30.06.2012 - UNESCOPRESS

Des sites en Iran, en Malaisie, au Canada, en Slovénie, en Espagne, en Allemagne, au Portugal et en France inscrits sur la Liste du patrimoine mondial

© 2012, Hubert Bouvet, Région Nord-Pas de Calais, UNESCO - Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France)

– Le Comité du patrimoine mondial lors de sa session de samedi après-midi a ajouté les sites suivants sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO : Gonbad-e Qābus (Iran), le Patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (Malaisie), le Patrimoine du mercure. Almadén et Idrija (Espagne/Slovénie), Le paysage de Grand Pré (Canada), l'Opéra margravial de Bayreuth (Allemagne), la ville de garnison frontalière d'Elvas et ses fortifications (Portugal) et le Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France).

Gonbad-e Qābus (Iran). Cette tour funéraire, haute de 53 mètres, a été érigée en 1006 après J.C. pour le souverain Qābus ibn Voshmgir près de Djordjan, l’ancienne capitale ziyaride, au nord-est de l’Iran ; elle témoigne des échanges culturels entre les nomades de l’Asie centrale et l’ancienne civilisation iranienne. Seule trace de la ville de Djordjan qui fut un pole artistique et scientifique avant d’être détruite par les invasions des Mongols au XIVe et XVe siècles, la tour est à la fois une prouesse technique et un exemple remarquable de l’architecture islamique en matière de tours funéraires ; son influence se fait sentir en Iran, Anatolie et Asie centrale. Construit en briques cuites non vernissées, ce mausolée est conçu selon un schéma géométrique complexe pour former une tour cylindrique - de 17 mètres de diamètre à la base et 15,5 mètres sous le toit - qui s’effile vers un toit conique en briques. Il témoigne du développement des mathématiques et des sciences dans le monde musulman au tournant du premier millénaire.

        Le Patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (Malaisie). Situé dans la luxuriante vallée de Lenggong, le bien comprend quatre sites archéologiques répartis en deux groupes qui couvrent une période de près de deux millions d'années, l'une des plus longues traces traces documentées au monde de la présence des premiers hommes sur un même lieu et le plus ancien hors d'Afrique. Il comprend des sites en plein air et des grottes avec des ateliers de fabrications d'outils datant du Paléolithique, témoignage d'une technologie précoce. Le nombre de sites découverts dans une zone relativement restreinte suggère la présence d'une population assez large, semi-sédentaire avec des vestiges culturels du Paléolithique, du Néolithique et de l'âge de fer.

        Le paysage de Grand Pré (Canada). Le « marais » de Grand Pré et les sites archéologiques des anciens villages associés de Grand Pré et de Hortonville, situés dans la partie méridionale de la baie Minas en Nouvelle-Ecosse, constituent un paysage culturel qui témoigne du développement de la poldérisation agricole réalisée - à base de digues et d’aboiteaux (buses de bois enterrées sous les digues et disposant de clapets anti-retours) – par les Acadiens au 17ème siècle et poursuivie par les Planters et leurs actuels successeurs. L’endroit – marqué par un record mondial de l’amplitude des marées : 11,6 mètres en moyenne – est aussi un lieu mémoriel et symbolique majeur pour les Acadiens, déportés par les Anglais à partir de 1755. Sur 1 300 hectares, le paysage culturel comprend un polder et des éléments archéologiques des villes de Grand Pré, fondée par les Acadiens, et de Hortonville, bâtie par leurs successeurs anglais. Le paysage constitue un exemple exceptionnel de l’adaptation des premiers colons européens aux conditions particulières de la côte atlantique nord-américaine ; c’est aussi le lieu mémoriel par excellence de la déportation acadienne connue comme le Grand Dérangement.

        Patrimoine du mercure. Almadén et Idrija (Espagne/Slovénie). Le bien inclut les sites miniers d' Almadén où le mercure (vif argent) a été extrait depuis l'Antiquité et Idrija, où du mercure a été trouvé pour la première fois en 1490 après J.-C. La partie espagnole du bien comprend des bâtiments liés à l'histoire minière du site, notamment le château Retamar, des édifices religieux et des puits traditionnels. Le site d'Idrija présente de notamment des entrepôts de mercure et l'administration de la mine, ainsi que les cités de mineurs et un théâtre des mineurs. Le  site témoigne du commerce intercontinental du mercure qui a généré d'importants échanges entre l'Europe et l'Amérique pendant des siècles. Les deux sites présentent les deux plus grandes mines de mercure au monde et sont restés en fonctionnement jusqu'à une période récente.

        Opéra margravial de Bayreuth (Allemagne). Ce chef-d’œuvre de l’architecture théâtrale baroque, construit entre 1745 et 1750, est le seul exemple entièrement conservé de l’architecture de l’opéra de cour. Cinq cent personnes peuvent y apprécier de façon authentique la culture et l’acoustique des opéras baroques, dans un décor où subsistent des éléments en bois et des toiles peintes d’origine. Commandé par la margrave Wilhelmine, épouse de Frédéric, Margrave de Brandebourg-Bayreuth, l’opéra a été conçu par Giuseppe Galli Bibiena, architecte réputé. En tant qu’opéra de cour érigé dans un espace public (et non dans un palais), il annonce les grands opéras publics du XIXe siècle. La loge de la Cour, avec ses deux niveaux, marie le bois et les toiles peintes ; cette structure à colombage très décorée est un exemple de l’architecture éphémère qui joua un rôle exceptionnel dans les cérémonies et les parades d’auto-représentation de la Cour.

        La ville de garnison frontalière d'Elvas et ses fortifications (Portugal). Le site, fortifié de manière extensive entre le 17e et le 19e siècle, représente le plus grand système défensif de remparts à douve sèches du monde. A l'intérieur de ses murs, la ville comprend de grandes casernes et d'autres bâtiments militaires ainsi que des églises et des monastères. Alors qu'Elvas conserve des vestiges remontant au 10e siècle, ses fortifications remontent au moment de la restauration de l'indépendance du Portugal en 1640. Les fortifications, conçues par le père jésuite Joao représentent le meilleur exemple conservé au monde de fortifications de l'école hollandaise. Le site comprend aussi l'aqueduc d'Amoreira construit pour permettre de résister à un long siège.

        Le Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France). Le Nord-Pas de Calais offre un paysage remarquable façonné par trois siècles (XVIIe au XXe siècle) d’extraction du charbon. Les 120 000 hectares du site sont constitués de 109 biens individuels qui peuvent être des fosses (la plus vieille date de 1850), des chevalements (supportant les ascenseurs), des terrils (dont un qui couvre 90 hectares et dépasse les 140 mètres de haut), des infrastructures de transport de la houille, des gares ferroviaires, des corons et des villages de mineurs comprenant des écoles, des édifices religieux, des équipements collectifs et de santé, des bureaux de compagnies minières, des logements de cadres et châteaux de dirigeants, des hôtels de ville, etc. Le site témoigne de la recherche du modèle de la cité ouvrière, du milieu du XIXe siècle aux années 1960, et illustre une période significative de l’histoire de l’Europe industrielle. Il informe sur les conditions de vie des mineurs et sur la solidarité ouvrière.

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