18.11.2014 - Natural Sciences Sector

Le 2eme Forum ministériel sur les STI en Afrique s’est achevé par la Déclaration de Rabat

Signature des ministres de la Déclaration de Rabat, © UNESCO/Sarah Colautti

Le deuxième Forum ministériel sur la science, la technologie et l’innovation en Afrique s’est achevé le 17 octobre par la signature de la Déclaration de Rabat. Signée par plus de 20 ministres en charge des sciences et technologie et/ou leurs représentants, la Déclaration de Rabat renforce l’engagement politique pour promouvoir et développer les STI en Afrique. Cette nouvelle Déclaration, faisant suite à la Déclaration de Nairobi, signée en 2012, place les STI au cœur des dynamiques du développement en Afrique et des plans d’action nationaux et régionaux.

La Déclaration de Rabat engage à poursuivre les actions suivantes:

  • Harmoniser les politiques, lois, stratégies, programmes et plans d'action de STI en vue d'accélérer les progrès vers l'économie du savoir dans une optique d'intégration régionale accrue ;
  • Intensifier, mieux orienter et canaliser la recherche appliquée en réponse aux problèmes concrets auxquels sont confrontées nos sociétés;
  • Consolider les liens entre la production de connaissances et le développement de l'entreprise, de la communauté, et encourager les jeunes notamment les filles à davantage s'orienter vers les filières scientifiques et technologiques ;
  • Renforcer l'enseignement des matières scientifiques et des mathématiques tout en adoptant de nouvelles approches interactives et flexibles utilisant de manière innovante les nouvelles technologies ; et renforcer les réseaux interuniversitaires en sciences et technologies ;
  • Développer l'enseignement supérieur et la recherche, faciliter la mobilité des chercheurs ainsi que la mise en réseau d'universités africaines en politique STI, R&D et innovation ;
  • Renforcer le rôle catalyseur des investissements publics afin de drainer les investissements privés, à travers les Partenariats Publics Privés, vers le développement des STI en Afrique ;
  • Favoriser les initiatives privées et l'entreprenariat afin d'accélérer la croissance inclusive et durable et la création d'emplois au profit des jeunes.

Plus de 300 participants ont assisté à ce deuxième Forum ministériel. Durant trois jours des intervenants et partenaires clé en STI ont présenté et analysé l’état actuel et les enjeux futurs des STI en Afrique. Plus de 20 ministres et/ou leurs représentants venant des pays comme l’Ouganda, Malawi, Niger, Kenya, Gambie, Tanzanie, Bénin, Sénégal, Côte d'Ivoire, Togo, Mauritanie, Burundi, République du Congo, Burkina Faso, Swaziland, Sao Tomé et Principe, Madagascar, Gabon, Egypte, Maroc, et Rwanda, ont également pris part aux sessions. Le Forum a réuni également des universitaires, des experts en STI, la diaspora, de jeunes entrepreneurs, des chercheurs et innovateurs, des partenaires de développement, des représentants d’Organisations non gouvernementales et des représentants du secteur privé et de la société civile.

Le contexte du Forum a été marqué par la préparation de l’Agenda post-2015 et il a permis d’avancer le dialogue sur les STI. Les participants ont partagé leurs expériences et identifié les obstacles et les défis qui freinent le développement des STI sur le continent. Les intervenants et experts ont insisté sur le besoin d’améliorer l’accès à un enseignement supérieur de bonne qualité et la gestion commune des ressources des institutions. Les intervenants ont également évoqué le besoin de travailler en synergie et de renforcer le lien entre l'enseignement supérieur et l’industrie. La mobilité des chercheurs était un autre point soulevé, ainsi que l’implication des jeunes chercheurs en tant que partenaires clé dans le processus de développement. La promotion de réseaux, le partage des idées, et la coopération dans le domaine des STI entre les pays sont parmi les principaux défis identifiés par les experts, ainsi que la nécessité de bâtir de nouvelles collaborations et partenariats stratégiques, notamment Sud-Sud et Nord-Sud.

Des sessions plénières et ateliers de travail ont eu lieu pendant deux jours (15-16 octobre) portant principalement sur des questions d’innovation et de meilleures pratiques dans des secteurs clés tels que la gestion des ressources en eau, l’énergie, la santé et l’agriculture. L’accent a été mis également sur l’éducation, la jeunesse, l’entreprenariat des jeunes, le rôle des femmes en STI. D’autres sujets comme l’application des TIC pour améliorer l’efficacité du développement, le développement des compétences (particulièrement en STEM), la création d’emplois, et la promotion de nouveaux partenariats stratégiques en STI ont également été débattus.

Le forum s’est terminé par une journée de tables rondes ministérielles (17 octobre) avec la participation des ministres en charge de l’enseignement supérieur, des sciences et des technologies, et des experts en sciences. Les discussions ont porté sur la nécessité d’engager les décideurs politiques dans un débat continue et systématique avec les principaux acteurs des STI pour améliorer la gouvernance des systèmes STI et dessiner une vision collective des STI en Afrique.

Renforcement des partenariats avec l’UNESCO

Le Forum a été l’occasion pour l’UNESCO de renforcer ses partenariats stratégiques avec la Commission de l’Union Africaine (CUA), la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale et l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA).

Un des projets discutés est la création d’un hub africain en STI qui sera une plateforme virtuelle de mise en relation des acteurs internationaux en STI, d’encourager des exchanges de bonnes pratiques pour le développement des STI, ainsi que de faciliter le partage de connaissances entre décideurs politiques, chercheurs, scientifiques, innovateurs et éducateurs.

L’UNESCO a également rassemblé des partenaires pour mettre en œuvre le projet de création de réseaux universitaires pour le renforcement des capacités en politiques et gouvernance en STI. Ce projet sera une collaboration entre l’UNESCO, l’Université panafricaine, l’Institut africain Nelson Mandela pour les sciences et technologies (NM-AIST) en Tanzanie, l’Université de Tunis et la Global Knowledge Initiative (GKI), avec le soutien de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), et l’Organisation internationale de la Francophonie ( OIF).

L’UNESCO a rappelé lors du Forum l’importance des STI pour le renforcement des capacités en Afrique, et leur rôle essential pour générer de nouvelles connaissances, de la croissance économique, et un développement durable. L’UNESCO a lancé un appel pour construire un système solide de STI en Afrique qui intègre les STI au cœur des stratégies de développement national. L’UNESCO a lancé un appel pour former une Alliance globale pour le développement des STI en Afrique tout en confirmant son soutien à la mise en œuvre de la Stratégie décennale de l’Union africaine pour la science, la technologie et l’innovation pour l’Afrique 2024 (STISA-2024), adoptée par les Chefs d’Etat africains et les gouvernements en juin 2014. Cette stratégie, qui s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’UA, vise à accélérer la transition de l’Afrique vers une économie d’innovation et de la connaissance.

Pour plus de renseignements sur le Forum, veuillez consulter le site web du 2eme Forum : http://www.2ndstiforum.org

Pour plus de renseignements, veuillez contacter: Sonia Bahri (s.bahri(at)unesco.org) ou la Section de la politique scientifique et des partenariats (sc.stp(at)unesco.org)

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