06.05.2006 -

Conférence annuelle des médias des Caraïbes dans le cadre des célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse (2-3 mai 2006)

La conférence des professionnels des médias et de la communication des Caraïbes organisée les 2-3 mai à la Barbade propose un ensemble de recommandations destinées aux responsables politiques, aux organes médiatiques et aux établissements de formation des journalistes afin de développer la liberté de la presse et l'utilisation des moyens de communication pour soutenir l'intégration régionale et la réduction de la pauvreté.

Les recommandations ont été adoptées mercredi 3 mai lors de la session finale de la 6ème Conférence des médias des Caraïbes, qui s'est tenue dans le cadre des célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse organisée par l'UNESCO avec pour thème cette année : Médias, développement et éradication de la pauvreté. La cérémonie officielle s'est déroulée à Colombo (Sri Lanka).

 

Les célébrations aux Caraïbes étaient organisées par le Bureau multipays de l'UNESCO pour les Caraïbes basé à Kingston (Jamaïque) ; l'Union de radiodiffusion des Caraïbes (CBU) avec le soutien de l'Ecole de commerce de Mona (Université des Indes occidentales, Jamaïque) ; l'Agence de presse des Caraïbes (CANA) ; et la Caribbean Media Corporation (CMC). La manifestation a rassemblé une soixantaine de participants : patrons des médias, responsables, journalistes, radiodiffuseurs, représentants de la CARICOM, directeurs d'établissements de formation des journalistes du CARIMAC, de l'Université des Indes occidentales et du Barbados Community College.

 

La Conférence avait pour thème « Liberté de la presse et développement humain dans les Caraïbes ». Le président de la CBU, M. Vic Fernandes, a ouvert la Conférence le 2 mai par une allocution. La session de travail a été consacrée le matin à la présentation de six contributions sur le thème choisi, et l'après-midi à des ateliers qui ont permis aux participants d'examiner les questions en détail.

 

Sur la question de la liberté de la presse, la Conférence a exhorté les organisations professionnelles des médias à poursuivre les efforts entrepris avec les gouvernements de la région depuis le milieu des années 1990 pour réformer les lois sur la diffamation. La concertation doit se poursuivre au niveau régional, plutôt qu'au niveau national.

 

La Conférence a également convenu que les organisations des médias et les journalistes devaient élaborer des codes de déontologie pour établir des normes dans la pratique du journalisme afin de réduire les risques de publication d'informations à caractère diffamatoire.

 

La Conférence a admis que les lois sur la diffamation en vigueur ne constituaient pas la principale entrave au développement du journalisme d'investigation, qui joue un rôle important pour garantir la responsabilisation des pouvoirs publics. La mauvaise compréhension des lois sur la diffamation, le niveau des reporters et des rédacteurs, ainsi que le manque de ressources ont été identifiés comme constituant les principales entraves à un journalisme d'investigation de qualité.

 

La Conférence a proposé plusieurs stratégies, en particulier la formation et la mutualisation des ressources des différents organes médiatiques pour le traitement des sujets complexes. Ces stratégies devraient contribuer à améliorer la qualité du journalisme d'investigation dans la région.

 

La Conférence a proposé la création d'un prix régional de journalisme d'investigation afin d'inciter les journalistes à s'engager dans cette voie.

 

La Conférence a également recommandé des stratégies pour améliorer le traitement médiatique de l'intégration régionale et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies, en particulier la réduction de la pauvreté, dans la région. Il s'agit notamment de développer des partenariats et des réseaux entre les médias et le secteur du développement.

 

La Conférence a en outre recommandé des stratégies pour encourager les citoyens à tirer parti des possibilités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication, afin de participer plus activement à la gouvernance. Il faut également inciter les médias à utiliser davantage ces technologies dans leur pratique quotidienne.

 

Pour ce faire, la Conférence a recommandé aux médias de se mobiliser pour obtenir la libéralisation complète du secteur des télécommunications et des services à large bande plus nombreux et moins chers. La Conférence a convenu que ces progrès étaient indispensables pour permettre à la grande majorité de la population des Caraïbes de bénéficier de la révolution des TIC.

 

La Conférence a également encouragé les gouvernements de la région à utiliser davantage les technologies pour mieux communiquer avec les citoyens, citant en exemple un premier ministre des Caraïbes qui a mis à la disposition des citoyens une adresse e-mail publique pour leur permettre de lui envoyer leurs commentaires et suggestions.

 

La Conférence a examiné le rôle de la radiotélévision publique pour défendre la liberté de la presse, promouvoir le développement humain et contribuer à lutter contre la pauvreté. La Conférence a souligné le rôle important du service public dans un environnement médiatique régional dominé par le secteur privé.

 

La Conférence a recommandé aux gouvernements de la région d'envisager l'harmonisation des politiques et du cadre juridique et réglementaire pour permettre le développement d'une radiotélévision publique indépendante de tout contrôle politique direct. Il faut veiller à ne pas confondre la radiotélévision publique avec une radiotélévision gouvernementale.

 

La Conférence a recommandé aux gouvernements de mettre en place des incitations fiscales et économiques pour encourager les médias privés à produire des programmes de type service public. La Conférence a en outre suggéré des mesures réglementaires pour veiller à ce qu'une partie des revenus engendrés par l'essor du secteur du câble soit destinée à la production de programmes sur la culture et le développement.

 

La Conférence a recommandé aux gouvernements de prendre des mesures réglementaires pour contrôler la diffusion sur le câble de programmes nocifs, notamment pour les enfants.

 

La Conférence annuelle des médias des Caraïbes avait été lancée en 1998 à la Jamaïque. Les années suivantes elle s'était tenue à Trinité-et-Tobago, au Guyana, à la Grenade et à Antigua, qui avait accueilli la 5ème Conférence en 2002.

 

Maintenant que la Conférence a été relancée, il est prévu de la reconduire tous les ans car il s'agit du seul forum régional qui rassemble les professionnels de la presse écrite, de la radiotélévision et des nouveaux médias numériques. Ce forum permet de débattre des politiques et des problèmes qui touchent les médias et leur capacité à remplir les obligations qu'ils ont envers les populations des Caraïbes.

 

Des consultations entre toutes les parties prenantes auront lieu dans les mois à venir. Elles permettront d'examiner le suivi des recommandations de la Conférence de la Barbade et de déterminer une date et un lieu pour l'organisation de la 7ème Conférence annuelle des médias des Caraïbes en 2007.




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