08.11.2013 -

Les dirigeants du monde débattent des objectifs de développement internationaux lors de la 37e session de la Conférence générale de l’UNESCO

© UNESCOS.E. M. Algirdas Butkevičius, Premier ministre de la République de Lituanie, durant son intervention lors du Forum des Dirigeants au siège de l’UNESCO.

La 37e session de la Conférence générale de l’UNESCO, qui réunit tous les États membres de l’Organisation, a accueilli le 7 novembre une nouvelle édition du Forum des Dirigeants autour de la thématique « Mobilisation et contribution de l’UNESCO à l’agenda post-2015 à travers l’éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information ».

Le but du Forum était de redynamiser l’engagement de la communauté internationale en faveur de la promotion d’objectifs concrets de développement, alors que les Objectifs du Millénaire pour le développement (ODM), adoptés en 2000, doivent être atteints au plus tard en 2015.

« L’enjeu de ce débat », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, « la clef du succès, c’est d’identifier les facteurs de durabilité qui nous aideront à obtenir des résultats à long terme. La solution réside dans l’Acte constitutif de l’UNESCO : la paix et le développement durables doivent être ancrés dans une base plus solide que les accords politiques et économiques ; ils doivent être fondés sur la dignité humaine et l’état de droit, et renforcés par la liberté d’expression et l’accès à l’information. »

Cet événement a compté avec les interventions de Laura Chinchilla, Présidente du Costa Rica, Moncef Marzouki, Président de la Tunisie, Algirdas Butkevičius, Premier ministre de la Lituanie, ainsi que de ministres provenant de cinquante-quatre pays. Leurs contributions à ce débat très vivant ont été modérées par Shashi Tharoor, Ministre d’État au Développement des ressources humaines de l’Inde, et par M. Stephen Cole, présentateur de la chaîne de télévision Al Jazeera English.

La Présidente du Costa Rica a plaidé pour un nouveau contrat social qui réponde aux défis éthiques, notamment pour un « contrat naturel » qui garantisse que l’homme cesse de piller la nature et devienne, à l’inverse, son gardien. Comme de nombreux autres intervenants, Mme Chinchilla a évoqué l’urgence d’établir des relations harmonieuses avec la nature et entre les populations. Cette condition est l’essence du développement durable, qui doit impliquer de nouvelles actions visant à lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation des océans.

L’éducation doit rester un objectif-clé du prochain agenda, a déclaré le Président de la Tunisie, qui a appelé de ses vœux des systèmes éducatifs qui encouragent la créativité et la pensée critique ainsi que la formation professionnelle, l’acquisition de compétences numériques et l’ouverture aux autres cultures. Nous devons multiplier nos efforts pour éradiquer l’analphabétisme, a-t-il ajouté, mais nous ne devons pas oublier que l’éducation nous prépare à la vie en société. M. Marzouki a également déclaré qu’il fallait trouver un juste équilibre entre le besoin de préparer les individus, en particulier les jeunes, au monde du travail, et les exigences d’une pleine citoyenneté dans un monde de plus en plus complexe et diversifié.

Le Premier ministre de la République de Lituanie, Algirdas Butkevičius, a quant à lui souligné que l’UNESCO était directement et indirectement concernée par chacun des Objectifs du Millénaire pour le développement, et a insisté sur le fait que l’agenda post-2015 devait permettre des synergies entre les sciences, les politiques publiques et la société. Il a également souligné le rôle joué par la culture pour parvenir à ces synergies.

Tout au long de la journée, des ministres du monde entier ont échangé leurs points de vue sur la façon de parvenir à la paix et au développement durables dans un monde incertain, dont les défis transcendent les frontières nationales. Il y a eu un consensus général sur la nécessité de suivre le chemin tracé par les ODM, mais surtout sur l’importance de reconnaître le rôle central de la culture au moment d’élaborer la prochaine série d’objectifs de développement. Les participants ont également exprimé leur soutien déterminé à l’initiative de l'Éducation pour tous (EPT) coordonnée par l’UNESCO, soulignant que l’accès à l’école est insuffisant s’il n’est pas accompagné d’une éducation de qualité.

Bien que les ODM aient aidé à accomplir des progrès considérables pour lutter contre la pauvreté, la maladie, l’ignorance et les inégalités, les participants se sont accordés sur le fait qu’il reste encore beaucoup d’efforts à fournir car des millions de femmes, d’hommes, de filles et de garçons sont encore prisonniers de conditions de vie inhumaines.

Les intervenants ont reconnu leur responsabilité collective d’imaginer de nouvelles approches pour répondre aux besoins des personnes qui vivent dans la pauvreté ou aux marges de la société. L’une des leçons tirées des efforts entrepris pour atteindre les ODM a été que le développement durable et équitable ne repose pas uniquement sur des mesures économiques. Il requiert des approches orientées vers les populations, qui permettent aux individus et aux communautés d’acquérir les outils dont ils ont besoin pour développer leur potentiel propre.

De nombreux intervenants, faisant écho aux mots de la Directrice générale de l’UNESCO, ont mentionné que le développement durable ne pouvait être atteint que s’il était intégré à l’expérience culturelle des populations. La culture est une source d’identité, de prospérité et d’harmonie sociale. L’UNESCO doit promouvoir les forces positives de la culture, et empêcher sa politisation aux fins d’opposer les peuples et les nations et de semer le conflit et la terreur.

La création de synergies et de nouvelles connexions fut un thème récurrent des discussions, qui ont rappelé la nécessité de construire des ponts entre le développement et la culture, l’éducation et la démocratie, l’emploi et la créativité, la durabilité et le partage de connaissances. Le Forum a donné forme à une vision qui s’attaque à la pauvreté et à l’exclusion à travers des actions qui promeuvent l’égalité et la dignité de tous, notamment les femmes, les jeunes et les minorités. Les idées et suggestions évoquées lors du Forum des Dirigeants influenceront les débats à venir de la Conférence générale et les discussions futures, contribuant à informer les gouvernements et les organisations intergouvernementales au sujet de l’agenda de développement mondial post-2015. 




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