06.06.2017 - UNESCO Office in Dakar

Une jeunesse africaine convaincue de l’impact de la culture sur le changement social et la prospérité

Dieynaba Sidibé - Zeinixx © Ina Makosi

« En utilisant diverses disciplines de la culture urbaine comme outils de cohésion sociale et de développement, nous œuvrons pour la promotion du Hip Hop et des cultures urbaines en Afrique, mais en même temps dans le social », témoignait Dieynaba Sidibé, lors d'une conférence organisée à Banjul (Gambie) les 9 et 10 mai 2017 autour du rôle des mouvements de jeunesse dans la transition et la consolidation de la démocratie, la construction de la paix et la solidarité régionale sur le continent africain.

Dans le cadre des activités intersectorielles menées par le secteur de la Culture et celui des Sciences humaine et sociales lors de cette conférence, l’UNESCO invitait les jeunes leaders du continent à échanger et s’engager dans le cadre d’un groupe de travail sur le thème Jeunesse, Dialogue interculturel, patrimoine et créativité: levier du changement social et de la prospérité.

« Un de nos projets phares, est YUMA (Youth Urban Media Akademy) qui aide à l'inclusion, la réinsertion sociale d’ex-détenus mineurs et de jeunes en difficulté par des formations leur permettant de développer le leadership, la technique et les compétences sociales nécessaires à leur réinsertion dans leur communauté » expliquait Dieynaba Sidibé, jeune artiste et activiste au sein d’Africulturban, organisation fondée en 2006 par le Rappeur Sénégalais Matador.

Développé sur la base du « each one teach one » et dans une ambiance familiale, YUMA les aide à recréer le lien avec la communauté et à oublier leur passé carcéral. « Ce programme, qui existe depuis 2014, permet tous les ans à 14 ex-détenus de la prison pour mineurs Fort-B de bénéficier de formations en audiovisuel, photo, vidéo, graphisme, MAO, informatique générale, technique d’expressions écrite et orale, mais également en social living et community management pour leur apprendre à communiquer avec les gens et avoir un autre regard sur eux-mêmes. A la fin de leur formation, ils participent à tous les événements et festivals organisés par Africulturban. »

La conférence aura ainsi permis de noter que, à travers le patrimoine et la créativité, la culture, reconnue au sein de l’agenda 2030 de développement durable comme vecteur direct de développement durable par la communauté internationale en septembre 2015, est perçue comme levier du changement social par des organisations de jeunesse, mais également de prospérité.

Source d’identité et de cohésion, le patrimoine culturel joue également un rôle important dans le développement, comme le rappelait Dúnia Pereira du Ministère de la Culture et des industries créatives du Cabo Verde, donnant l’exemple de Cidade Velha, site du Patrimoine mondial depuis 2009, autour duquel les communautés ont pu travailler et créer des activités leur permettant de subvenir à leurs besoins en favorisant la cohésion sociale. « Aux Cap Vert la culture sera toujours un facteur unificateur, et elle est de plus en plus reconnue comme une dimension nécessaire à tout véritable développement. ».

Dans le cadre de la gestion de ce site, le Governement a crée une Commission pour la Sauvegarde de Cidade Velha constituée des autorités Centrale (IPC) et locales (Mairie), de la Commission nationale pour l’UNESCO, la Police et de la communauté locale avec qui elle mène depuis 2009 des actions autour de patrimoine. Entre autres actions, « cette commission met en place des activités visant à développer le secteur du tourisme, au profit de la communauté locale, en faisant la promotion de formations dans l’artisanat pour en améliorer la qualité et en organisant des conférences sur le potentiel que représente le patrimoine culturel pour le développement du tourisme local. » explique Dúnia Pereira.




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