04.09.2002 -

La loi afghane sur la presse critiquée

La nouvelle loi sur la presse afghane, mise en oeuvre dans le courant du mois de février, a été mise sur la sellette lors d'une grande conférence qui s'est tenue à Kaboul. En effet, lors de la session de travail du premier des trois jours d'un séminaire international sur "La promotion de médias indépendants et pluralistes" (du 3 au 5 septembre), les orateurs se sont interrogés sur certains aspects de la nouvelle loi et sur la façon dont elle affectait les journalistes et leurs droits.

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M. Ronald Koven, représentant pour l'Europe du World Press Freedom Committee, a de nouveau exprimé ses critiques sur la nouvelle loi et l'a trouvée inadéquate. Il s'est même interrogé sur la nécessité d'une loi sur la presse et a souligné qu'une telle loi était par nature destinée à restreindre la liberté de la presse. M. Koven a en particulier noté que les disposition sur les "lois sur les outrages" au sein de cet appareil législatif étaient particulièrement préoccupantes. Répondant à la question de savoir si les pays en transition pouvaient réellement disposer d'un univers médiatique sans limites, M. Koven a répondu qu'il "n'existait aucun pays si sous-développé qu'il ne pût supporter la liberté d'expression".

 

Le Professeur Michael Fowler de l'Université américaine du Caire, tout à la fois journaliste et enseignant, a annoncé avoir étudié un grand nombre de dispositifs législatifs afghans et avoir relevé 37 crimes inscrits dans la loi du pays susceptibles d'entraver le travail journalistique. Les participants de la session ont par ailleurs exploré un grand nombre de questions et l'un d'eux a souligné que ce séminaire était la première occasion de s'interroger sur ces sujets et d'en discuter avec des représentants des autorités officielles. Concluant la session de travail, le Vice-Ministre M. Mubarez a reconnu que certains aspects de la loi devaient être redéfinis et que le ministre prendraient note de tous les commentaires et en ferait usage par la suite.

 

Ce séminaire, qui a vu le jour grâce aux contributions financières de l'UNESCO, de la BBC du Centre Baltique des Médias et d'Internews, s'attachera la prochaine fois aux médias financés publiquement, la Radio-télévision afghane ou encore l'Agence d'information Bakhtar. Le Ministre de l'Information et de la Culture a déja souoligné qu'il était très désireux de leur accorder une indépendance tout à la fois éditoriale et financière.




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