14.06.2016 - ODG

La Directrice générale de l’UNESCO et la Présidente de la CPI contre l’impunité des destructions délibérées du patrimoine

A l’occasion d’une visite officielle à la Cour Pénale Internationale, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a organisé une rencontre bilatérale avec la présidente Mme Silvia Fernandez de Gurmendi et le procureur adjoint James Stewart, pour rechercher des modalités de renforcement de la coopération sur la protection du patrimoine culturel et la lutte contre l’impunité des crimes de guerre.

« L’UNESCO et la CPI ont parcouru un long chemin ensemble, pour renforcer le rôle de la loi et pour transformer les mentalités à propos de la destruction du patrimoine culturel, et nous sommes déterminés à aller plus loin, pour mettre fin à l’impunité de la destruction délibérée du patrimoine culturel » a affirmé Irina Bokova. 

« Le cas du Mali est important. Il montre que les attaques contre le patrimoine culturel dans les zones de conflit peuvent faire l’objet  d'enquêtes et de poursuites efficaces par le biais de mécanismes judiciaires », a ajouté la Présidente Silvia Fernadez de Gurmendi 

Immédiatement après les attaques délibérées contre le peuple et le patrimoine du Mali, l’UNESCO a attiré l’attention de la Cour sur la question de la destruction des Mausolées. Le 1 juillet 2012, Mme Fatou Bensouda, procureur de la CPI, a considéré cette destruction comme un crime de guerre d’après le Statut de Rome et lancé un examen préliminaire sur les violences qui ont assailli le pays depuis janvier 2012. Le premier suspect, Mr. Ahmed al-Faqi al-Mahdi, a été transféré à La Haye par les autorités du Mali et du Niger le 26 septembre 2015. 

Le cas du Mali est un précédent historique dans la lutte contre l’impunité, il reconnaît le rétablissement de la justice et le rôle de la loi comme des facteurs essentiels du processus de reconstruction. Il servira de jurisprudence pour les cas similaires à l’avenir, et c’est la raison pour laquelle il est vital que tous les aspects du procès soient traités avec beaucoup de soin et de sens de la justice. 

C’est dans cet esprit que l’UNESCO et la CPI partagent leurs expertises et leurs informations à propos de l’importance de ces sites, de la justification de leur inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial et de la raison pour laquelle leur destruction délibérée doit être considérée comme un crime de guerre. 

“La destruction de la culture fait partie intégrante d’une stratégie plus globale de haine, et la lutte contre l’impunité et pour le respect de la loi doit s’inscrire dans une vision plus large pour la paix » a affirmé la Directrice générale. Cela demande une coordination plus dense entre tous les partenaires qui travaillent dans différents domaines et entre les champs sécuritaires, humanitaires et culturels. La coopération entre l’UNESCO et la CPI joue un rôle primordial à cet égard. 




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