20.10.2009 -

Les Présidents de Zanzibar et de Djibouti s’adressent à la Conférence générale de l’UNESCO

Amani Abeid Karume, Président de Zanzibar (République-Unie de Tanzanie) et Ismaïl Omar Guelleh, Président de Djibouti, ont évoqué aujourd’hui les grands défis posés au monde et à l’UNESCO lors de leurs interventions devant la 35e session de la Conférence générale de l’UNESCO.

Après avoir décrit les progrès réalisés par son pays en vue d’offrir à tous une éducation de base de qualité d’ici 2015 comme le prévoit l’un des objectifs du Millénaire, le Président de Zanzibar a déclaré : « Notre démarche a consisté à proposer une éducation adaptée aux populations et cela a très bien marché ».

Il a décrit la façon dont les gens ont été impliqués dans la construction de leurs écoles communautaires, tandis que le gouvernement se chargeait de fournir les enseignants et de mobiliser le secteur privé au service du développement de l’éducation. Dans le même temps, l’accès à une eau saine, la santé publique, etc. étaient améliorés, a ajouté Amani Abeid Karume, en mettant l’accent sur le lien entre le développement de l’éducation et ces autres secteurs.

Le Président de Zanzibar a également déclaré : « La 35e session de la Conférence générale de l’UNESCO intervient à un moment où le monde affronte de grandes crises. Notamment la crise du changement climatique, la crise de l’énergie, la crise alimentaire et, plus récemment, la crise économique et financière. Elles touchent davantage les pays pauvres et les groupes les plus vulnérables […] Il me semble que, plus que jamais, l’UNESCO a un rôle crucial à jouer pour sensibiliser les gouvernements et la communauté internationale à l’importance du secteur social et à la nécessité d’investir davantage dans l’éducation ».

A propos des modèles de production et de consommation non durables, le Président a dénoncé l’effet dévastateur du réchauffement climatique sur les productions énergétique et alimentaire, sur le secteur de la pêche, sur les disponibilités en eau et sur le tourisme « dans les pays pauvres qui se trouvent surtout en Afrique. Ces pays sont moins industrialisés et ils ont peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre. Ils ont pourtant à subir le lourd fardeau du changement climatique ».

Amani Abeid Karume a aussi déclaré : « Dans de nombreuses régions du globe, la vie est menacée du fait de catastrophes liées à l’activité humaine, de guerres et du VIH/sida. Les conflits augmentent et représentent une menace pour la partie de la population la plus productive, en particulier en Afrique. L’inégalité entre les sexes et une offre insuffisante d’éducation de qualité restent monnaie courante, de même que les violations des droits de l’homme. L’UNESCO a un rôle crucial à jouer en vue de faire le lien entre paix et développement durable, de promouvoir le dialogue parmi les civilisations, les cultures et les peuples, ainsi que le respect de l’autre et le respect de la diversité culturelle ».

Pour sa part, le Président de Djibouti a souligné le rôle important joué par l’UNESCO pour promouvoir la compréhension entre les peuples et le dialogue interculturel. Il a déclaré : « Avec ses moyens limités, l’œuvre accomplie par l’UNESCO est, toutefois, immense ». Il a particulièrement salué « l’une des grandes entreprises intellectuelles de notre Organisation : L’Histoire générale de l’Afrique, une œuvre monumentale destinée à réhabiliter un passé travesti et méconnu ».

Evoquant les défis qu’affronte l’humanité, Ismaïl Omar Guelleh a déclaré : « Jamais dans l’histoire du monde, autant de menaces n’ont pesé sur l’humanité : famines, maladies infectieuses qui déciment les forces vives de continents entiers, menaces d’une faillite du système économique, appauvrissement des ressources naturelles, résurgence de l’intolérance et de la violence, des régions livrées à l’anarchie, des mouvements migratoires non maîtrisés, des dérives extrémistes, terreau fertile au terrorisme, des menaces nucléaires… »

Le Président de Djibouti a ajouté : « En ces temps troublés, la prépondérance de l’économie au détriment de l’humain a fini par démontrer ses limites ; en effet, jamais dans l’histoire de l’humanité, des menaces aussi graves n’ont pesé sur nos ressources naturelles, coupant court aux illusions d’une planète généreuse et abondante ; jamais la résurgence de l’intolérance et de la violence n’ont pris des dimensions aussi inquiétantes. C’est pourquoi le mandat constitutionnel de l’UNESCO reste plus que jamais pertinent ; elle est appelée à jouer un rôle crucial et à participer davantage au débat sur la gouvernance globale car ses domaines de compétence sont au cœur de la mondialisation ».

Les deux présidents ont eu des entretiens avec le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, lors de leur visite à l’Organisation.




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