» Ce que l’océan révèle de l’impact de nos activités sur le climat
01.10.2013 - Natural Sciences Sector

Ce que l’océan révèle de l’impact de nos activités sur le climat

L’influence de l’homme sur le système climatique est claire. Cela est manifeste dans la plupart des régions du monde, d’après une nouvelle évaluation du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Publié le 27 septembre, le rapport évalue l'état des connaissances scientifiques sur le changement climatique et conclut qu’il est extrêmement probable que l’activité humaine soit la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Des observations plus nombreuses et plus fiables, une meilleure compréhension de la réponse du système climatique et l’amélioration des modèles climatiques ont permis la multiplication des preuves en ce sens.

Les progrès réalisés en matière de suivi continu et de collecte de données océaniques ont permis aux chercheurs de visualiser plus clairement l’impact des activités humaines sur le climat, ainsi que les tendances actuelles et futures. « On observe un réchauffement généralisé de la surface de la terre à travers toute la troposphère, de même qu’un refroidissement de la stratosphère », indiquent les auteurs du rapport. Ce phénomène est dû au fait que la basse atmosphère (ou troposphère) retient les gaz à effet de serre, empêchant la chaleur de monter jusqu’à la stratosphère. Le rapport affirme que l’augmentation de l’énergie absorbée par le système climatique concerne en premier lieu l’océan, qui a absorbé, par son réchauffement, la majeure partie de l’énergie accumulée entre 1971 et 2010.

« Surveiller et être capable d’anticiper le rôle joué par l’océan est essentiel pour comprendre – et se préparer – au changement climatique » a expliqué Wendy Watson-Wright, Secrétaire exécutive de la Commission océanographique intergouvernementale et Sous-Directrice générale de l'UNESCO. « Le Système mondial d'observation de l'océan (GOOS), supervisé par la COI, s’est considérablement développé au cours des quinze dernières années, en s’appuyant sur une longue tradition de recherche océanographique. C’est pourquoi nous pouvons affirmer aujourd’hui que plus de 90 % de l’excédent de chaleur emmagasiné dans le système terrestre, en raison de l’effet de serre, au cours des quarante dernières années, est stocké dans l’océan. En comparaison, l’atmosphère ne retient qu’environ 1% de cet excédent de chaleur. »

Sur le plan technique, le GOOS est un réseau mondial de navires, de bouées, de flotteurs immergés, de marégraphes et de satellites qui recueillent des données en temps réel sur l’état physique et le profil biogéochimique de l’océan. Les données collectées nous permettent d’analyser plus précisément l’impact des activités humaines, au moyen, par exemple, de cartes thermiques qui montrent en temps quasi réel où et comment adviennent les impacts, et de prévoir leurs conséquences. Ces données forment la base des recherches sur lesquelles s’appuie actuellement le GIEC pour informer les responsables politiques.

Le GOOS est une plateforme de collaboration internationale qui comprend trois sous-systèmes : mesure, gestion des données et des informations, et enfin outils et produits tels que les mesures pluviométriques et les prévisions de pluie, les cartes et prévisions d’efflorescences algales nuisibles, l’évaluation de la vulnérabilité des stocks de poissons et poissons d’élevage, ou encore la surveillance du niveau de la mer.

Ces informations sont essentielles à une gestion efficace non seulement des zones côtières, mais aussi dans les terres, loin des côtes, car la chaleur absorbée par l’océan entraine de profonds changements dans les régimes pluviométriques. Comprendre et surveiller ces facteurs permet au GOOS de fournir des prévisions de sècheresses ou d’inondations susceptibles de frapper n’importe où dans le monde.

« Il s’agit d’un problème mondial, qui concerne chacun d’entre nous », a déclaré Mme Watson-Wright. « Il nous faut assurer l’observation permanente de l’océan et soutenir la recherche pour comprendre quelles sont les vulnérabilités, et prévoir leur impact à l’échelle locale comme internationale. Cela fournira aux responsables politiques du monde entier, y compris dans les pays sans littoral, les informations dont ils ont besoin pour planifier leurs interventions. »

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