02.05.2014 - UNESCO Office in Dakar

Le Projet d’alphabétisation de l’UNESCO au Sénégal inspire d’autres pays africains.

Des jeunes filles au Sénégal désireuses d'apprendre au moyen de l'ordinateur ©UNESCO/Always

Le Projet d’alphabétisation de l’UNESCO pour les filles et les femmes au Sénégal (PAJEF) est devenu attrayant. Ses méthodes et approches pédagogiques innovantes ont attiré l’attention d’autres pays qui luttent contre les taux élevés d’analphabétisme. Cette semaine (30 avril- 2 mai 2014), 14 décideurs et spécialistes de l’éducation arrivent à Dakar, la capitale sénégalaise pour s'inspirer de l’expérience du PAJEF.

Le mois dernier, une délégation en provenance de la Gambie a effectué une visite d’étude qui a suscité l’intérêt d’un certain nombre de pays, entre autres, le Pakistan et la Namibie.

Le Projet d'alphabétisation PAJEF a mis en œuvre avec succès des cours d’alphabétisation à travers les téléphones portables, les ordinateurs, l’internet et la télévision, combinés avec la formation professionnelle qui se sont avérés efficaces pour les femmes analphabètes cibles. Il s’agit d’un partenariat entre le Gouvernement du Sénégal, l’UNESCO et la Multinationale Procter & Gamble.

Lancé en janvier 2012, le projet vise à améliorer, au Sénégal, l’accès à l’éducation de 40000 jeunes filles et femmes néo-analphabètes et analphabètes âgées de 15 à 55 ans, avant la fin du projet en juin 2014. Sur la base du succès du projet au Sénégal, un projet d’alphabétisation similaire a été lancé au Nigéria en mars 2014.

Coopération Sud-Sud

Le projet du Nigéria vise à accélérer et à soutenir les efforts nationaux pour atteindre l'objectif d'éducation pour tous. Le but est d’en faire bénéficier 60 000 jeunes filles et femmes dans le territoire de la capitale fédérale et les états riverains dans les trois prochaines années.

La délégation nigériane visitera les classes d’alphabétisation et de tutorat où les capacités des jeunes filles en alphabétisation sont renforcées à travers la formation professionnelle. La délégation visitera également une classe virtuelle où les jeunes filles et femmes utilisent des moyens d’apprentissage par des applications accessibles via les téléphones portables et les ordinateurs.

Les délégués se familiariseront également avec le tableau digital appelé "Sankoré Kit", qui a été installé dans toutes les salles de classes utilisées par le projet PAJEF depuis la fin de l’année 2013. De plus, la délégation aura l’occasion de découvrir la structure de la radio et de la télévision scolaire au sein du Ministère de l’Education. L’émission de la télévision nationale, diffusée dans la matinée, « Diek ak keureum » et qui est un programme d’alphabétisation et compétences en TIC pour les femmes, sera aussi présentée à la délégation.

Alphabétisation à travers les téléphones portables

L’efficacité de l’utilisation des téléphones portables pour promouvoir l’alphabétisation des femmes se trouve dans "Lire à l'ère du mobile", une étude que l’UNESCO vient juste de publier. Le rapport a montré que, dans les pays où le taux d’analphabètes est élevé, les populations lisent les livres et les histoires à travers les appareils à petit écran. Cela montre le potentiel pour l’apprentissage mobile même dans les régions les plus éloignées et pauvres.

Le défi est de taille. Le nombre d’adultes analphabètes en Afrique a augmenté de 37% depuis 1990, principalement en raison de l’accroissement de la population, selon le Rapport mondial de suivi de l'Education pour tous 2013/2014, Il est projeté dans le futur, que 26% de tous les adultes analphabètes viendront de l’Afrique subsaharienne, un pourcentage de15% de plus qu’en 1990.

Les taux d’alphabétisation des adultes sont inférieurs à 50% au Bénin, au Burkina Faso, au Tchad, en Ethiopie, en Guinée, au Mali, au Niger, au Sénégal, en Sierra Leone et en Gambie. La majorité de ces analphabètes sont des femmes, ce qui va créer encore une fois, un effet négatif pour leurs enfants.

La scolarisation apporte des changements dans la vie de tous les jours

Les jeunes filles et femmes scolarisées sont plus susceptibles de connaître leurs droits et d’avoir la confiance de les revendiquer. La Directrice générale de l’UNESCO, Madame Irina Bokova, dans son allocution a renforcé cet argument en disant « La scolarisation des filles est un facteur de développement et l’une des plus puissantes forces de transformation dont nous disposons pour construire la paix et l’inclusion sociale ».

En 2011, l’UNESCO a lancé "Une vie meilleure, un avenir meilleur", un partenariat mondial pour la scolarisation des jeunes filles et des femmes qui porte sur deux principaux domaines nécessitant plus d’attention à savoir l’enseignement secondaire et l’alphabétisation des adultes. Il introduit des programmes visant à endiguer l’abandon de l’école par les adolescentes dans la transition du primaire au secondaire et dans l’enseignement moyen secondaire et en même temps, se concentre sur l’intensification des programmes d’alphabétisation des femmes à travers un plaidoyer fort et des partenariats.




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