30.04.2010 - UNESCOPRESS

La plus ancienne école de journalisme d’Australie reçoit des journalistes de terrain

© University of Queensland

Le défi pour les participants à la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2010 de l’UNESCO, le 3 mai, est d’aller au-delà du concept de droit à l’information, thème de cette année : l’objectif, en effet, est de s’attaquer véritablement aux problèmes des journalistes, qu’ils soient soumis à des intimidations, des agressions quand ils ne sont pas purement et simplement assassinés dans l’accomplissement de leur tâche.

« Il s’agit de la réalité vécue des journalistes », explique le Pr Martin Hadlow de l’Université du Queensland, organisatrice d’une conférence de trois jours sur la liberté de l’information. « La législation relative à la liberté de l’information est plus qu’une simple feuille de papier… Elle concerne ce que nous attendons de nos médias, de leur indépendance et de leur liberté ».

En 2009 à Doha, au Qatar, la conférence annuelle s’était penchée sur l’importance des médias dans les échanges interculturels. Cette année, la conférence est intitulée « Liberté de l’information : le droit de savoir ».

L’UNESCO a choisi l’Ecole de journalisme et de la communication de l’Université du Queensland comme hôte de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2010. Martin Hadlow a souligné que celle-ci donnait l’occasion de réunir des personnes originaires de la région Pacifique et du reste du monde afin de débattre de ce qu’il appelle le voyage de la liberté de l’information.

« Ce sont des gens qui s’expriment et qui soutiennent tous les jours cette liberté. Ce sera l’occasion de rencontrer des gens que l’on n’a jamais l’occasion de voir en temps normal et de côtoyer ceux qui ont été en première ligne », explique-t-il.

Mónica González Mujica, lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2010, prendra la parole lors de la conférence.

La conférence sera aussi le cadre de rencontres et d’ateliers avec des journalistes en butte à la censure de régimes militaires, à des attaques criminelles et à des actes de représailles. La Micronésie, la Mélanésie et la Polynésie seront représentées dans les ateliers préliminaires à la conférence dont un consacré aux femmes. Parallèlement, sont aussi prévues des sessions sur l’expérience des peuples autochtones et sur les défis de la presse numérique.

D’autres événements se tiendront aussi en marge de la conférence. La station de radio FM 94,3 diffusera depuis le campus de l’université en utilisant un émetteur « Radio-in-a-box », système portatif permettant d’émettre en modulation de fréquence. Celui-ci peut jouer un rôle vital en cas de catastrophe ou dans des situations de guerre lorsqu’il n’existe plus d’autres systèmes de communication.

A l’occasion de sa première visite officielle en Australie, la nouvelle Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, prononcera un important discours dans le cadre de cet événement. Elle est convaincue que « la liberté de l’information est un droit de l’homme fondamental et que l’UNESCO a reçu spécifiquement le mandat de le promouvoir ».

Le vice-chancelier et président de l’Université du Queensland, Paul Greenfied, ajoute que « la liberté des médias aux quatre coins du monde est inhérente à la circulation de l’information factuelle qui est essentielle si nous entendons identifier et régler les problèmes de la planète ».

Figurent parmi les autres orateurs Frank La Rue, Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’expression et d’opinion, Toby Mendel qui dirige le Centre canadien pour le droit et la démocratie, David Banisar, juriste et auteur du rapport mondial de l’ONG Article 19, ainsi que Lisa Williams-Lahari, journaliste et militante de la liberté de la presse dans le Pacifique.

Des expositions photographiques souligneront la confirmation de l’importance de la photographie à l’ère numérique. Organisées par l’Université du Queensland et par l’Université Griffith, ces expositions mettront en valeur les travaux des grands photographes internationaux Tim Page et Hamish Cairns, aux côtés de clichés en provenance du Vietnam, de l’Afghanistan et de la vallée de Swat au Pakistan – certains encore inédits.

« On se doit de rappeler aux éditeurs de presse la force de la photo et jusqu’où ils peuvent aller dans son utilisation », explique Earle Bridger du Queensland College of Art  de l’Université Griffith.

Ensemble, l’université et ses partenaires espèrent lancer un débat qui ferait d’une éventuelle « Déclaration de Brisbane » un catalyseur de l’action en faveur de la liberté de la presse et de la liberté de l’information.

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Programme complet de la conférence: http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=29295&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html




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