18.04.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

Faire le lien entre la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques et le nouvel accord de l'ONU sur la haute mer

Comment la prochaine Décennie pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030) peut-elle aider à mobiliser et à stimuler l'action autour de la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ) ? Le 16 avril 2018, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO et des institutions partenaires ont évoqué d’éventuels points de convergence lors d'un événement parallèle à la réunion d'organisation de la Conférence intergouvernementale qui examinera les recommandations du Comité préparatoire BBNJ, auquel la COI participe également.

Aujourd'hui, près de 50% de la surface de la Terre est recouverte par des zones marines situées au-delà des frontières nationales, où l'accès à la richesse des ressources marines ne dépend d’aucun État mais résulte d’un cadre réglementaire fragmenté : d’où la nécessité de créer un nouvel instrument juridiquement contraignant pour conserver et utiliser durablement la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ), également appelées haute mer.

Co-organisé avec les Missions permanentes de la Belgique et de la Barbade auprès de l’Organisation des Nation Unies, l’événement parallèle a mis en avant l’opportunité que représente la Décennie – en tant que vecteur d’une action innovante et transformatrice – d’alimenter les discussions sur les enjeux liés à la haute mer, en mobilisant les scientifiques et en laissant des impacts durables grâce à sa capacité à engager diverses communautés, des gouvernements à la société civile en passant par le secteur privé.

Peter Haugan, Président de la COI, a réfléchi aux moyens de faire progresser la connaissance scientifique et les capacités techniques dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, ainsi que l'infrastructure et les partenariats nécessaires au développement durable de l'océan. Il a noté que les contributions potentielles aux objectifs de l’accord sur la haute mer comprennent :

  • Le développement d’un mécanisme de partage de données océaniques ;
  • La promotion d'un mécanisme destiné à coordonner des programmes ciblés et coopératifs de recherche scientifique marine ;
  • Une campagne mondiale de cartographie des fonds marins ;
  • Une meilleure coordination des efforts d'observation des océans, en particulier en mer profonde ;
  • Amélioration du transfert de technologie marine vers les régions et les groupes dont les capacités de développement sont limitées, en particulier les PEID et les PMA, au moyen de programmes et d’initiatives de formation spécifiques.

Parmi les autres participants figuraient : Dr Sandor Muslow, Autorité internationale des fonds marins (AIFM), qui a présenté les activités scientifiques de l'AIFM ; Dr Paul Snelgrove, de l'Ocean Frontier Institute - Université Memorial de Terre-Neuve et de l’initiative Deep Ocean Stewardship (DOSI), s'est concentré sur des problématiques scientifiques clés qui permettront une gestion écosystémique des zones situées au-delà des juridictions nationales ; Dr David Millar, de Fugro Pelagos, Inc. a présenté le projet GEBCO/Seabed 2030 sur la cartographie des fonds marins et le rôle des entreprises dans le développement des technologies ; et M. Antoine Misonne, Service public fédéral des Affaires étrangères, Belgique, a présenté les résultats de l'atelier BBNJ organisé par la Belgique en mars 2018.

Le développement des capacités et le transfert de technologie marine sont considérés comme absolument nécessaires pour faire du nouvel accord sur la haute mer un instrument universel au service de l’ensemble de ses futures Parties, en particulier les pays émergents. Un événement parallèle spécifique a été consacré à ce sujet le 17 avril, co-organisé par la Mission permanente du Royaume des Tonga auprès des Nations Unies, le Forum mondial sur l’océan / l’Organisation internationale des zones côtière et océaniques, la FAO, la COI de l'UNESCO et l'Institut de recherche sur les politiques océaniques de la Fondation Sasakawa pour la paix (Japon).

Des présentations ont été faites sur la base d’une Note de politique, le résultat d’un effort international de plusieurs auteurs et institutions, et élaborée spécialement en vue de la Conférence intergouvernementale BBNJ qui se tiendra du 4 au 17 septembre au siège de l'ONU à New York, aux États-Unis.

Pour plus d'information, veuillez contacter :

Julian Barbière (j.barbiere(at)unesco.org)

 




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