06.07.2012 - UNESCO

Compte-rendu de la réunion de l’Equipe de direction du 2 juillet 2012

En ouverture de la réunion, la Directrice générale a dressé un état des lieux de la situation au Mali et de la destruction des sites du patrimoine culturel, y compris un résumé des actions entreprises par l’UNESCO afin d’appeler l’attention de la communauté internationale sur ces événements qui la préoccupent fortement.

Situation financière de l’UNESCO et réforme

La Directrice générale a ensuite précisé la manière selon laquelle l’UNESCO devrait communiquer sur son programme de réforme. A ses yeux, la réforme comprend deux voies, la première étant : 

  • avancement dans la mise en œuvre de la Feuille de route et ses objectifs, progrès dans la réalisation des recommandations de l’Evaluation externe indépendante ; et
  • amélioration de l’efficacité administrative, notamment la diminution des coûts, la réduction des voyages, etc.

La réforme va toutefois au-delà de cette première voie et implique :

  • le repositionnement de l’UNESCO au sein du système des Nations Unies ; et
  • le développement de la mission et du mandat de l’UNESCO pour assurer sa pertinence face à la situation mondiale contemporaine.

Dans leur communication aux Etats membres, la Directrice générale a insisté auprès des membres du SMT et des Directeurs sur la nécessité de présenter la réforme comme un « ensemble intégré », et non pas comme un groupe d’initiatives isolées.

La Directrice financière a informé les membres du SMT de l’état de la situation financière de l’Organisation, y compris des points essentiels suivants :

  • 65 pour cent des Etats membres ont d’ores et déjà payé leurs contributions pour 2012. Toutefois, trois Etats membres, parmi les 25 plus grands contributeurs, n’ont pas encore honoré leurs contributions.
  • les coûts liés aux activités rentrent dans les prévisions des plans de travail du biennium - à hauteur de 20 pour cent.
  • 30 pour cent des ressources extrabudgétaires ont été mis en œuvre - l’objectif étant de 42 pour cent pour cette année - ce qui représente une amélioration significative par rapport aux exercices budgétaires précédents. Il est fondamental que les taux de dépense et de recouvrement des coûts soient accrus.
  • les allocations émanant du Fonds d’urgence s’élèvent à 11,6 millions de dollars des Etats-Unis. Les cinq plus importants récipiendaires sont : BFC – hors Siège 3 millions ; Afrique 1,7 million ; Culture 1,7 million ; Sciences 1,3 million ; BKI 1 million.
  • les voyages ont été réduits de manière substantielle, et 85 pour cent des déplacements ont été financés à l’aide de ressources extrabudgétaires.
  • l’assistance temporaire connaît une légère augmentation et se monte actuellement à 247 postes. Cet accroissement est dû aux contrats de consultant financés par des projets extrabudgétaires. L’assistance temporaire demeure bien en-deçà du total de décembre 2011, qui était de 482.
  • 19 pour cent des postes du Programme ordinaire sont vacants. (15 pour cent sont suspendus ou financent des coûts et quatre pour cent sont au recrutement). Cependant, les secteurs ont identifié un plus grand nombre de postes « essentiels » que prévu, qui, s’ils étaient pourvus, augmenteraient le déficit de l’Organisation.

Ajoutés aux déficits actuels des plans de travail, les postes définis comme « essentiels » par les ADG et les Directeurs engendreraient pour l’UNESCO un déficit supplémentaire de 68 millions de dollars et un manque de trésorerie de 35 millions de dollars en 2013. La situation de l’Organisation à la fin de 2012 sera critique, avec le Fonds de roulement presque entièrement utilisé, laissant l’Organisation dépendante des paiements précoces des Etats membres en 2013. L’UNESCO doit ainsi poursuivre la réduction des dépenses ou augmenter ses revenus. Le Directeur général adjoint a indiqué que l’ensemble des cadres supérieurs du personnel devaient comprendre la gravité de la situation. Globalement, sur les 379 postes vacants, les secteurs ont classifié 231 postes comme « essentiels », ce qui, pour le DDG, n’est ni envisageable ni tenable.

La Directrice générale a ensuite précisé sa position sur la situation financière de l’UNESCO :

1.     si les secteurs recrutent des postes « essentiels », ils doivent être prêts à abolir d’autres postes en compensation.

2.     si cela n’advient pas, la Directrice générale sera amenée à prendre des décisions radicales.

3.     les secteurs et bureaux hors Siège doivent faire davantage pour augmenter les faibles taux de mise en œuvre à la fois en ce qui concerne le programme ordinaire et le Fonds d’urgence.

4.     il est inacceptable de retourner des fonds extrabudgétaires non dépensés aux Etats membres ayant fait des donations. Tous les secteurs doivent faire en sorte que cela n’arrive pas.

La Directrice générale a donné instructions aux secteurs pour qu’ils s’assurent que les sommes accordées au titre du Fonds d’urgence soient allouées au réseau hors Siège, particulièrement en Afrique. Tous les secteurs doivent travailler ensemble pour accroître la mise en œuvre des activités.

Le Directeur général adjoint a abordé la question de la rationalisation des services, et annoncé que la Directrice générale a décidé la création d’un Bureau administratif consolidé (AO) unique pour les services internes et de soutien au programme au Siège (MSS, BFM, HRM, ERI, BSP, AFR, BFC, GBS, ODG), avec des points focaux pour chaque secteur et bureau. Cette décision libérera sept postes qui pourront être redéployés dans les bureaux hors Siège et occasionnera des économies immédiates pour les opérations du Siège, de l’ordre d’1,9 à 1,5 million de dollars des Etats-Unis par biennium en fonction de la structure finale.

La Directrice générale a invité les Sous-Directeurs généraux à commenter l’état des ressources et du personnel dans leurs secteurs. Les ADG, ou leurs représentants, de tous les secteurs de programme et bureaux ont chacun pris la parole pour répondre et informer le groupe sur leurs situations respectives.

La Directrice générale a rappelé aux ADG de ne pas supprimer de langues en cherchant à faire des économies, et de suivre à la lettre les règles en vigueur s’agissant de la traduction et de l’interprétation.

Préparation du 37 C/4

L’Equipe de direction a ensuite discuté du prochain Plan stratégique à moyen terme (C/4). Les Directeurs des secteurs et des bureaux ont participé à cette session.

La Directrice générale a commencé en indiquant que « Notre prochain C/4 est en préparation. Avec les deux importantes initiatives sur l’éducation et la science pour lesquelles l’UNESCO a assuré un rôle de chef de file, notre Organisation se positionne comme un leader pour les années à venir. Il s’agit de notre mandat principal et c’est la responsabilité que les Etats membres nous ont confiée et que nous prenons très au sérieux ».  Pour la Directrice générale, le prochain C/4 ne doit pas être « l’exercice habituel » et devrait mettre l’accent sur deux thèmes majeurs : une culture de la paix et le développement durable. Le Forum des Dirigeants de la Conférence générale a initié la discussion sur l’élaboration du C/4. Les autres étapes du processus incluent le questionnaire adressé aux Etats membres, qui a reçu un taux sans précédent de 113 réponses, les consultations avec les Commissions nationales, les débats thématiques (trois en 2011, sur les priorités globales, l’Afrique et le genre, et sur la contribution de l’UNESCO aux petits Etats insulaires en développement, PEID ; et deux en 2012, sur la culture de la paix et sur le développement durable), les sessions d’information avec les Délégués permanents et les réunions du Conseil exécutif. A travers ces consultations, les principales composantes programmatiques pour le C/4 à venir deviennent claires et incluent :

  • repositionner l’éducation avec une nouvelle architecture pour l’Education pour tous et l’Initiative spéciale du Secrétaire général sur l’éducation ;
  • rôle de chef de file pour la contribution de la science au développement ;
  • une forte composante « océans », y compris le travail sur les systèmes d’alerte au tsunami ;
  • un accent stratégique plus fort sur les réponses au post-conflit et post-catastrophe (PCPD), y compris une nouvelle architecture pour la Convention de 1970 et la possibilité de développer le PCPD dans une approche différente afin qu’il comprenne à la fois la prévention des conflits/la culture de la paix et la réduction des risques de catastrophe ;
  • leadership dans les domaines de la culture et du développement ;
  • leadership pour la liberté d’expression et la sécurité des journalistes ;
  • repenser les sociétés du savoir afin de les rendre plus transsectorielles ; et
  • développement des deux priorités transversales de l’UNESCO (Afrique et égalité des genres) afin de refléter les nouvelles tendances et se concentrer sur les pays émergents dans le besoin.

Dans l’ensemble de ces domaines, la Directrice générale a insisté sur le fait que l’UNESCO doit travailler plus efficacement et plus étroitement avec les autres Agences, Fonds et Programmes du système onusien.

La Directrice générale a précisé que les mandats et fonctions principaux de l’UNESCO devaient être maintenus mais qu’ils devaient être interprétés différemment.

Le Directeur général adjoint a déclaré que la situation financière actuelle devrait encourager à « sortir des sentiers battus » et a ajouté que la réduction de la pauvreté demeurait un thème à débattre dans le cadre du C/4. Il a vivement incité les cadres supérieurs du personnel à éviter les questions sectorielles isolées et à penser aux avantages comparatifs de l’UNESCO au moment de développer le prochain plan stratégique. Le DDG a résumé les quatre sessions de brainstorming ouvertes qui se sont tenues dans le cadre de la formulation des propositions de la Directrice générale (C/4). Ces sessions ont réaffirmé les objectifs d’ensemble que sont le développement durable, la culture de la paix (entendue au sens large) et la réduction de la pauvreté. D’autres rencontres ont couvert les changements mondiaux (démographie, développement dans les sciences, technologie et innovation, paix et gouvernance et défis environnementaux). Il a été estimé important de prendre en compte ces défis et d’identifier clairement les avantages comparatifs de l’UNESCO en termes de ce que l’Organisation veut faire, comment elle veut le faire, avec qui, pour qui et les résultats probables et l’impact de ses engagements. Des sessions ultérieures se pencheront en détail sur les avantages comparatifs de l’UNESCO et les choix stratégiques qu’il convient d’opérer.

La Directrice générale a demandé que soit élaboré rapidement un inventaire de toutes les activités ayant fait l’objet d’une « clause d’extinction », afin d’y mettre officiellement un terme.

La Directrice générale<a name="_GoBack"></a> a conclu en exhortant l’ensemble des ADG à tenir une réunion avec tout leur staff d’ici la fin de la semaine afin de leur transmettre le message de cette réunion et les informer de l’état du processus de réforme global en cours dans l’Organisation.




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