19.04.2017 - Education Sector

Des responsables de la communauté musulmane en Tanzanie s’engagent à renforcer le soutien en faveur de l’éducation des filles

© UNESCO/Jennifer Alima Kotta

Le mariage des enfants, les grossesses précoces et les politiques floues font partie des problèmes qui empêchent les filles à Zanzibar d’achever leur éducation.

Pour remédier à cette situation, 120 membres clés de la communauté du district de Micheweni à Pemba (Zanzibar), ont élaboré un plan de travail complet pour supprimer les principaux obstacles à la réussite scolaire des filles.

L’absence de législation sur l’âge minimum légal du mariage, les normes sociales et culturelles combinées aux pratiques religieuses et au manque d’éducation des parents ont pour résultat qu’une fille peut se marier dès l’âge de 12 à 14 ans.

L’UNESCO a développé une approche socio-culturelle visant à éliminer les normes et les pratiques culturelles néfastes et à promouvoir l’égalité des genres. Il s’agit de démontrer que les normes et les pratiques culturelles évoluent sans cesse et qu’elles peuvent être modifiées de l’intérieur en impliquant les principaux responsables religieux et communautaires, qui transmettent ensuite leurs connaissances à l’ensemble de la communauté.

En février 2016, le Bureau de l’UNESCO à Dar es-Salaam a organisé deux ateliers dans le district de Micheweni afin de sensibiliser les communautés au rôle crucial qu’elles doivent jouer à l’appui de l’éducation des filles en mettant un terme au mariage des enfants et aux grossesses des filles adolescentes. Les ateliers faisaient partie du projet intitulé « Le crowdsourcing au service de l’éducation des filles », financé par la Fondation Packard avec le soutien du Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation.

Les participants aux ateliers se sont engagés activement dans une analyse critique des obstacles à l’autonomisation des filles et à leur transformation en catalyseurs du changement. Les membres de la communauté ont été informés sur les thèmes de la culture, de l’égalité des genres, de l’éducation, de la loi et de la réglementation, et du rôle des parents et des membres des communautés dans le soutien en faveur de l’éducation des filles. En réponse aux interprétations contradictoires des livres sacrés et des politiques publiques d’éducation qui font respecter l’enseignement de base obligatoire, l’enseignant de madrasa Khalid Abdallah Khamis a indiqué que dans le Coran, le mariage était « sunnah » (traditionnellement facultatif) alors que l’éducation était « fardhi » (obligatoire). « Il est nécessaire de raisonner avec sagesse pour s’assurer que nous protégeons les filles et leur offrons une éducation formelle, en faisant respecter les droits de nos femmes et de nos enfants ».

Les ateliers ont abouti à l’élaboration d’un plan de travail complet par les membres de la communauté, visant à supprimer les obstacles à l’éducation des filles. La radio communautaire de Micheweni complètera l’initiative en diffusant des programmes ayant pour but de modifier les comportements sociaux. Shaban Ali Abeid, animateur sur la radio communautaire de Micheweni, a dit : « L’éducation communautaire participative aide à retarder l’âge du mariage des filles et à les maintenir à l’école jusqu’à la fin de leur éducation secondaire. Les problèmes existent, nous les connaissons et nous pouvons y remédier car nous en avons les moyens ». L’UNESCO continuera de mobiliser les membres des communautés en tant que principaux agents à l’appui de l’éducation des filles dans leurs communautés, par le biais d’initiatives similaires.




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