01.08.2010 - UNESCOPRESS

Le Comité du patrimoine mondial inscrit sept sites culturels sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO

Ensemble du bazar historique de Tabriz (République islamique d’Iran) - © UNESCO/Iran Images/M. Tajik

Le Comité du patrimoine mondial, dont la 34e session se tient actuellement à Brasilia, a inscrit des sites en Arabie saoudite, en Australie, en Inde, dans la République islamique d’Iran et, pour la première fois, dans les Iles Marshall et en République de Corée sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les derniers sites inscrits sont (par ordre d’inscription) :

At-Turaif à ad-Dir’iyah (Arabie saoudite)

Ce site fut la première capitale de la dynastie saoudienne, dans le centre de la péninsule arabique, au nord-ouest de Ryad. Fondée au 15e siècle, elle témoigne du style architectural Nadji, propre au cœur de la péninsule arabique. Au 15e et au début du 19e siècle, son rôle politique et religieux s’est accru et la citadelle d’at-Turaif est devenue le centre du pouvoir temporel des Saoud et de la diffusion de la réforme wahhabite au sein de la religion musulmane. Le bien comprend des vestiges de nombreux palais et d’un ensemble urbain érigé en bordure de l’oasis ad-Dir’iyah.

Sites de bagnes australiens (Australie)

Le site comprend une sélection de onze colonies pénitentiaires, parmi les milliers qu’établit l’Empire britannique en Australie aux 18e et 19e siècles. Elles sont situées sur le pourtour maritime fertile, dont les Aborigènes furent chassés, principalement autour de Sydney et dans l’île de Tasmanie, mais aussi dans l’île Norfolk et à Fremantle. Ces bagnes  accueillirent des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, condamnés par la justice britannique. Chacun des sites avait une vocation propre, qu’il s’agisse d’enfermement punitif ou de rééducation par le travail forcé au service du projet colonial. Le bien présente les meilleurs exemples survivants de la déportation de criminels à grande échelle et de l’expansion colonisatrice des puissances européennes par la présence et le travail des bagnards.

Jantar Mantar (Inde)

Le Jantar Mantar de Jaipur est un site d’observation astronomique construit au début du XVIIIe siècle. Il comprend un ensemble d’une vingtaine d’instruments fixes. Edifiés en maçonnerie, ce sont des exemplaires monumentaux d’instruments connus mais souvent aux caractéristiques particulières. Destinés à des observations d’astronomie à l’œil nu, ils comportent plusieurs innovations architecturales et instrumentales.  C’est l’ensemble le plus significatif, le plus complet et le mieux conservé des observatoires anciens de l’Inde. Il exprime les compétences astronomiques et les conceptions cosmologiques acquises dans l’entourage d’un prince savant à la fin de l’époque moghole.

Ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din à Ardabil (République islamique d’Iran)

 Construit entre le début du 16e siècle et la fin du 18e siècle, ce lieu de retraite spirituelle soufi utilise les formes architecturales traditionnelles iraniennes. Les constructeurs ont su tirer le meilleur parti de l’espace réduit pour assurer de multiples fonctions, notamment une  bibliothèque, une mosquée, une école, un mausolée, une citerne, un hôpital, des cuisines, une boulangerie et quelques bureaux. Le site comprend un cheminement conduisant au sanctuaire du Cheik articulé en sept étapes qui reflètent les sept stades du mysticisme soufi, séparées par huit portes qui représentent les huit attitudes du soufisme. Le site comprend également des façades et des intérieurs richement ornementés ainsi qu’une remarquable collection d’objets anciens. Il forme un rare ensemble d’éléments d’architecture islamique médiévale.

Ensemble du bazar historique de Tabriz (République islamique d’Iran)

Lieu d’échange culturel depuis l’Antiquité, l’ensemble du bazar historique de Tabriz est l’un des plus importants centres de commerce le long de la Route de la Soie. L’ensemble du bazar historique de Tabriz se compose d’une série d’enceintes et de structures couvertes en briques reliées entre elles et d’enceintes aux fonctions variées. Tabriz et son bazar étaient déjà prospères et célèbres au 13e siècle, lorsque Tabriz, située dans la province d’Azerbaïdjan-Oriental, devint la capitale du royaume safavide. La ville, qui perdit son statut de capitale au XVIe siècle, conserva son rôle de pôle commercial majeur jusqu’à la fin du XVIIIe siècle avec l’essor du pouvoir ottoman. Il s’agit d’un des exemples les plus complets de système commercial et culturel traditionnel d’Iran.

 

Atoll de Bikini (Iles Marshall)

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, en étroite relation avec les débuts de la guerre froide, les Etats-Unis décidèrent de reprendre leurs essais nucléaires dans l’océan Pacifique sur l’atoll de Bikini dans l’archipel des Marshall. Une fois les habitants déplacés, 67 tirs nucléaires furent réalisés entre 1946 et 1958, dont celui de la première bombe H (1952). La flotte coulée dans le lagon par les essais de 1946 ou le gigantesque cratère Bravo constituent des témoignages directs des tirs nucléaires. D’une puissance totale 7000 fois supérieure à celle d’Hiroshima, ils eurent des conséquences importantes sur la géologie de Bikini, son environnement naturel et la santé des populations irradiées. Par son histoire, l’atoll symbolise l’entrée dans l’âge nucléaire malgré une image paradoxale de paix et de paradis terrestre. Il s’agit du premier site des Iles Marshall à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

 

Villages historiques de Corée : Hahoe et Yangdong (République de Corée)

Fondés au 14e-15e siècle,  Hahoe et Yangdong sont considérés comme les deux villages claniques historiques les plus représentatifs de la République de Corée. Leur disposition et leur emplacement, abrités par des montagnes boisées et face à une rivière et à des champs agricoles ouverts, reflètent la culture confucéenne aristocratique propre au début de la dynastie Joseon (1392-1910). Les villages étaient situés de façon à tirer une nourriture à la fois physique et spirituelle des paysages alentour. Ils comprenaient les résidences des familles dirigeantes, les solides maisons à charpente en bois des autres membres du clan, ainsi que des pavillons, des salles d’étude, des académies confucéennes et des groupes de maisons à un étage à murs en torchis et toit de chaume, anciennement réservés aux roturiers. Les paysages de montagnes, d’arbres et d’eau autour des villages, au panorama encadré par des pavillons et des retraites, étaient célébrés pour leur beauté par les poètes des 17e et 18e siècle.

Ces nouvelles inscriptions s’ajoutent à celles des Hauts plateaux du centre de Sri Lanka, Papahānaumokuākea (Etats-Unis), et la Zone de conservation de Ngorongoro (Tanzanie).

La 34e session du Comité du patrimoine mondial se tient sous la présidence du ministre de la Culture du Brésil, João Luiz Silva Ferreira. Ouverte le 25 juillet, elle se poursuit jusqu’au 3 août. Au total, 39 sites sont candidats à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

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Contact médias à Brasilia :

Sue Williams. Tel : +33 (0) 6  15 92 93 62. S.williams(at)unesco.org

Pour les médias audiovisuels :

Carole Darmouni. Tel : +33 1 45 68 17 38.  c.darmouni(at)unesco.org

Des images sont disponibles pour les télévisions (B-roll)

 

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