si particulière. « Le monde a changé depuis 1966 – l'éducation s’est transformée. Dans ce contexte, plus que jamais, je crois que nous devons rester fidèles à l'esprit de la Recommandation de 1966. »

« Les enseignants sont essentiels à l’autonomisation, au progrès des sociétés, à la paix et à la compréhension. Les temps ont changé – le cœur de notre message demeure le même. Rien ne peut remplacer un bon enseignant. Donner la priorité à l'éducation signifie donner la priorité aux enseignants. C'est pourquoi l'éducation est au cœur du Programme 2030. L'éducation est un droit humain essentiel à la dignité et à l’autonomisation. C'est une force pour l'égalité entre les sexes, pour l'élimination de la pauvreté, pour la durabilité. C’est, essentiellement, un fondement de la paix. »

La cérémonie a été suivie d’une table ronde de haut niveau réunissant la Ministre française de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Madame Najat Vallaud-Belkacem, l’Honorable Dr Mahali Phamotse, Ministre de l'éducation et de la formation du Lésotho, M. Gilbert Houngbo, Directeur général adjoint pour les opérations de terrain et les partenariats à l’OIT, et M. Fred van Leeuwen, Secrétaire général d'Education International.

Lors de l’ouverture, le Directeur général adjoint pour l’Éducation M. Qian Tang avait déjà rappelé à chacun la pénurie d'enseignants au niveau mondial. « Pour accomplir l’ODD4 d'ici à 2030, nous aurons besoin de 69 millions d'enseignants, dont 24,4 millions au niveau primaire et 44,4 millions au niveau secondaire. Il nous reste donc un long chemin à parcourir. Le problème de la pénurie d’enseignants requiert notre attention immédiate. Mais nous savons aussi que la quantité n’est pas synonyme de qualité. Nous avons besoin d’enseignants qualifiés et motivés, travaillant au sein de systèmes éducatifs correctement financés » a-t-il insisté.

Le principal intervenant, M. Marc Tucker, Président du Centre national sur l'éducation et l'économie, a montré que la Recommandation de 1966 avait déjà prédit l'avenir de l’éducation sur trois points : qu’elle serait considérée comme essentielle à l'économie, qu’il y aurait une transition significative de la quantité à la qualité et qu'il serait nécessaire de la considérer comme une vraie profession.

Ce qu’elle n’aurait pas pu prédire étaient les conséquences de l’évolution rapide du marché du travail au niveau mondial et l’essor de l’automatisation qui ont empêché les personnes dépourvues des nouvelles compétences et de l’éducation de qualité requise de s’adapter au marché du travail.

« Si les pays échouent à offrir la prospérité et si les gens ne constatent pas une amélioration de leur vie, les démocraties ne dureront pas. Notre avenir politique est en jeu si nous ne résolvons pas les problèmes économiques qui reposent sur un problème d’éducation et de compétences. »

Formation de qualité, appui et avancement professionnel

La Journée a inclus une exposition et des débats thématiques sur les cinquante ans de développement professionnel des enseignants dans les pays BRICS, la motivation des enseignants à tous les niveaux de l’éducation et dans les situations de crise et d'urgence.

Le débat sur la motivation dans les situations de crise et d'urgence a réuni des participants de l’UNRWA, du HCR, de Grèce, du Liberia et d’Haïti. L’UNRWA gère un système scolaire fournissant une éducation de base gratuite à plus d'un demi-million d'enfants réfugiés palestiniens et l’agence travaille en Syrie, à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Jordanie. Son Directeur de l’éducation Caroline Pontefract a déclaré que même en travaillant dans les conditions les plus difficiles, le fait que l’UNRWA donnait la priorité aux enseignants en termes de formation de qualité, d’appui et d’avancement professionnel signifiait qu’elle avait été, selon les données de la Banque mondiale, à l’origine d’un système scolaire offrant de meilleurs résultats que ceux de ses pays d'accueil. 




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