01.03.2013 - ODG

La Directrice générale plaide en faveur du droit à l’éducation devant le Conseil des droits de l'homme

© UNESCO/Cynthia Guttman -UNESCO Director-General, Irina Bokova, takes part in High Level Panel on Human Rights Mainstreaming organized by the Human Rights Council, March 2013.

Le 1er mars 2013, lors d’une réunion de haut niveau au Palais des Nations à Genève, la Directrice générale de l’UNESCO, déclarant que « les droits de l’homme et la dignité humaine doivent rester les principes moraux guidant l’élaboration de l’agenda du développement post-2015 », a appelé les membres du Conseil des droits de l'homme à reconnaître le rôle central de l’éducation dans la construction de sociétés inclusives, libérées du besoin et de la peur.

La réunion, qui avait pour thème central l’inscription des droits de l’homme dans l’agenda post-2015, a mis un accent particulier sur la garantie du droit à l’éducation. Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, « a appelé toutes les parties concernées à veiller à ce que les normes et principes internationaux des droits de l’homme contribuent à guider nos buts et nos objectifs pour l’après-2015. Le droit à l’éducation occupe une place essentielle à cet égard. Il arrive trop souvent que les gens qui ont le plus besoin de leurs droits soient aussi ceux qui les connaissent le moins… L’éducation, la santé, le logement et une justice équitable ne sont pas des privilèges réservés à quelques-uns, mais des droits pour tous ».

« L’agenda post-2015  doit commencer avec l’équité, pour garantir que chacun pourra exercer son droit à l’éducation. L’attention accordée aux filles et aux femmes est décisive », a déclaré la Directrice générale, Irina Bokova, qui a également évoqué la détresse des quelque 28 millions d’enfants privés d’éducation dans des pays en situation de conflit. « Nous devons nous concentrer sur la qualité de l’éducation, de sorte que les jeunes acquièrent les compétences nécessaires à leur entrée sur le marché du travail et profitent des avantages du développement. Nous devons également promouvoir une citoyenneté mondiale et forger une culture des droits de l’homme par le biais de l’éducation ».

 Dans le même temps, « nous devons tout mettre en œuvre pour atteindre nos objectifs d’ici à 2015 », a-t-elle ajouté en saluant la première initiative mondiale du Secrétaire général qui fait de l’éducation une priorité de l’agenda politique, ainsi que l’initiative Éduquer un enfant de Son Altesse la Cheikha Mozah bin Nasser, dont l’UNESCO est un partenaire stratégique, pour ses projets visant à atteindre les enfants non scolarisés.

 « Renforcer la dimension des droits de l’homme dans les objectifs de développement est la meilleure façon de garantir que ces droits seront appliqués », a déclaré la Cheikha Mozah, Présidente de la Fondation du Qatar et Envoyée spéciale de l’UNESCO pour l'éducation de base et l’enseignement supérieur. Elle a appelé à « une approche plus ambitieuse de l’éducation dans les futurs objectifs de développement durable, qui engloberait des cibles spécifiques en matière d’éducation en situation de conflit, de qualité de l’apprentissage et d’éducation tout au long de la vie ».

Mme Amina Mohamed, conseillère spéciale auprès du Secrétaire général de l’ONU pour la planification du développement après 2015, a fait observer que pour parvenir à l’équité et la durabilité il fallait une intégration plus efficiente des droits de l’homme que dans les OMD. Le droit à l’éducation est un fondement du développement inclusif, a-t-elle précisé.  « Un emploi décent requiert une éducation décente et une tolérance zéro pour le travail des enfants, les mariages précoces d’enfants et la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH », a-t-elle ajouté en soulignant l’importance d’une éducation sexuelle complète.

Pour la Haute-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Mme Navi Pillay, « l’éducation est également essentielle à l’exercice du droit au développement, en permettant à tous, sans discrimination d’aucune sorte, de prendre une part active au processus. En somme, sans le respect des droits de l’homme, le développement n’est pas équitable et s’il n’est pas équitable il ne pourra jamais être durable ». 

Le Ministre portugais des affaires étrangères, M. Paulo Sacadura Cabral Portas, a appelé à faire de l’éducation l’une des priorités de l’agenda post-2015 : « Nous devons nous montrer plus ambitieux et ne pas oublier qu’en ce qui concerne le droit à l’éducation il existe des obligations internationales relevant des droits de l’homme qui ne doivent être ni négligées ni enfreintes ».  

La Directrice générale de l’OMS, Mme Margaret Chan, a souligné que « l’éducation et la santé vont de pair dans l’action pour sortir les gens de la pauvreté » et elle a appelé avec force à mettre davantage l’accent sur les filles et les femmes. Le Directeur général du BIT,  Guy Ryder, a déclaré que l’éducation devait être un processus s’étendant sur toute une vie et intimement lié au marché du travail, l’UNICEF a mis l’accent sur une stratégie d’équité accordant plus d’attention aux laissés-pour-compte et renouvelant l’intérêt porté aux filles, tandis que le PNUD a rappelé les avantages des approches fondées sur les droits de l’homme pour lutter contre les inégalités croissantes.

Le Conseil des droits de l'homme est présidé par M. Remigiusz Achilles Henczel, Représentant permanent de la Pologne auprès de l'Office des Nations Unies à Genève.




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