10.08.2012 -

Un nouveau départ pour d’anciens soldats rwandais

© REMA Demobilized soldiers, many of them women, were trained in the framework of the reforestation project, Rwanda.

Des milliers de rwandais du district de Rubavu sont devenus des sans-abri ces dernières années, à la suite d’inondations et de glissements de terrains dus à des pluies anormalement abondantes. En mars de cette année, Noeline Raondry Rakotoarisoa du Programme l’Homme et la biosphère de l’UNESCO s’est rendue dans la province occidentale du Rwanda afin de constater de visu où en était la réhabilitation de l’une des zones les plus touchées, le mont Rubavu. Quinze mois auparavant, l’UNESCO avait financé un cours de plantation d’arbres à l’intention de 70 soldats démobilisés, dont un grand nombre de femmes, dans le cadre du programme Une seule ONU.

Le mont Rubavu se trouve à Gisenyi, ville de plus de 100 000 habitants qui partage avec la République démocratique du Congo le lac le plus élevé d’Afrique, le lac Kivu. Le versant était autrefois couvert d’une riche végétation mais, au fil du temps, les arbres ont été coupés pour faire place à l’urbanisation et à une agriculture de subsistance. Quand des pluies torrentielles s’abattirent en avril 2010, rien ne retenait les sols. Le glissement de terrain qui s’ensuivit balaya les maisons et avec elles les moyens de subsistance de 1 184 familles.

Le gouvernement lança alors un programme de relogement pour les sans-abri. Comme le mont Rubavu était désormais considéré trop instable pour le développement urbain, il fut décidé de reboiser son versant et d’en faire un parc de loisirs.

En décembre 2010, l’UNESCO a financé un stage de formation de cinq jours pour la population. « Bien que la plupart des habitants du district soient de petits paysans », explique Mme Raondry Rakotoarisoa, « nous avons délibérément privilégié les soldats démobilisés afin de leur donner des qualifications monnayables sur le marché ». Le stage a été organisé par l’Office rwandais d’aménagement de l’environnement (REMA), qui surveille également la remise en état du site.

Les stagiaires ont découvert l’intérêt de niveler les pentes abruptes pour y aménager des terrasses planes afin que la pluie y pénètre au lieu de s’écouler en surface. Les anciens soldats ont appris à planter un bambou endémique, qui s’ancre solidement dans les sols et pousse si vite qu’il peut coloniser un versant de montagne en quelques mois. Des variétés d’arbres d’ornement tels que le jacaranda ont également été plantées sur les terrasses pour donner de l’ombre, ainsi que des palmiers et des arbres fruitiers comme le papayer. Les stagiaires ont en outre appris à border les terrasses en réutilisant les pierres des maisons démolies (voir photo).
L’élément théorique du stage comportait un enseignement sur la manière de tenir un petit commerce. Les participants ont appris à créer et gérer des pépinières d’arbres. Ils ont été formés à s’organiser en coopératives et à répondre aux appels d’offres émis par le REMA pour la fourniture au district de jeunes plants.

« En visitant le mont Rubavu en mars de cette année », dit Mme Raondry Rakotoarisoa, « j’ai été satisfaite de constater les progrès de la réhabilitation. Je ne me suis pas contentée de rencontrer les stagiaires, j’ai également rencontré les bénéficiaires indirects, ceux qui sont employés par le district depuis l’année dernière pour planter l’herbe Kikuyu (Pennisetum clandestinum) et reboiser la zone. Cette herbe est idéale pour réhabiliter les sols, car elle est riche en nutriments. En outre, le gazon tendre qu’elle produit peut, une fois tondu, être donné au bétail ».

Le projet fait partie du plan général du REMA de sensibilisation à l’environnement et de création de liens avec la population. La réhabilitation du mont Rubavu devrait stimuler l’économie en devenant une seconde attraction touristique, en plus du lac Kivu.




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