26.06.2014 - ODG

Éducation : Priorité au financement

© EU

La Directrice générale s’associe à l’appel en faveur d’une hausse du financement par le Partenariat mondial pour l’éducation

La Directrice générale, Irina Bokova, a appelé les pays à renouveler leur engagement à l’égard de l’éducation, « plus puissante force de changement au service de la dignité et de la durabilité, lors de l’ouverture de la Conférence d’annonce de contributions du Partenariat mondial pour l’éducation, à Bruxelles, le 26 juin 2014.

« La situation est désolante mais nous pouvons la retourner. L’expérience montre que pour progresser il faut une volonté politique, de bonnes politiques et des ressources suffisantes. Des ministres de l’éducation sont venus ici du monde entier pour réaffirmer leur engagement d’augmenter le financement de l’éducation dans leur pays. Notre devoir est d’en faire autant. C’est une question de crédibilité politique – nous n’aurons aucune légitimité pour négocier le programme pour l’après-2015 si nous ne pouvons pas tenir les promesses relatives à l’Éducation pour tous formulées en 2000. »

La Conférence, coorganisée avec l’Union européenne et à laquelle assistaient une cinquantaine de ministres, vise à collecter 3,5 milliards de dollars sur trois ans pour soutenir la scolarisation de 29 millions d’enfants dans 66 pays à faible revenu.

À l’ouverture de la Conférence, le Commissaire européen chargé du développement, M. Andris Piebalgs, a annoncé que l’UE allait plus que doubler son annonce de contribution au Partenariat mondial pour l’éducation, tandis que le Ministre norvégien des affaires étrangères, M. Borge Brende déclarait au cours d’une séance ultérieure que son pays doublerait les ressources en faveur de l’éducation dans les quatre prochaines années.

Julia Gillard, Présidente du Partenariat mondial pour l’éducation, a affirmé que les pays en développement devaient s’engager à affecter 16 milliards de dollars supplémentaires sur trois ans, envoyant ainsi un « formidable signal » aux pays donateurs. M. Augustin Ponyo, Premier Ministre de la République démocratique du Congo, a fait savoir à titre d’exemple que l’éducation représentait désormais 16 % du budget national contre 6 % seulement en 2005. M. Koumba Bolly Barry, Ministre de l’éducation du Burkina Faso, a déclaré que le doublement des taux d’inscription en une décennie dans son pays tenait, avant tout, à un vigoureux engagement politique qui avait bénéficié de l’aide du Partenariat mondial pour l’éducation. L’Envoyé spécial des Nations Unies, Gordon Brown, décrivant l’éducation comme « la lutte pour les droits civils de notre génération » a exhorté les pays à augmenter leurs annonces de contributions au Partenariat mondial pour l’éducation.

De nouveaux chiffres concernant les enfants non scolarisés, publiés par l’UNESCO le jour de la Conférence, montrent que 58 millions d’enfants entre 6 et  11 ans ne sont toujours pas scolarisés et que, d’après les tendances actuelles, environ 43 % ont peu de chances de jamais mettre les pieds dans une salle de classe.

Lors d’une séance spéciale intitulée « L’éducation ne peut pas attendre » axée sur les urgences, Mme Irina Bokova a affirmé que « les conflits restent le pire obstacle à l’éducation ».

« Des générations entières sont perdues – il s’agit de leurs droits et de leur dignité, du développement de leur société et, fondamentalement, d’une question de sécurité. »

Elle a regretté que l’éducation ne représente que 2 % de l’aide humanitaire et qu’aucun autre secteur ne reçoive une aussi petite partie des fonds effectivement versés au titre de l’aide humanitaire et a lancé un appel en faveur de la protection des écoles et de l’éducation dans les situations de conflits.

Le Ministre norvégien des affaires étrangères a souligné que « la principale question pour nous est de veiller à ce qu’il n’y ait aucune génération perdue dans l’éducation » et il a appelé à « dépenser moins pour la défense et davantage pour l’éducation et la santé des enfants ». Mme Kristalina Georgieva, Commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire et de la réaction aux crises, a fait observer que « la fragilité dans le monde s’accentue » et, se référant à l’initiative « Pas de génération perdue » pour répondre à la crise en Syrie et à l’initiative « Les enfants de la paix » financée par les fonds du Prix Nobel de la paix décerné à l’Union européenne, a souligné l’importance de s’occuper de l’éducation dans les situations d’urgence à grande échelle. Le représentant de l’UNICEF pour la République centrafricaine a déclaré que seulement 0,77 % de l’aide humanitaire avait à ce jour été attribué à l’éducation et a mis en garde contre le recrutement par des groupes armés d’enfants dépourvus de possibilités éducatives.

Mme Bokova a également eu des entretiens avec le Commissaire de l’Union européenne, M. Andris Piebalgs, et avec Mme Claudia Costin, prochaine Directrice principale de « Pratique mondiale dans le domaine de l’éducation » (Education Global Practice) du Groupe de la Banque mondiale.




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