07.08.2012 - ODG

La Directrice générale s’engage à soutenir pleinement la transition démocratique au Myanmar

© UNESCO/Cynthia GuttmanLa Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, recevant une gravure représentant le palais présidentiel des mains du Président U Thein Sei, à Naypyidaw, le 7 août 2012.

© UNESCO/Cynthia GuttmanLa Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, aux côtés d’Aung San Suu Kyi, dans sa résidence à Naypyidaw, le 7 août 2012.

La Directrice générale, Mme Irina Bokova, a promis que l’UNESCO soutiendrait pleinement le processus de réforme démocratique, de modernisation et d’édification de la paix au Myanmar, lors de ses rencontres avec le Président U Thein Sein et cinq ministres à Naypyidaw, la capitale, le 7 août 2012. Elle a en outre confirmé la ferme volonté de l’UNESCO d’accompagner la transition du pays, lors d’une discussion sur l’éducation, la culture et la liberté d’expression qu’elle a eue avec Daw Aung San Suu Kyi, Présidente de la Ligue nationale pour la démocratie et membre du Parlement depuis avril 2012.

« Je vous rends visite à un moment important de la vie de votre pays et vous félicite pour votre détermination à moderniser, ouvrir et privilégier l’éducation, ainsi que pour les efforts que vous déployez en ce sens », a dit Mme Bokova au Président, en rappelant que le Myanmar est membre de l’UNESCO depuis 1945. « Grâce à nos connaissances et notre expertise, nous pouvons vous soutenir dans vos efforts visant à édifier la paix, à améliorer la qualité de l’éducation, à promouvoir l’éducation pour la paix et les droits de l’homme, et à faire reconnaître le rôle de la culture dans la construction de sociétés plus inclusives et plus harmonieuses et la création d’emplois. »

« L’éducation, la science, la culture, la communication et l’édification de la paix sont des éléments essentiels pour notre pays à l’heure actuelle », a déclaré le Président. « Nous devons assurer l’alphabétisation de tous les citoyens, faire progresser l’éducation et créer des emplois pour le peuple du Myanmar », a-t-il ajouté. Il a attiré l’attention sur la signature, au cours de l’année écoulée, d’accords de paix avec 10 des 11 groupes armés du pays, soulignant à quel point il était urgent de satisfaire les besoins en matière d’éducation et de santé, ainsi que les autres besoins essentiels de la population, dans le cadre du processus de reconstruction et de redressement.

La culture a un rôle central à jouer dans le processus de réforme et de consolidation de la paix. Faisant observer que le peuple du Myanmar attachait une très grande valeur à son riche patrimoine culturel, le Président a invité l’UNESCO à aider le pays à préserver des sites antiques tels que Bagan et les cités Pyu, qui figurent sur la Liste indicative du patrimoine mondial.

La reconnaissance des langues, cultures et traditions des plus de 100 minorités ethniques du pays a été qualifiée d’essentielle pour l’édification de la paix. La Directrice générale a insisté sur le fait que « la culture et le patrimoine [avaient] un effet multiplicateur sur la vie des gens », soulignant combien il importait « de préserver la diversité culturelle et d’avoir la notion de l’identité nationale ».

Elle a encouragé le Président et le Ministre de la culture et de l’information à ratifier les conventions relatives au patrimoine immatériel (2003) et à la diversité des expressions culturelles (2005). « Ces conventions jouent un rôle dans l’édification de la paix en reconnaissant les cultures et traditions des différentes communautés, contribuant ainsi au renforcement de l’inclusion et à la création d’emplois. »

L’alphabétisation, le patrimoine culturel et le respect de la diversité culturelle étaient également au cœur des préoccupations de Daw Aung San Suu Kyi. Celle-ci a souligné qu’il fallait disposer de données exactes pour rendre compte de la véritable situation du pays en matière d’alphabétisation et prendre des mesures propres à faire baisser les taux élevés d’abandon scolaire, source d’analphabétisme. Évoquant les questions de l’identité et de la culture, elle a déclaré : « le meilleur moyen de préserver notre culture est de donner au peuple confiance en lui, pour qu’il soit en mesure d’édifier une société dont il puisse être fier ». L’éducation a également un rôle à jouer dans l’instauration d’une culture de la négociation.

Tous les ministres ont appelé à une coopération élargie avec l’UNESCO.

Le Ministre des affaires étrangères, U Wunna Maung Lwin, a affirmé que, dans le cadre de la transition vers un nouveau système politique et économique, la coopération avec le système des Nations Unies était un pilier de la politique étrangère du pays. Il a déclaré que le rôle de l’UNESCO était très important pour la réforme en cours au Myanmar, soulignant que l’éducation permettait d’instaurer la confiance, l’unité nationale et la démocratie.

U Aung Min, Ministre des transports ferroviaires et Vice-Président d’un comité national pour la paix, a sollicité de l’aide pour l’alphabétisation et le développement des compétences des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur du pays, expliquant que le gouvernement allait créer un « Centre pour la paix » afin d’améliorer la coordination du processus de paix entre le gouvernement, les organisations internationales, la société civile, les ONG et les donateurs.

Mya Aye, Ministre de l’éducation et Président de la Commission nationale myanmar pour l'UNESCO, a souligné qu’il fallait améliorer la qualité de l’enseignement, accroître le nombre de plans d’alphabétisation dans les zones rurales et reculées, former des instructeurs capables d’enseigner dans les langues locales, et mieux adapter l’enseignement technique et professionnel aux possibilités d’emploi.

Le Ministre de l’information et de la culture, U Kyaw Hsan, a lancé un nouvel appel au renforcement des capacités, des technologies et du financement, afin de préserver le patrimoine culturel du pays, de préparer des dossiers de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, et d’aider à répertorier le patrimoine immatériel. Il a également demandé de l’aide pour moderniser les programmes d’enseignement du journalisme, faisant ainsi écho à l’accent mis par la Directrice générale sur le rôle positif que les médias peuvent jouer dans le processus de consolidation de la paix.

Le Ministre des sciences et de la technologie, U Aye Myint, a lancé un appel pressant à l’aide concernant la formation des enseignants de l’enseignement technique et professionnel et un développement rural intégré afin d’améliorer les moyens de subsistance, soulignant que le pays devait préparer son entrée dans le marché libre de l’ASEAN en 2015.

« Je pense que c’est le début d’une coopération resserrée et à plus long terme », a déclaré la Directrice générale, promettant de renforcer la présence de l’UNESCO au Myanmar, notamment par la mise en place d’un bureau de projet dans le pays.




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