16.11.2017 - Commission océanographique intergouvernementale

En quête de réponses aux changements océaniques : les agences onusiennes se réunissent à la COP23

Participants à l'événement parallèle de l'ONU-Océans lors de la COP23, avec le Secrétaire exécutif de la COI, Vladimir Ryabinin, tout à droite (11 novembre 2017, Bonn, Allemagne).

COP23, Bonn, Allemagne – Le 11 novembre 2017, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO a animé l’événement parallèle traditionnellement organisé par l’ONU-Océans – le mécanisme interagences des Nations Unies pour les affaires maritimes – lors de la Conférence des parties (COP) de la CCNUCC. Intitulé « Océan et climat : un océan résilient pour les générations futures », le panel s’est efforcé de trouver des réponses aux impacts du changement climatique sur l’océan, par un renforcement des capacités scientifiques, l’élaboration de stratégies de réduction des émissions de CO2, et des approches d’adaptation innovantes.

Coordonné par la COI de l’UNESCO et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’objectif de l’événement parallèle était de présenter les différentes actions entreprises par les Etats, avec le soutien du système onusien, pour combattre les effets les plus notables de l’augmentation du taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère – le réchauffement et l’acidification de l’océan.

Le panel a été modéré par Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la COI de l’UNESCO, et clôturé par les remarques de Peter Thomson, nommé en septembre 2017 premier Envoyé spécial des Nations Unies pour l’océan. Les participants incluaient des représentants d’ONU Environnement, de la FAO, de l’Organisation maritime internationale (OMI), du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

« Le taux d’oxygène à la surface de l’océan est en baisse, l’eau s’acidifie et le niveau de la mer est en hausse. Tout ça, nous le savons déjà et nous sommes en mesure d’établir des prévisions pour l’avenir grâce à un recours systématique aux sciences et aux observations de l’océan, » a déclaré Vladimir Ryabinin. Il a souligné que la COI-UNESCO et le Centre de coordination internationale sur l’acidification des océans (OA-ICC) de l’AIEA collaborent étroitement pour soutenir le Réseau mondial d’observation de l’acidification de l’océan (GOA-ON). Créée en 2012, cette plateforme réunit des chercheurs travaillant sur la surveillance de l’acidification de l’océan.

Le taux de dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère a augmenté de 40% depuis le début de la révolution industrielle. Parallèlement, environ un quart du CO2 dû aux activités humaines est absorbé par l’océan, causant nombre de changements chimiques à l’origine de l’acidification de l’océan. Depuis le début de la révolution industrielle, l’acidité de l’océan a augmenté de 26% et ce taux augmente 10 fois plus vite aujourd’hui qu’au cours des 55 derniers millions d’années.

Ces changements ont des répercussions sur l’océan à travers le blanchissement des coraux et l’érosion côtière, qui touchent à la fois des espèces spécifiques mais aussi les écosystèmes dans leur ensemble. Par exemple, il est prédit que le réchauffement sera bientôt tel que la plupart des 29 sites du patrimoine mondial intégrant des récifs coralliens ne survivront pas les 10 à 30 prochaines années. Ces effets sont aggravés par d’autres phénomènes, comme l’acidification de l’océan, en plus d’autres menaces plus localisées.

Peter Swarzenski, des Laboratoires de l’environnement de l’AIEA et participant du panel, garde une vision positive des choses. « Il n’est pas trop tard. Si nous mettons en œuvre des actions concrètes maintenant, nous pouvons éviter des conséquences irréversibles pour l’océan et les communautés qui en dépendent, » a-t-il souligné.

Les Laboratoires de l’AIEA à Monaco abritent l’OA-ICC qui promeut, facilite et communique activement sur les activités du domaine de l’acidification de l’océan. L’OA-ICC travaille également avec de nombreux partenaires internationaux, dont la COI-UNESCO, afin d’améliorer la surveillance de l’acidification de l’océan, la recherche et le renforcement des capacités à travers le monde. Ces efforts contribuent à donner aux pays les moyens d’atteindre l’Objectif de développement durable 14, et plus particulièrement la cible 14.3 sur l’acidification de l’océan.

Dans ses discours de clôture, Peter Thomson a souligné le fait que « nous devons parler des changements océaniques comme nous parlons des changements climatiques, » avec la même urgence et la même intention d’agir. Ces deux phénomènes ne sont que deux facettes d’une même problématique globale.

C’est pourquoi la COI-UNESCO appelle toutes les parties prenantes de l’océan et du climat à se rallier à la Décennie des Nations Unies des sciences océaniques pour le développement durable (2021-2030), qui est actuellement à l’étude à l’Assemblée générale des Nations Unies. La Décennie permettrait de sensibiliser davantage le grand public à ces problématiques, et d’aborder un certain nombre de questions scientifiques clés, y compris celles touchant spécifiquement au climat, tout en tirant parti des efforts de recherche scientifique à l’échelle nationale pour encourager la construction d’un partenariat mondial.

Pour plus d’information, veuillez contacter:

Julian Barbière (j.barbiere(at)unesco.org)




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