24.09.2013 - UNESCO Office in Dakar

Les communautés, clé pour l’élaboration d’inventaires du patrimoine culturel immatériel en Afrique

Vous devez établir un lien de confiance avec les communautés. Ici une tisseuse dans la cour royale du roi Toffa ©UNESCO/David Stehl

La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel bénéficie d’une attention croissante dans les pays africains. Toutefois, la riche diversité du patrimoine vivant reste à identifier et inventorié, une tâche qui ne peut être réalisée qu’avec la participation totale des communautés.

"L’inventaire du patrimoine culturel immatériel au Burundi a donné lieu à une mobilisation des acteurs et des communautés autour de leur patrimoine. Il a permis de renforcer les liens et l’échange entre les différentes communautés " explique Domitien Nizigiyimana du Burundi, membre du réseau de formateurs sur le patrimoine culturel immatériel en Afrique.

L’élaboration d’inventaires soutenue par les communautés est ainsi au coeur de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Nécessité de formation

“Notre défi est que la réalisation de tels inventaires nécessite des compétences spécifiques qui ne sont pas toujours suffisantes dans les pays ayant ratifié la Convention y compris en Afrique, une région prioritaire pour l’UNESCO ” indique David Stehl, Spécialiste de programme Culture au Bureau régional de Dakar.

Il est dès lors urgent que les membres du réseau UNESCO de formateurs en matière de patrimoine culturel immatériel en Afrique disposent des outils pédagogiques et méthodologiques nécessaires pour faciliter la formation dans cette région. Le réseau a été mis en place depuis 2011 pour appuyer la mise en œuvre de la Convention.

Les pays francophones d’Afrique, membres du réseau, ont été invités à participer du 16 au 23 septembre 2013 à Porto Novo (Bénin), à un atelier organisé par l’UNESCO et l’Ecole de formation sur le Patrimoine Culturel (EPC).

L’objectif de cet atelier de formation de formateurs était de mettre à jour leurs compétences en matière d’élaboration d’inventaires portés par les communautés et les familiariser avec les modules de formation développés par l’UNESCO à cet effet.

Cour royale du roi Toffa

“Nous espérons qu’à l’issue de l’atelier, chaque participant sera capable de faciliter une formation sur l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en Afrique ” souligne David Stehl.

Les 25 participants provenaient de 13 pays francophones d’Afrique membres du réseau UNESCO de facilitateurs dont des personnels techniques. Ont également pris part à la formation, des professionnels du Centre International pour la Recherche et la Documentation sur les Traditions et Langues Africaines (CIRDTLA).

En plus des aspects théoriques du module de formation, les participants ont été reçus par Sa Majesté le Roi Toffa IX, du Royaume Hogbonou à Porto-Novo avec sa communauté pour un exercice pratique sur le terrain.

" Lorsque vous avez établi un lien de confiance avec les communautés au cours d’un inventaire sur le patrimoine immatériel, elles vous ouvrent leurs portes " explique Victoire Adegbidi, Coordonnatrice des Paysages et Patrimoine à l’EPC. M. Gbédissin Ahoyo, tisserand de nattes traditionnelles à la cour du Roi Toffa IX a présenté, à cette occasion, les techniques de tissage.

L’atelier était co-facilité par deux experts Claudine Augée Angoué (Gabon) et Sidi Traoré (Burkina Faso) en collaboration avec le Directeur de l’EPC, Baba Keita (Mali) et l’Unité Culture du Bureau de l’UNESCO à Dakar. Il était financé par le fonds du patrimoine culturel immatériel.




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