05.07.2011 - ODG

La Directrice générale appelle à passer un nouveau pacte de solidarité mondial à l’ECOSOC

© UN PHOTO/Jean-Marc Ferré - La Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, s’adressant à des élèves lors d’une manifestation publique Place de Nations Unies à Genève (Suisse), à l’occasion du débat de haut niveau de l’ECOSOC, le 4 juillet 2011.

À l’occasion de l’ouverture du débat de haut niveau du Conseil économique et social à l’ONU, à Genève, le 4 juillet 2011, la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a préconisé la volonté politique, l’innovation et les partenariats pour réduire les écarts qui empêchent de progresser sur la voie de l’Éducation pour tous.

« À moins de quatre ans de 2015, nous ne pouvons pas accepter que la situation reste inchangée », a déclaré Mme Irina Bokova. « Je suis sûre que nous pouvons passer un nouveau pacte de solidarité mondial et commencer à fixer, dès aujourd’hui, les priorités de l’après 2015. »

La Directrice générale a souligné qu’il était urgent de réduire les écarts en matière d’équité, de qualité et de financement. « Si nous ne parvenons pas à atteindre les marginalisés et à protéger les plus vulnérables, nous compromettons notre réussite », a affirmé la Directrice générale, qui a attiré particulièrement l’attention sur les filles et les femmes ainsi que sur la protection de l’éducation dans les situations de conflit. Selon elle, « les gouvernements doivent agir et investir dans l’éducation pour sortir de la crise, et la communauté internationale doit agir pour tenir les engagements qu’elle a pris. »

M. Gordon Brown, ancien Premier Ministre britannique, a aussi prononcé l’un des principaux discours de la séance d’ouverture, se livrant à un vibrant plaidoyer auprès de l’assistance. « Nous sommes à un tournant », a-t-il déclaré. « Nous pouvons soit aller de l’avant et faire tout notre possible pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement au cours des quatre prochaines années, soit nous retrouver, en fin de compte, avec des promesses non tenues, des rêves brisés et une confiance perdue. »

La Directrice générale a par ailleurs animé un débat spécial sur le thème « Accélérer la réalisation des objectifs de l’Éducation pour tous », avec M. Erik Solheim, Ministre norvégien de l’environnement et de la coopération pour le développement, M. Muhammad Nuh, Ministre indonésien de l’éducation nationale et Mme Wendy Hawkins, Directrice exécutive de la Fondation Intel.

Ouvrant la voie au débat, la Directrice générale a demandé comment l’on pourrait mobiliser davantage de ressources nationales et des niveaux d’aide plus importants dans le contexte économique actuel.

En 2002, l’Indonésie a adopté un amendement constitutionnel qui oblige l’État à allouer au moins 20 % du budget public total au financement de l’éducation, a annoncé M. Nuh. Parmi les mesures citées par le Ministre pour améliorer l’accès à l’éducation et ses résultats figuraient l’octroi d’avantages spéciaux aux enseignants travaillant dans les zones rurales, le versement de bourses aux enfants des familles les plus pauvres et un système national d’assurance de la qualité.

M. Solheim a mis en avant la suppression des droits de scolarité, le recrutement d’enseignants et l’enseignement dans la langue maternelle comme principaux moyens d’améliorer la situation. « Si l’on a la volonté politique, on peut agir, et de nombreux pays en développement ont obtenu d’excellents résultats » a-t-il souligné. Illustrant le potentiel des TIC pour transformer l’éducation, Mme Hawkins a appelé l’attention sur le Programme IntelTeach utilisé par 10 millions d’enseignants, dont une majorité de femmes. Selon elle, pour que les TIC puissent s’implanter dans tout système éducatif, il faut qu’elles soient en adéquation avec les objectifs nationaux et il faut concevoir des matériels qui tiennent compte des facteurs culturels.

La Directrice générale a aussi été l’une des principales oratrices d’un débat face à face spécial sur le thème « Éducation, droits de l’homme et conflit ».

« Une éducation de qualité fondée sur une culture universelle des droits de l’homme est le moyen de briser les cycles de la violence et de lutter contre l’intolérance » a-t-elle affirmé. « Le premier impératif est de protéger le droit à l’éducation dans des situations de conflit et de combattre la discrimination entre les sexes. » Mme Asma Jahangir, Présidente de la Supreme Court Bar Association du Pakistan, et lauréate du Prix UNESCO Bilbao 2010, a fait observer qu’« investir dans le mauvais type d’éducation peut nourrir les conflits. On apprend à certains enfants à haïr les autres communautés ». « L’éducation doit préparer les enfants à vivre dans des sociétés pluralistes, en tant que citoyens du monde » a-t-elle déclaré.




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