01.08.2010 - UNESCOPRESS

Le Comité du patrimoine mondial inscrit cinq nouveaux sites culturels sur la Liste du patrimoine mondial et approuve deux extensions de biens existants

Ville minière de Røros et la Circonférence (Norvège) - ©UNESCO/Jiri Havran

La cité impériale de Thang Long à Hanoï (Vietnam) devient le 900e site sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO

 

Le Comité du patrimoine mondial, dont la 34e session se tient actuellement à Brasilia, a inscrit de nouveaux sites culturels au Viet Nam, en Chine, au Tadjikistan, en France et aux Pays-Bas sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a également approuvé l’extension de deux sites culturels en Allemagne et en Norvège.

Les derniers sites inscrits sont (par ordre d’inscription) :

La cité impériale de Thang Long-Hanoi (Viet Nam)  

La cité impériale de Thang Long est le 900e site à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Edifiée au XIe siècle par la dynastie Viêt des Ly, elle concrétise l’indépendance du Dai Viêt. Elle a été construite sur les vestiges d’une citadelle chinoise remontant au 7e siècle, dans les terrains drainés du delta du fleuve Rouge à Hanoï. Elle fut le lieu du pouvoir politique régional de manière continue pendant près de treize siècles. Les édifices de la cité impériale et les vestiges de la zone archéologique 18 Hoang Diêu expriment une culture originale du Sud-Est asiatique propre à la basse vallée du fleuve Rouge, à l’intersection des influences venues de la Chine, au nord, et de l’ancien royaume du Champa au sud.

Monuments historiques de Dengfeng, au « centre du ciel et de la terre »  (Chine)

Songshang est considéré comme le mont sacré central de la Chine. Au pied de cette montagne haute de 1500 mètres, à proximité de la ville de Dengfeng, dans la province du Henan, s’étendent sur 40 kilomètres carrés huit ensembles d’édifices, qui comprennent notamment trois portes Que Han -vestiges des plus anciens édifices religieux d’Etat chinois-, des temples, la plateforme du cadran solaire de Zhougong et l’observatoire de Dengfeng. Edifiées tout au long de neuf dynasties, ces constructions reflètent de différentes manières la perception du centre du ciel et de la terre et le pouvoir de la montagne comme centre de dévotion religieuse. Les monuments historiques de Dengfeng figurent parmi les meilleurs exemples de bâtiments anciens voués à des activités rituelles, scientifiques, technologiques et éducatives.

Sarazm (Tadjikistan)

Sarazm, qui signifie « le commencement de la terre », est un site archéologique qui témoigne de peuplements humains sédentaires en Asie centrale, du IVe millénaire avant J.-C. à la fin du 3e millénaire avant J.-C. Les vestiges montrent l’essor d’un proto-urbanisme précoce dans cette région. Ce centre de peuplement, parmi les plus anciens d’Asie centrale, est situé entre une zone montagneuse propice à l’élevage du bétail par des bergers nomades et une grande vallée favorable au développement de l’agriculture et de l’irrigation par les premières populations sédentarisées de la région. Sarazm démontre aussi l’existence d’échanges matériels et culturels et des liaisons marchandes entre les steppes de l’Asie centrale, le Turkménistan, le plateau iranien, la vallée de l’Indus et jusqu’à l’océan Indien.

Cité épiscopale d’Albi (France)

Située en bordure du Tarn, la vieille ville d’Albi, dans le sud-ouest de la France, reflète l’épanouissement d’un ensemble architectural et urbain médiéval dont témoignent aujourd’hui encore Le Pont-Vieux, le bourg  de Saint-Salvi et son église (10e-11e siècle). Au 13e siècle, la ville devint une puissante cité épiscopale au lendemain de la croisade des Albigeois contre les Cathares. D’un style gothique méridional original à base de briques aux tons rouge et orangé fabriquées localement, la cathédrale fortifiée qui domine la ville (XIIIe siècle) illustre la puissance retrouvée du clergé romain. Elle est complétée par le vaste palais épiscopal de la Berbie qui surplombe la rivière et est cernée par des quartiers d’habitations datant du Moyen Age. La cité épiscopale d’Albi forme un ensemble de monuments et de quartiers cohérent et homogène qui n’a pas subi de changements majeurs au fil des siècles.

Zone des canaux concentriques du 17e siècle à l’intérieur du Singelgracht à Amsterdam (Pays-Bas)

L’ensemble urbain historique du quartier des canaux à Amsterdam est le projet d’une nouvelle « ville-port » construite à la fin du 16e siècle et au 17e siècle. Il s’agit d’un réseau de canaux à l’ouest et au sud du bourg historique et du bourg médiéval qui enserre la vieille cité et qui accompagna le déplacement des limites fortifiées de la ville vers l’intérieur des terres, le Singelgracht. Ce programme de longue durée consistait à étendre la ville en drainant les terres marécageuses par des canaux en arcs concentriques et à remblayer les espaces intermédiaires. Ces espaces ont permis l’épanouissement d’un ensemble urbain homogène constitué de maisons à pignons et de nombreux monuments. Cette extension urbaine a été la plus grande et la plus homogène de son temps. Ce site présente un exemple de planification urbaine de grande échelle qui servi de modèle de référence dans le monde entier jusqu’au 19e siècle.  

Système hydraulique du Haut-Harz (Allemagne) (extension des Mines de Rammelsberg et la ville historique de Golsar)

Le système de gestion hydraulique minier du Haut-Harz, au sud des mines de Rammelsberg et de la ville de Golsar, accompagne l’exploitation de minerais pour la production de métaux non ferreux, depuis près de 800 ans. Il a été entrepris au Moyen Age par les moines cisterciens et il s’est développé massivement de la fin du 16e au 19e siècle. Il offre un système très complexe mais parfaitement cogèrent d’étangs artificiels, de petits canaux, de tunnels et de drains souterrains. Il a permis le développement de l’énergie hydraulique au profit de la mine et des procédés métallurgiques. C’est un lieu majeur de l’innovation minière dans le monde occidental.  

Ville minière de Røros et la Circonférence (Norvège) (extension de « Ville minière de Røros »)

L’histoire de la ville de Røros est liée à l’exploitation des mines de cuivre découvertes au 17e siècle et exploitées jusqu’en 1977. Entièrement reconstruite après sa destruction par les troupes suédoises en 1679, elle possède environ 2.000 maisons en bois à un ou deux étages et une fonderie. Nombre d’entre elles ont conservé leurs façades en bois noirci qui donnent à la ville un aspect médiéval. Elle a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1980. Le bien est étendu à une série de sites englobant la ville ainsi que ses paysages culturels industriels et ruraux ; Femundsytta, une fonderie avec sa zone associée et la route de transport d’hiver. Entouré d’une zone tampon coïncidant avec la zone de privilèges (la Circonférence) accordés à l’entreprise minière par la couronne dano-norvégienne (1646), le bien illustre l’établissement d’une culture fondée sur l’extraction minière du cuivre dans une région isolée.  

Ces sites s’ajoutent aux dix biens culturels et mites inscrits au cours de cette session du Comité au Sri Lanka, aux Etats-Unis, en Tanzanie, en Arabie saoudite, en Australie, en Inde, deux en République islamique d’Iran, dans les Iles Marshall et en République de Corée.  

La 34e session du Comité du patrimoine mondial se tient sous la présidence du ministre de la Culture du Brésil, João Luiz Silva Ferreira. Ouverte le 25 juillet, elle se poursuit jusqu’au 3 août. Au total, 39 sites sont candidats à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

 

Contact médias à Brasilia :

Sue Williams. Tel : +33 (0) 6  15 92 93 62. S.williams(at)unesco.org

Pour les médias audiovisuels :

Carole Darmouni. Tel : +33 1 45 68 17 38.  c.darmouni(at)unesco.org

 

 

 




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