13.12.2013 - Culture Sector

Le pari de l'économie créative

Lorsque le célèbre pianiste et compositeur de jazz, Danilo Pérez conçoit des programmes de musique pour sensibiliser les enfants vivant dans l'extrême pauvreté dans son Panama natal, beaucoup de choses intéressantes en ressortent au-delà du pur apprentissage musical.

“La musique est un outil de développement social”, a déclaré Pérez lors du lancement de l’édition spéciale du Rapport sur l’économie créative 2013 des Nations Unies, «Elargir les voies du développement durable ». L’édition spéciale du Rapport se concentre sur l’économie créative à échelle locale dans les pays en développement. Il est co-publié par l’UNESCO et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) via le bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.

L’artiste de l’UNESCO pour la paix, Danilo Pérez, dit qu’une improvisation musicale efficace implique l’apprentissage, l’écoute, le partage de valeurs comme la responsabilité, le développement individuel en tant que soliste et le développement communautaire lorsque l’on fait partie d’un groupe. Les enfants qui apprennent la musique, renforcent de la même façon leurs futures opportunités d’études. « J’ai pu voir comment la musique a changé la vie des gens », ajoute-t-il.

Le Rapport « envoie un message clair : l’économie créative est un moteur économique puissant, générant des emplois et des revenus, et il est, en même temps, source de cohésion sociale, d’identité et de dignité », dit Francesco Bandarin, Sous-Directeur Général pour la Culture. « Grâce à cette double nature, l’économie créative englobe les dimensions sociales, économiques et environnementales du développement, ce qui lui permet d’être réellement durable ».

Le commerce mondial de biens et de services créatifs est l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie globale, il a plus que doublé entre 2002 et 2011. Parallèlement, les pays en développement connaissent une croissance annuelle moyenne de 12,1% pour l’exportation de biens créatifs.

Francesco Bandarin note que de plus en plus de pays investissent dans la culture comme une force motrice pour le développement durable, il a cité la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Indonésie, où le secteur culturel représente 10% du PIB.

« Comme le souligne clairement le Rapport [ ... ], ce secteur économique offre un potentiel exceptionnel aux pays en développement, et jouera probablement un rôle de plus en plus important dans notre quête de développement durable post-2015 », a déclaré Paulette Bethel, au nom du Président de l'Assemblée générale John W. Ashe, «Investir dans l'économie créative permet de récolter de grandes récompenses pour nos sociétés – en débouchant notamment sur l'innovation, l'entrepreneuriat, l'expression artistique, mais aussi en améliorant la qualité de vie. Bien que les vrais apports des industries créatives aux individus et aux sociétés ne puissent pas toujours être mesurés, ils sont l'une des principales forces motrices du développement, ils permettent une transformation en profondeur à l’échelle mondiale, nationale et locale.

« Le Rapport sur l’économie créative 2013 souligne que les investissements en capital culturel ont tendance à augmenter les bénéfices socio-économiques. Le secteur culturel est aussi particulièrement dynamique et croît rapidement ; lors de la dernière décennie, le commerce mondial des biens et services culturels a plus que doublé.

« Les industries culturelles et créatives offrent un potentiel énorme pour améliorer nos foyers, nos sociétés, notre environnement et notre compréhension de ceux qui sont différents de nous. Nous nous engageons à créer un agenda de développement post-2015 inclusif et universel, précisément parce que nous pensons que la prospérité devrait bénéficier à tous. La culture n’est pas uniquement une voie vers plus de prospérité ; mais c’est une forme de prospérité elle-même », a déclaré Mme Bethel. 

« En observant combien de pays et de communautés exploitent l’économie créative pour le développement, le Rapport identifie les opportunités pour la culture et les secteurs qui lui sont associés d’être à la fois moteur et facilitateur d’un développement inclusif et durable, y compris à l’échelle locale, » a déclaré Helen Clark, Administratrice du programme des Nations Unies pour le développement. Elle a ajouté que les secteurs créatifs sont moteurs d’une croissance inclusive, « Le rapport montre comment la culture et les secteurs créatifs sont vecteurs d’innovation et d’entreprenariat, stimulant ainsi la croissance économique, créant de l’emploi et augmentant les revenus. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2011, le commerce de biens et de services créatifs ont atteint 624 milliards de dollars US ; plus du double du résultat de la décennie précédente. »




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