16.10.2017 - Natural Sciences Sector

Le Canada réhabilite la science au gouvernement

© Howard Sandler / Shutterstock.com

Le Canada a célébré son 150ème anniversaire le 1er juillet 2017. Depuis les élections fédérales de 2015, qui ont ouvert les portes du gouvernement aux libéraux, après dix années de gouvernance conservatrice, la science et la technologie ont occupé une place centrale dans la stratégie de revalorisation du pays. Paul Dufour, Professeur Adjoint à l’Institut pour la science, la société et la politique de l’Université d’Ottawa, et auteur du chapitre sur le Canada dans le Rapport de l’UNESCO sur la science, analyse les évolutions politiques en matière de science au Canada, intervenues depuis la publication du rapport il y a 19 mois.

Depuis son accession au pouvoir, le gouvernement Trudeau a choisi de rendre leur valeur et le respect qui leur est dû à la science et aux scientifiques. Cela s’est traduit par l’introduction d’un nouvel indicateur, qui permet désormais de juger les ministres sur la façon dont ils utilisent des éléments factuels pour appuyer le processus de décision.

Une analyse de la recherche fondamentale au Canada

On notera également que la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, a sollicité pour la première fois depuis des années l’élaboration d’un rapport sur les dispositifs canadiens de soutien à la recherche fondamentale. Un panel d’experts de haut niveau a été constitué à cet effet, sous la direction de David Naylor, l’ancien président de l’Université de Toronto.

Le rapport Naylor, publié en avril 2017, plaide pour la réforme de « l’écosystème de la recherche » canadienne, et notamment pour la création d’un Conseil consultatif national sur la recherche et l'innovation, qui travaillerait main dans la main avec le nouveau conseiller scientifique en chef. Le rapport recommande, par exemple, que le conseiller scientifique en chef réunisse un comité spécial sur les grandes installations de recherche, en vue de conseiller le Conseil consultatif national, et le gouvernement fédéral (il s’agit de s’appuyer sur les travaux menés en 2006 par l’ancien conseiller scientifique national).

Dans la lettre énonçant son mandat qui lui a été adressée par le premier ministre, il est demandé à la ministre des Sciences de nommer le tout premier scientifique en chef depuis la suppression du conseiller scientifique national en 2008. Après une année de consultations, une nomination de la Dr. Mona Nemer, en tant que nouvelle conseillère en chef, a été annoncé par le Premier Ministre du Canada le 26 septembre 2017.

Le rapport Naylor propose également la création d’un Conseil de coordination composé de quatre agences scientifiques, qui, sous la présidence du conseiller scientifique en chef, rendrait des comptes aux ministres des Sciences et de la Santé. Ces quatre agences seraient le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences humaines, et la Fondation canadienne pour l'innovation. Le rapport propose trois priorités à soumettre à l’agenda du nouveau Conseil : une analyse des bonnes pratiques de soutien aux chercheurs en début de carrière, une modification des conditions du programme des Réseaux des centres d’excellence dans le but de promouvoir la puissance collaborative et inter-centres de la recherche fondamentale, et le développement de stratégies de renforcement des partenariats internationaux et de la recherche pluridisciplinaire.

En termes de priorités de financement, le rapport Naylor plaide pour la création d’un plan stratégique entre les trois conseils, afin d’apporter un soutien sur la durée aux chercheurs locaux, et d’augmenter rapidement l’investissement dans la recherche menée par des enquêteurs indépendants afin de rétablir l’équilibre. Il recommande également un financement progressif du Fonds de soutien de la recherche (coûts indirects), jusqu’à ce que le taux de remboursement atteigne les 40% pour toutes les institutions bénéficiant d’un financement éligible de 7 millions de dollars canadiens.

Sous le gouvernement précédent, la science était la cible de nombreuses coupes budgétaires. Après une faible hausse entre 2003 et 2009, « les dépenses publiques de R&D internes ont souffert de la détermination du gouvernement à retrouver l’équilibre budgétaire par l’intermédiaire de son Plan d’action économique (2010) », comme le rappelle le Rapport de l’UNESCO sur la science (2015). D’après les premiers chiffres, cela aurait eu pour conséquence de faire diminuer les dépenses publiques de R&D de 6.467 à 5.920 millions de dollars canadiens entre 2010 et 2013.

Les dépenses de R&D des entreprises ne pouvant pas compenser cette baisse, l’effort de recherche canadien s’est alors affaibli : d’après Statistique Canada, il est passé de 2% du PIB en 2004 à 1,62% en 2014, avant de remonter brièvement à 1,74% en 2015. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la moyenne de 2,42% des Etats membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) en 2013.

En 2014, un rapport de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada a mis en lumière « l’inquiétude des scientifiques vis-à-vis des nouvelles priorités budgétaires, qui visent à encourager la science orientée vers des retombées commerciales, au détriment de la recherche fondamentale et d’intérêt général ». Il évoque une « baisse attendue des dépenses internes de sciences et de technologie, axées surtout sur la protection de la santé publique, la sécurité publique et l’environnement, de 162 millions de dollars canadiens en 2013-2014, » tandis que « les dépenses externes liées à des entreprises commerciales allaient être augmentées de 68 millions de dollars canadiens ».

Premières réactions au rapport Naylor

Le 3 juillet 2017, la ministre des Sciences a accordé une interview au Hill Times, dans laquelle elle livre son opinion sur le rapport Naylor, notamment sur la proposition visant à mettre en œuvre une coordination officielle des organes de subventionnement. « Les organes de subventionnement travaillent déjà main dans la main, mais nous souhaitons officialiser ces échanges, » a-t-elle affirmé. « Je veux m’assurer que nous bénéficiions d'un système de financement coordonné, harmonisé, et viable sur le long terme, capable de surmonter les changements de gouvernements, et je mettrai tout en œuvre dans ce but. » Une lettre de mandat doit être publiée prochainement afin de préciser ses attentes par rapport à cet organe de coordination

Quant aux recommandations du rapport relatives aux augmentations des financements, la ministre des Sciences a affirmé qu'une décision sur l’octroi d’une somme supplémentaire de 1,3 milliard de dollars au bénéfice du budget annuel de la recherche ne serait pas prise avant le vote du budget de l’année prochaine. « Cela fait 10 ans que l’on coupe les budgets de la science, 10 ans que l’on prive les scientifiques. On ne va pas résoudre le problème en un jour : il va falloir du temps pour rattraper notre retard. Cela ne peut certainement pas se faire en un seul exercice budgétaire. »

Effectivement, un rapport présenté cette année par Global Young Academy, sur base des avis des chercheurs canadiens sur les orientations de la recherche fondamentale allègue que « le gouvernement fédéral devrait, au minimum, investir 459 millions de dollars canadiens dans des programmes de la recherche fondamentale au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, au Conseil de recherches en sciences humaines, et aux Instituts de recherche en santé du Canada. » Il signale ensuite que « le fait que le rapport n’a pas pour but de définir le niveau « approprié » de soutien qui devrait être proposé aux meilleurs chercheurs canadiens ; néanmoins, le déploiement d’efforts en vue de reconstituer le dispositif de soutien de la recherche, bien érodé entre 2005 et 2015, constituerait un excellent point de départ.

Dans l’attente d’une réaction plus précise de la part du gouvernement sur le rapport Naylor, le débat qui secoue le Canada sur le sujet de l’équilibre optimal entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée n’est pas près de s’adoucir.

Le déclin attendu des investissements publics dans la recherche

A l’occasion d'un discours prononcé devant l’Institut Perimeter le 15 avril 2016, le premier ministre a affirmé que « le gouvernement canadien avait conscience du rôle moteur que peut jouer la science dans le développement de l’économie. Le budget 2016 a relancé le financement public de la science, et a considérablement investi dans les laboratoires publics et universitaires afin de permettre au Canada de conserver sa place de leader mondial de l'innovation."

En dépit de la rhétorique positive du gouvernement, il faut néanmoins s’attendre à un déclin des dépenses publiques de R&D au cours des prochaines années. D’après une enquête de Statistique Canada, les dépenses totales affectées à la R&D et aux activités scientifiques annexes par les ministères et les organes publics sont appelées à diminuer de 1,2%, pour redescendre à 11,3 milliards de dollars canadiens sur la période 2017/2018, après deux années de hausse consécutives. Cette diminution s’explique par une baisse de 6,7% des dépenses liées aux activités scientifiques, alors que les dépenses de recherche, qui représentent 64% du total, sont en augmentation de 2,1%, pour atteindre 7,3 milliards de dollars canadiens. Les données pour 2017 et les années à venir dresseront, avec un peu de chance, un meilleur bilan.

Une économie basée sur une technologie propre et des emplois écologiques

Sous le gouvernement précédent, un certain nombre de programmes de recherche environnementale avaient été supprimés, comme la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, qui était pourtant un panel d’experts de premier plan au cours des 25 dernières années en matière de développement durable. La Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère, et le programme sur les contaminants présents dans l’océan et la toxicologie marine avaient eux aussi été victimes de coupes budgétaires.

Un certain nombre de projets d’infrastructures en cours avaient néanmoins été épargnés par le gouvernement Harper. Parmi eux, la construction d’un pôle de recherche dans la région arctique canadienne. Cet ouvrage ultra-moderne ouvrira cet automne, à Nunavut, dans la baie de Cambridge. Le gouvernement Trudeau œuvre actuellement à l’élaboration d’un nouveau programme pour le centre, qui devra notamment collaborer avec les populations locales qui vivent dans cette région hostile. La Station de recherche de l'Extrême-Arctique ne sera pas seulement un vecteur d’échange de connaissances et de coopération « du nord, par le nord et pour le nord », mais collaborera également avec la communauté internationale. Des chercheurs du monde entier font déjà part de leur grand intérêt à collaborer avec le Canada, à prendre part au partage de connaissance local sur l’Arctique.

Un mois à peine après sa prise de fonction en novembre 2015, le premier ministre Justin Trudeau a pris l’engagement à Paris, lors de la 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), de développer une économie durable basée sur une technologie propre et des emplois écologiques. Quatre mois plus tard, son premier budget a tenu ses promesses, en allouant l’équivalent de 40,5 milliards d’euros sur les dix prochaines années, au développement de technologies vertes, et d’une économie à faible émission de carbone. En octobre 2016, le Canada a ratifié les Accords de Paris relatifs au changement climatique.

Ancienne professeure agrégée en études de la santé de l’Université de Toronto, la ministre des Sciences, Kirsty Duncan est souvent décrite comme une « passionnée » du développement durable des collectivités et de la lutte contre les changements climatiques.

Des compétences en adéquation avec le monde du travail d’aujourd'hui

Le Rapport de l’UNESCO sur la science se préoccupait en 2015 de « l’absence de programme national ambitieux en matière d’éducation scientifique et de recrutement de talents » au Canada. Le gouvernement Trudeau a adopté un Plan Innovation et Compétences pour faire écho à la manière dont l’innovation est en train de changer le mode de travail des Canadiens. Ce plan a pour objectif d’augmenter le nombre de Canadiens bénéficiant d’un apprentissage intégré au travail, d’encourager les investissements des entreprises dans la formation, de promouvoir les échanges avec les talents étrangers, et d’offrir au plus grand nombre de Canadiens les compétences qui leur font défaut en science, en technologie, en ingénierie et en mathématiques.

Sur les deux prochaines années, un plan de 50 millions de dollars canadiens, « CanCode », va permettre à 500.000 élèves, de la garderie au lycée, d’acquérir les rudiments du code et des compétences numériques afin de préparer en amont leur arrivée sur le marché du travail. Le plan cible surtout les jeunes femmes, les Canadiens autochtones, et les jeunes issus de minorités sous-représentées, désireux d’entreprendre une carrière dans ce domaine. En parallèle, le programme permet à 500 professeurs à travers le pays de se doter de l’équipement nécessaire pour enseigner le code et les compétences numériques.

Le Rapport de l’UNESCO sur la science soulignait encore une autre inquiétude : celle de l’engagement très faible du secteur privé pour l’innovation. Le Plan Innovation et Compétences a pour objectif de simplifier les nombreux programmes existants, afin de les recentrer davantage sur leurs « clients », les innovateurs canadiens. C’est un problème désormais ancien, qui a déjà été soumis aux précédents gouvernements ; il sera donc très intéressant d’observer si cette fois, il pourra lui être apporté une solution.

Le Plan Innovation et Compétences prévoit de stimuler l’investissement dans les entreprises innovantes, et d’aider à combler les lacunes en termes de commercialisation dans six domaines clés : la fabrication de pointe, l’agroalimentaire, la technologie propre, les industries numériques, les sciences de la santé et les biosciences, et les sources d’énergies propres.

Il a pour but de soutenir la recherche de haut niveau dans l’enseignement supérieur, dans des domaines tels que l’informatique quantique, les cellules souches et l’intelligence artificielle. Ce dernier domaine s’est par ailleurs vu octroyer 125 millions de dollars canadiens à l’occasion du dernier budget, en vue de développer un réseau dans tout le Canada.

Enfin, le plan prévoit de multiplier les collaborations entre l'industrie, l’enseignement supérieur et les centres de recherches, d’aider les innovateurs canadiens à trouver leur premier client, et à faire valider leurs technologies par le gouvernement.

Soutien aux « superclusters »

Enfin, le Plan Innovation et Compétences s’engage à soutenir un petit nombre de « superclusters », menés par des entreprises novatrices, qui se concentreraient sur les industries innovantes. Un fonds compétitif vient tout juste d’être lancé : il représente l'unique apport de financement de cette ampleur au bénéfice de la science et la technologie de la part du gouvernement libéral depuis son accession au pouvoir en 2015. Afin de postuler à ce fonds de 950 millions de dollars canadiens, les candidats devront être issus de consortiums non-lucratifs ou d’entreprises recevant des fonds publics à hauteur de leurs contributions en espèce ou en nature, condition qui a suscité beaucoup d'inquiétude au regard du nombre très réduit d’entreprises (nationale ou internationale), qui seraient susceptible de vouloir ou de pouvoir, engager les 100-200 millions de dollars canadiens exigés.

Il est attendu de ces consortiums industriels qu’ils augmentent leurs investissements dans la R&D et qu'ils développent des plans stratégiques permettant de créer de nouvelles entreprises, de commercialiser de nouveaux produits, de nouveaux processus et services, qui les rapprocheraient de la chaîne d’approvisionnement mondial, leur permettraient de produire des marchandises et des services à forte valeur ajoutée, et d’en faire des leaders du marché mondial.

Message au monde entier : nous recrutons !

La ministre des Sciences a invité « les scientifiques et les chercheurs du monde entier », peu importe leur discipline ou le stade de leur carrière, à postuler à un nouveau programme, qui leur permettra « d’établir leurs travaux d’avant-garde au Canada. » Ce programme, le programme des chaires de recherche Canada 150 cherche à attirer 15 à 35 chercheurs du monde entier,  au Canada, et notamment les chercheurs canadiens expatriés qui souhaiteraient revenir au pays. Au cours de leur contrat, d’une durée de sept ans, les candidats retenus se verront attribuer une bourse pouvant aller de 350.000 à 1 million de dollars canadiens par an. Ce recrutement a été organisé de manière à coïncider avec le 150ème anniversaire du Canada.

Le Rapport de l’UNESCO sur la science fait référence à l’enquête réalisée en 2014 par l’Association des Universités et Collèges du Canada, qui avait conclu que les universités étaient fortement engagées dans un processus d'internationalisation. Pour 95% d’entre elles, l’internationalisation est une part intégrante de leur planification stratégique, et elle fait partie des cinq grandes priorités pour 82 % d’entre elles ; 89 % d’entre elles estiment que l’internationalisation sur leur campus s’est intensifiée (fortement ou moyennement) au cours des trois dernières années.

Selon les universités, « le recrutement d’étudiants en premier cycle est en tête des priorités en matière d’internationalisation des établissements : 45% d’entre eux l’ont défini comme leur priorité principale et 70% l’ont classé parmi les cinq plus importantes. Suivent la création de partenariats stratégiques avec des établissements étrangers et le développement de la collaboration internationale en matière de recherche universitaire. »

Une attention particulière accordée à l’égalité entre les sexes

Le gouvernement Trudeau porte une grande attention à l’égalité des sexes. Kirsty Duncan est la seconde ministre des Sciences de toute l’histoire du Canada, la première ayant été nommée en 1973 par le père du premier ministre actuel, Pierre Elliott Trudeau.

Mais le gouvernement Trudeau ne s’est pas contenté de former un gouvernement respectant la parité homme-femme, il a également lancé le tout premier plan de développement féministe, en vue de promouvoir l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes. Le Canada a prévu de dédier 15% de son soutien bilatéral international de développement à des projets ayant pour cible principale l’égalité entre les sexes et l’émancipation des femmes. Sur les cinq prochaines années, quelques 150 millions de dollars canadiens seront spécialement affectés à des organisations locales défendant les droits des femmes, l’accès de ces dernières à des postes dirigeants et l’égalité entre les sexes.

A toutes ces mesures est venue s’ajouter en mars 2017 l’annonce selon laquelle le Canada allait engager 650 millions de dollars canadiens sur trois ans, afin de développer la stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant. Il s’agirait alors de financer l’ensemble des services de santé reproductive, et de défendre le droit des femmes à accéder à ces services : éducation sexuelle, planning familial, contraception, avortement légal et sans risque, et soins post-avortement.

Les mesures volontaires ne fonctionnent pas

Les actions du gouvernement en vue de favoriser l’égalité entre les sexes a pour objectif de combler des lacunes de longue date dans le domaine de la promotion des sciences auprès des femmes et des jeunes filles. Effectivement, la ministre des Sciences a reconnu que davantage d’efforts devaient être accomplis pour combler les lacunes de certains programmes de recherche fédéraux, notamment celui des chaires de recherche.

Lors d’un discours, donné devant le puissant groupe de lobby des universités canadiennes le 26 avril 2017, elle a souligné que « le rapport scientifique [Naylor] soutenait qu'il restait encore beaucoup de travail dans ce domaine. Dans le milieu académique, nous avons tous dû remonter nos manches. Au bout du compte, nous avons moins bien avancé que prévu sur le point de la diversité et de l’égalité. Le panel m’a demandé de réfléchir à des mesures plus coercitives, si jamais les mesures volontaires ne permettaient pas d’obtenir des résultats. Je réalise que les données qui me sont parvenues en venant ici, aujourd’hui, vont malheureusement en ce sens : les mesures volontaires ne fonctionnent pas. »

Relevant qu’il y avait eu deux fois plus d'hommes nommés que de femmes lors des dernières nominations des Chaires d’Excellence en Recherche du Canada à l’automne 2016, la ministre a annoncé la mise en place de "nouveaux critères de parité lors des nominations de ce programme ». Elle s’est engagée à « envisager toutes les mesures similaires permettant d’encourager davantage la diversité et l’égalité dans la recherche. Si le Canada souhaite atteindre son plus grand potentiel de recherche, il faut que tout le monde sache qu’il est le bienvenu dans un laboratoire, sur le terrain et dans les salles de classe. »

Les organes de subventionnement canadiens, tout comme d’autres concernés par cet objectif, ont tous déjà répliqué en annonçant les efforts déjà mis en œuvre pour combler les inégalités de genre.

Source: Paul Dufour, sur base d’extraits du chapitre sur le Canada tirés du Rapport de l’UNESCO sur la science : vers 2030 (2015)




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