19.05.2013 -

Avec les filles afghanes : « le stylo est notre épée »

© UNESCO/Cynthia Guttman -UNESCO Director-General, Irina Bokova, visits a high school chemistry class, Kabul, 18 May.

© UNESCO/Cynthia Guttman -UNESCO Director-General, Irina Bokova, asks one young student to read for her at Ayesha-e-Durrani school in Kabul, 18 May.

Elles veulent être enseignantes, médecins ou scientifiques, un rêve qui n’aurait pas été possible il y a à peine dix ans.

Le 18 mai, une foule de jeunes filles ont accueilli en chantant et en frappant des mains Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, et M. Farouk Wardak, Ministre afghan de l’éducation, à l’école Ayesha-e-Durrani à Kaboul.

Cette école, qui porte le nom de la première femme à avoir ouvert une école pour filles en Afghanistan, a été gravement endommagée pendant la guerre. La reconstruction a démarré en 2002 et duré deux ans. Aujourd’hui, elle accueille 1 600 filles de la première année à la fin des études secondaires.

Ce moment à été l’occasion de saluer les réalisations de ce pays qui a accompli des pas de géant depuis 2001, époque à laquelle aucune fille n’était scolarisée.

« Nous avons commencé plus bas que terre. La guerre et les conflits nous ont fait perdre deux à trois générations, a déclaré M. Wardaq. « Aujourd’hui, 10,5 millions d’enfants afghans, dont 40 % de filles, vont à l’école. Notre stratégie est fondée sur l’autonomisation de la communauté, l’appropriation et des circuits d’apprentissage multiples ».

La Directrice générale et le Ministre se sont rendus ensemble dans des classes de biologie, de chimie et de physique, où les élèves ont montré des expériences avec des microscopes, des tubes à essai et des générateurs. Ils se sont arrêtés dans des classes de géographie, d’informatique et de travaux manuels pour observer les filles au travail sur des machines à coudre.

Les filles savent qu’elles appartiennent à une nouvelle génération. Une jeune élève a fait part de son sentiment sur l’ère pré- et post-Taliban en récitant un poème, rappelant que sous leur régime, « nous, les filles, n’avions pas la liberté de marcher dans la rue à l’air libre, de regarder le ciel ».

« Ici, dans cette école, je vois le fruit de notre travail. Vous avez une des populations les plus jeunes du monde. C’est vous, filles et garçons, qui prendrez l’avenir de votre pays en main », a déclaré Mme Bokova. « Je suis venue ici porteuse d’un fort message de soutien. Vous êtes un pays de traditions anciennes et de jeunes talents. Vous avez le droit de faire des choix et de prendre votre vie en main ».

Il reste beaucoup de chemin à parcourir. Trois millions d’enfants, dont 70 % de filles, ne sont toujours pas scolarisés. Un des professeurs principaux de l’école a expliqué que le personnel se réunissait deux fois par mois pour discuter des problèmes que rencontrent les filles. « Nous nous employons à convaincre les parents d’envoyer leurs filles à l’école. Nous avons récemment organisé des sessions de formation courte pour des enseignants volontaires et créé des cours d’alphabétisation ».

Le cas de Malala Yousafzai, la jeune fille pakistanaise victime d’une tentative d’assassinat par les Taliban l’année dernière, a été cité en plusieurs occasions. « Nous sommes chaque jour confrontés à des cas comme celui de Malala dans notre pays. Il existe une tendance inquiétante à l’empoisonnement des filles, avec près de 4 000 cas recensés. À Kandahar, on rapporte que des filles ont reçu des jets d’acide au visage », a dit le Ministre. Il a expliqué que l'éducation des filles était interrompue par des mariages précoces ou parce que les écoles n’étaient pas considérées comme sûres. « Elles ne disposent pas d’un mur d’enceinte, de l’eau potable, de l’électricité et de latrines séparées. Elles manquent d’enseignants qualifiés et de manuels. Nous avons besoin de votre aide. Nous vous demandons de porter notre message au monde ».

« Je sais que l’Afghanistan compte un grand nombre de jeunes filles courageuses qui doivent surmonter des obstacles pour aller à l’école. Nous devons les soutenir et leur témoigner notre respect. C’est leur droit. Je veux rendre hommage à toutes ces jeunes filles », a déclaré Mme Bokova. « J’ai lu un slogan sur le mur de votre école qui disait « le stylo est notre épée ». Tel devrait être l’avenir. Des stylos au lieu des armes. Les filles peuvent être à l’avant-garde de ce combat. Continuez d’étudier et d’apprendre. Cela ne va à l’encontre d’aucune croyance religieuse. C’est la meilleure chose que vous puissiez faire pour votre famille, votre communauté et votre pays ».




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