05.09.2012 - ODG

La Directrice générale au forum économique de Krynica (Pologne)

© UNESCO/Matthieu Guevel -UNESCO Director-General Irina Bokova speaking at the 22nd Economic Forum held in Krynica-Poland, with Berbadette Segol, Secretary General of the European Trade Union Confederation and Janusz Lewandowski, budget and financial programming commissioner - European Commission, September 2012

© UNESCO/Matthieu Guevel -UNESCO Director-General Irina Bokova met the President of Poland Mr. Bronislaw Komorowski on the sidelines of the 22nd Economic Forum, September 2012.

Le forum économique de Krynica (Pologne) s’est ouvert mardi 4 septembre sur le thème des solutions à trouver pour sortir de la crise en Europe et dans le monde. La Directrice générale de l’UNESCO participait au débat général d’ouverture du forum, en présence du Président de la Pologne et du Président de la Croatie.

Le Président de la Pologne M. Bronislav Komorowski a rappelé le sens et l’importance du projet européen, qui reste un modèle attractif pour des millions de personnes dans le monde. « La volonté de nombreux peuples à rejoindre l’Union Européenne, ou à établir des rapports de coopération avec elle doit nous donner confiance en nos propres atouts pour surmonter la crise ». « La crise actuelle est un test de notre attachement au projet européen, et un appel à redoubler d’efforts pour conserver notre niveau de développement » a-t-il ajouté, rappelant l’expérience et les sacrifices consentis par les pays de l’Europe de l’Est à cet égard.

Le débat général a mis en valeur l’importance du facteur humain dans le déclanchement et la résorption des crises : « la première force de l’Europe, ce sont les citoyens » a ainsi déclaré le Président de la Croatie et Bernadette Segol, Secrétaire générale de la confédération européenne des syndicats, a plaidé pour un nouveau modèle de solidarité et de protection en Europe, comme une des sources de rayonnement du continent : « pour les 25 millions de chômeurs en Europe, nous n’avons pas seulement besoin d’une vision, nous avons besoin d’une action concrète. »

La Directrice générale Irina Bokova est intervenue pour rappeler le rôle de la formation, de l’éducation de qualité et du capital intellectuel pour la gestion des crises. Dans une économie mondiale de plus en plus dominée par la connaissance et l’accès au savoir, l’amélioration de la qualité de l’éducation publique est un enjeu vital de prospérité et d’inclusion sociale. Plusieurs données convergentes soulignent à quel point les pays qui se sont développé le plus rapidement sont ceux qui ont su investir dans l’éducation et la santé a rappelé la Directrice générale, citant l’expérience de la Corée du Sud. Revenant sur l’histoire du projet européen, elle a notamment souligné que les principaux facteurs de développement ne sont plus le charbon et l’acier comme au temps des pères de l’Europe, mais le capital social et intellectuel.

« La conférence de Rio + 20 a montré la nécessité de mieux intégrer les trois dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable. L’une des solutions consiste à investir davantage dans la qualité de l’éducation, dans les sciences, la recherche et le développement ». S’appuyant sur les derniers chiffres du rapport mondial de l’UNESCO sur la science, la Directrice générale est revenue sur les mutations du paysage mondial de l’investissement scientifique. La part de l’investissement en recherche et développement par rapport à la richesse mondiale a augmenté de 1,70% en 2002 à 1,77% en 2009. Plus significatif encore, cette croissance s’est accélérée au cours des deux dernières années malgré la crise financière. « Le monde investit dans la science, avec la conviction que cet investissement détient la clé de l’avenir ». Pourtant l’Europe – qui représente encore près du quart des investissements mondiaux en R&D – ne participe pas suffisamment à cette croissance, qui se fait majoritairement an Asie et en Chine, dont la part des investissements scientifiques dans le monde est passé de 5% à 9% au cours de la même période.

« Nous devons apprendre à voir les opportunités devant nous : une nouvelle économie est en train d’émerger », qui met davantage l’accent sur les industries créatives et le secteur culturel. Nous vivons dans des sociétés de plus en plus diverses, multiculturelles et ce sujet était au cœur du Forum urbain de Naples le 3 septembre. « L’Europe doit porter un œil neuf sur le multiculturalisme » a-t-elle souligné. « Nous devons apprendre à utiliser la diversité comme force de cohésion et d’innovation, au lieu d’y voir une faiblesse ou une source de division », mettant en avant le rôle de l’UNESCO pour mobiliser ce potentiel, et convaincre les gouvernements qu’il y a là des réponses à la crise économique et sociale actuelle.

La Directrice générale s'est également entretenue avec le Président polonais, M. Komorowski, en marge de la séance plénière. Le Président lui a notamment fait part du soutien de la Pologne à son action énergique pour la réforme et la visibilité de l'UNESCO, soulignant l'excellente coopération avec la Pologne et l'importance du forum économique pour l'ensemble de la région.




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