25.11.2016 - Education Sector

L'éducation sexuelle complète en Zambie

© UNESCO

À l'échelle mondiale, on estime que seulement trois adolescentes et jeunes femmes sur 10 âgées de 15 à 24 ans ont une connaissance complète et correcte du VIH.

Sans connaissances adéquates, les jeunes sont mal équipés pour prendre des décisions saines et sûres concernant leur santé sexuelle. Toutefois, si la connaissance constitue une base cruciale, elle ne suffit pas à elle seule pour changer les comportements et réduire le risque d'infection à VIH. La connaissance doit être associée à des compétences et des attitudes appropriées, qui peuvent être enseignées et développées grâce à une éducation sexuelle complète de haute qualité.

L'éducation sexuelle complète joue un rôle important non seulement dans la prévention de résultats négatifs en matière de santé sexuelle et reproductive, mais aussi en offrant une plate-forme de discussion sur les questions de genre et de droits humains et en encourageant des relations respectueuses et non violentes. Pourtant, une éducation sexuelle et sur le VIH qui tient compte du genre, basée sur des compétences psychosociales, n'apparaît dans les programmes éducatifs nationaux que dans 15 % des 78 pays examinés dans le Rapport mondial de suivi sur l'éducation, présenté récemment par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture.

Lorsque les programmes d'éducation sexuelle complète se concentrent sur les relations entre genre et pouvoir, ils sont bien plus susceptibles d'avoir des effets positifs sur la réduction des infections sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées que des programmes qui ignorent ces aspects.

Un tel programme d'éducation sexuelle complète qui tient compte du genre a été mis en place en Zambie, pays signataire de l'Engagement ministériel de 2013 sur l'éducation sexuelle complète et les services de santé sexuelle et reproductive pour les adolescents et les jeunes en Afrique orientale et australe.

En Zambie, le programme éducatif cible la puberté, la prévention du VIH, l'égalité des sexes, la santé sexuelle et reproductive, les relations et les droits de l'homme. L'objectif global est que les adolescents et les jeunes de Zambie bénéficient d'une meilleure santé sexuelle et reproductive et jouissent d'un meilleur état de santé en général.

La Zambie compte actuellement la plus importante population de jeunes de son histoire, avec 52,5 % de moins de 18 ans. Au cours des années de scolarité, les enseignants et les spécialistes de la santé sexuelle ont une opportunité idéale d'atteindre les élèves avec des informations correctes et appropriées sur l'éducation à la santé. Le début de l'adolescence se traduit non seulement par des évolutions physiques, mais aussi par une vulnérabilité aux abus en matière de droits humains, notamment dans les domaines de la sexualité, du mariage et de la procréation.

Harriet Lilanda, âgée de 13 ans, élève à l'école primaire de Twalumba à Lusaka, en Zambie, pense que le nouveau programme d'éducation sexuelle est important pour les jeunes. « Parler ouvertement de sexualité n'était pas facile, car les garçons auraient pu penser que je suis une fille facile. À la maison, les parents aussi nous surveillent de près, mais je pense que les connaissances que nous recevons en classe vont m'aider », explique-t-elle.

Les enseignants et les écoliers de Zambie ont bien accueilli l'introduction de l'éducation sexuelle complète dans les établissements scolaires et apprécient sa contribution par rapport aux attitudes des jeunes.

« J'ai réalisé qu'il était nécessaire de s'impliquer davantage dans l'enseignement de l'éducation sexuelle complète en raison de la manière dont notre société cache les informations sur la sexualité », raconte Agather Shindende, qui enseigne à l'école primaire de Kabulonga. « Je me rappelle avoir grandi en entendant que si une fille s'assied à côté d'un garçon à l'école, elle peut tomber enceinte. Je ne veux pas que la génération actuelle vive ce que nous avons vécu ».

Les écoles disposent du potentiel pour favoriser un comportement individuel sain ainsi que de meilleures normes sociales en matière d'égalité et de non-violence, mais cela ne pourra pas se concrétiser si, dans le même temps, il existe des lieux où sévissent l'inégalité entre les sexes et la violence. L'accès à un environnement éducatif sûr doit être combiné à une éducation sur l'égalité des sexes, les comportements non violents et la santé sexuelle et reproductive pour tous. 

« Parmi les choses que j'ai apprises, les questions de genre sont les plus intéressantes », indique Harriet Lilanda. « J'aime bien ce sujet car il nous apprend l'égalité. Les garçons et les filles peuvent faire les mêmes choses : mathématiques, sciences, économie domestique et dessin technique. J'ai appris que nous devons nous respecter les uns les autres et que les tâches ménagères doivent être faites par les filles comme par les garçons ».

Les pratiques, normes et valeurs en matière de genre influent sur la sexualité, la reproduction et les relations : à cause de ces inégalités, les femmes et les filles ont du mal à faire des choix en matière de sexe, et leur vulnérabilité à la violence, au mariage précoce et aux mauvais résultats en matière de santé sexuelle et reproductive est accrue.

Mme Shindende apprécie les bénéfices de l'éducation sexuelle complète et pense que les résultats se font sentir peu à peu. « L'attitude et le comportement des élèves sur les normes de genre sont en train de changer lentement en mieux, surtout chez les garçons », explique-t-elle. « Avant, les garçons ne voulaient jamais aborder des sujets comme l'économie domestique car ils estimaient que cela ne concernait que les filles, mais aujourd'hui, sur 45 élèves, 20 sont des garçons et ils choisissent volontairement l'économie domestique parmi leurs options. On peut donc voir que l'enseignement d'une éducation sexuelle complète dès le plus jeune âge permet d'ouvrir l'esprit de nos jeunes gens. Nous avons aussi de nombreuses filles qui prennent des cours d'art et d'architecture, notamment de dessin technique, qui étaient réservés aux garçons ».

Lorsque les jeunes femmes et les adolescentes ont accès à une éducation sexuelle complète adaptée à leur âge avant l'entrée dans une vie sexuelle active, elles sont davantage susceptibles de prendre des décisions éclairées sur leur sexualité et envisagent les relations avec plus de confiance en elles. Il est également avéré que l'éducation sexuelle complète augmente l'usage du préservatif chez les jeunes filles, accroît le dépistage volontaire du VIH chez les jeunes femmes et réduit le nombre de grossesses adolescentes, notamment lorsqu'elle est associée à des services de santé hors milieu scolaire adaptés aux jeunes, avec un environnement sans stigmatisation.

Cet article a été produit par l’ONUSIDA, avec les contributions de l’UNESCO, et a été publié à l’origine sur le site Web de l’ONUSIDA.

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