02.05.2013 - ODG

La Directrice générale de l’UNESCO exprime sa vive inquiétude devant la montée des violences en République Centrafricaine, au cœur du site Tri National de la Sangha

© Andrea TurkaloJeunes éléphants - Trinational de la Sangha

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé sa vive inquiétude face à la montée des violences armées, du braconnage et des destructions perpétrées dans le Parc national de Dzanga-Sangha, en République Centrafricaine. Le site fait partie du Tri National de la Sangha, site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012 et situé dans le nord-ouest du bassin du Congo, au point de rencontre entre le Cameroun, le Congo et la République Centrafricaine.

Des attaques répétées ont été perpétrées par des hommes en uniformes en avril 2013 aux alentours du Parc National de Dzanga-Sangha, situé au cœur du Tri-National de la Sangha (TNS) en République Centrafricaine. Les bâtiments de l’administration de l’Aire protégée ont fait l’objet d’assauts violents ayant entrainé d’importantes destructions ainsi que des pillages des équipements.

La Directrice générale a exprimé sa préoccupation devant la dégradation de la situation sécuritaire, la recrudescence du braconnage et les massacres d’éléphants qui sévissent autour du bien du patrimoine mondial. Irina Bokova a transmis un message au Premier Ministre de la République Centrafricaine, lui demandant de prendre toutes les mesures urgentes pour assurer la protection du parc et la sécurité de ses populations.

« Après les évènements tragiques à la Réserve d’Okapis en République démocratique du Congo et au Mali en 2012, c’est un nouveau site de patrimoine mondial en Afrique qui risque d’être affecté par les conflits. Je demande aux autorités centrafricaines d’agir rapidement et de faire tout leur possible pour rétablir l’ordre dans la région afin de d’assurer la  conservation de l’Aire protégée de Dzanga-Sangha. Je demande aux autorités de la République du Congo et de la République du Cameroun, pays qui partagent ce site du patrimoine mondial, de porter ce message aux autorités à Bangui  et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des Parcs nationaux de Nouabalé-Ndoki et de Lobéké face à cette nouvelle menace ».

Situées dans le Sud-Ouest de la République Centrafricaine, les Aires protégées de Dzanga-Sangha (APDS) font partie du site du Tri-National de la Sangha (TNS), incluant les parcs nationaux de Lobéké (au Cameroun) et de Nouabalé-Ndoki (au Congo). Le gorille de plaine et l’éléphant de forêt sont deux des espèces phares vivant à l’intérieur du parc. L’UNESCO appuie depuis près de dix ans le site du TNS grâce à des financements de la Fondation des Nations-Unies, du Fonds Français pour l’Environnement mondial et de la Commission Européenne.

En outre, la Directrice générale s’alarme de la recrudescence du braconnage d’éléphants qui sévit sur le continent africain. Environ 30 000 éléphants seraient abattus chaque année en Afrique.

Les biens du patrimoine mondial d’Afrique Centrale sont également menacés par le braconnage. De nombreux sites font état d’une baisse importante de leurs populations d’éléphants et d’autres grands mammifères. A ce jour, la population d’éléphants de forêts du TNS reste l’une des plus protégée de l’Afrique Centrale. Toutefois, les experts craignent  que des groupes organisés de braconniers profitent de la situation politique actuelle pour étendre leurs activités dans cette région.




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