23.09.2014 - UNESCOPRESS

11 nouveaux sites rejoignent le Réseau mondial des géoparcs

© Simon BugnonGéosite du Rocher de Brion - Géoparc mondial des Monts d’Ardèche (France) 2014

Onze nouveaux sites ont rejoint le Réseau mondial des géoparcs lors de la 6e Conférence internationale sur les géoparcs mondiaux, qui s’est tenue dans le géoparc mondial Stonehammer (Canada) du 18 au 22 septembre. Le Réseau mondial des géoparcs comprend maintenant 111 sites dans 32 pays. Les nouveaux sites sont :

Les géoparcs mondiaux sont des sites rattachés à l'UNESCO qui, par le biais d'initiatives communautaires, mettent en valeur leur diversité géologique afin de promouvoir le développement durable régional. Ils sensibilisent aux risques géologiques et, dans de nombreux cas, aident les communautés locales à élaborer des stratégies d'atténuation des effets des catastrophes. Ils célèbrent les 4,6 milliards d'années d'histoire de notre Terre ainsi que la diversité géologique qui a façonné chacune des facettes de notre vie et de nos sociétés.

Le Réseau mondial des géoparcs compte désormais 111 membres répartis dans 32 pays. Les nouveaux sites sont les suivants :

Géoparc mondial du minerai des Alpes (Autriche)

À 50 kilomètres au sud de Salzbourg, au cœur de ce que l'on appelle les « montagnes intérieures », ce géoparc s'étend sur 211 kilomètres carrés et relève des collectivités de Bischofshofen, de St Veit, d'Hüttau et de Mühlbach am Hochkönig. Dans cette région, l'histoire de l'humanité remonte à l'âge du cuivre et à l'âge du bronze, et est étroitement liée aux ressources minérales qu'on y trouve, en particulier le minerai de fer et l'or. Le géoparc occupe principalement la Graywacke Zone, région composée de roches clastiques datant de - 541 à - 252 millions d'années et riche en gisements minéraux. L'extrémité nord fait partie des Hautes-Alpes calcaires, tandis que l'extrémité sud appartient aux Alpes centrales. Ce site se caractérise par ses falaises carbonatées, ses chutes d'eau, ses gorges, ses sources, ses éboulements, ses terrasses, ses lacs de cirque, et ses roches moutonnées. Le plateau du point culminant du géoparc, le Hochkönig (2941 mètres), est recouvert par un glacier.

Géoparc mondial de Tumbler Ridge (Canada)

Le Géoparc mondial de Tumbler Ridge se distingue par son emplacement isolé au cœur de la nature sauvage. Il s'agit du premier géoparc mondial situé en Amérique du Nord occidentale, et c'est aussi le premier à représenter la tectonique des plaques à l'origine de la formation des montagnes Rocheuses. La géologie des montagnes et des contreforts couvre la période du Précambrien au Crétacé (- 4,6 milliards à - 66 millions d'années). Ce site renferme aussi des gisements du Pléistocène (- 2,588 millions d'années à - 11 700 ans) et préserve une partie du rivage de la Pangée du Trias (environ - 250 à - 200 millions d'années) ainsi que l'alternance d'intervalles marins et terrestres là où circulait la voie maritime intérieure de l'Ouest. On y trouve également quantité de gisements fossiles qui alimentent en permanence la recherche scientifique. Parmi les éléments qui revêtent une importance particulière figurent des traces de dinosaures du Crétacé (dont beaucoup ont des implications à l'échelle mondiale), un dépôt d'ossements de dinosaures datant de la même période et présentant des caractéristiques inhabituelles, ainsi que des poissons et des reptiles marins du Trias. La « Dinosaur Discovery Gallery » (galerie de découverte des dinosaures) de Tumbler Ridge constitue une attraction majeure, tandis qu'un réseau de sentiers de randonnée pédestre permet d'accéder à de nombreux sites géologiques, notamment à un grand nombre de chutes d'eau spectaculaires, de traces de dinosaures, de sommets montagneux, de formations de roche sédimentaire, de cavernes et de canyons.

Géoparc mondial de la chaîne des Kunlun (Chine)

Le Géoparc mondial de la chaîne des Kunlun se situe à 90 kilomètres de la ville de Golmud, dans la province du Qinghai. Il s'étend sur 1 403 kilomètres carrés et s'élève de 3 540 à 6 178,6 mètres. Il se compose de trois zones d'une grande beauté : Naij Tal, Xidatan et Jade Pool. Ce géoparc regorge de résidus d'érosion qui témoignent de déplacements de la croûte terrestre et de transitions océan-continent complexes. Le séisme de magnitude 8,1 qui a frappé les Kunlun en 2001 – séisme le plus puissant qu'ait connu la Chine en soixante ans – a créé une zone de fracture de 426 kilomètres, décrite par les chercheurs comme la « salle de classe de la nature ». Avec ses magnifiques reliefs glaciaires et de pergélisol, ce géoparc constitue un endroit idéal pour la recherche sur les paysages. C'est aussi l'un des berceaux de l'exploration du plateau de Qinghai-Tibet par les êtres humains. Il est traversé par la ligne ferroviaire Qinghai-Tibet, ligne de chemin de fer la plus élevée du monde, dont le tronçon construit sur le pergélisol est aussi le plus long au monde. La chaîne des Kunlun, connue comme l'« ancêtre des montagnes », occupe une place toute particulière dans la mythologie et la culture chinoises.

Géoparc mondial de la chaîne des Cangshan de Dali (Chine)

Située dans la partie occidentale de la province du Yunnan, à l'extrémité sud de l'imposant plateau Qinghai-Tibet, la chaîne des Cangshan est une chaîne jeune qui s'est formée il y a seulement 50 millions d'années. Les roches qui la composent, en revanche, datent d'il y a plus de deux milliards d'années. Il s'agit principalement de roches métamorphiques, comme le marbre, renommé pour la beauté de sa couleur et de sa structure. Il s’agit de la chaîne de montagnes la plus méridionale d’Asie à être touchée par la dernière glaciation et de nombreuses formations glaciaires y sont encore présentes. Les Cangshan sont des montagnes sacrées qui arborent une beauté naturelle inhabituelle. Elles constituent aujourd'hui une destination touristique prisée, notamment grâce aux traditions uniques de la population autochtone Bai.

Géoparc mondial d'Odsherred (Danemark)

Le paysage de la péninsule d'Odsherred, qui se situe à une centaine de kilomètres de Copenhague, s'est formé il y a 17 000 ans seulement, lors de la dernière phase du Weichsélien. Les arcs d'Odsherred jouent un rôle capital dans la compréhension des principes à l'origine des paysages glaciaires de cette époque. Ils constituent également un bel exemple géomorphologique de dépressions glaciaires, de moraines frontales et de plaines inondables d'eau de fonte. La série glaciaire d'Odsherred, qui présente toute une variété de reliefs, est entourée par la mer à l'est, au nord et à l'ouest. Ce géoparc présente aussi des processus côtiers postglaciaires actifs, comme la formation d'une lagune, des marais et la migration de sable. Aujourd'hui, cette région constitue une destination de villégiature attrayante.

Géoparc mondial El Hierro, Espagne (Communauté autonome des îles Canaries)

Le géoparc englobe toute l’île El Hierro, la plus petite, la plus récente (moins de 1,12 million d’années) et la plus occidentale des îles de l’archipel des Canaries. Il s’agit d’un parfait exemple d’île volcanique, proposant trois paysages géologiques de grande importance. On trouve dans l’île de nombreuses manifestations volcaniques particulièrement intéressantes du point de vue scientifique, éducatif, ou pour leur beauté, notamment des systèmes de faille, des anneaux tuff et des cratères de maars, des tubes volcaniques, des filons de roche magmatique, des moules/impressions d’arbres dans la lave, des sources d’eau minérale, des cratères récents avec leurs coulées de lave, des traces de glissements de terrain dont certains ont laissé des mégastructures en forme d’arche. La géologie volcanique est clairement visible, permettant son interprétation mais aussi son exploitation touristique.

Géoparc mondial Molina et Alto Tajo (Espagne)

Ce géoparc se situe à 200 kms de Madrid, dans la province de Guadalajara (Communauté autonome de Castilla - La Mancha). Géographiquement, la région de Molina appartient à la portion sud du Système ibérique, entre l’Ebre (nord) et le Tage (sud) qui est le plus long fleuve de la péninsule ibérique. Ces fleuves ont fortement influencé le paysage, la faune, la flore et les établissements humains de la région. L’intérêt du patrimoine géologique du site réside dans la présence de séquences sédimentaires continues qui portent l’empreinte des principaux phénomènes survenus au cours des derniers 400 millions d’années (de l’Ordovicien à nos jours). Les scientifiques ont identifié plus de 20 secteurs de formations géologiques constituant autant d’archétypes illustrant l’histoire de notre planète pour tous les visiteurs. On y trouve notamment des stratotypes géologiques reconnus à l’échelle internationale. D’un point de vue archéologique, la région est habitée depuis très longtemps et abrite d’importants vestiges d’art rupestre du Paléolithique ainsi que plusieurs forteresses celtibères qui ont fourni de nombreuses informations sur cette culture.

Géoparc mondial des Monts d’Ardèche (France)

Le parc des Monts d’Ardèche est le cinquième site français à être désigné géoparc mondial – et le premier situé hors des Alpes. Il se trouve sur le versant est du Massif central, à l'intersection des hautes terres et de la vallée du Rhône, et s'étend sur 2 200 kilomètres carrés de basses montagnes escarpées. Les paysages sont marqués par des terrasses en pierre sèche et des châtaigniers. Les Monts d’Ardèche sont caractéristiques de la longue histoire géologique et géomorphologique du Sud-Est de la France. L'histoire terrestre visible dans ce géoparc remonte à la formation de la chaîne varisque, il y a quelque 500 millions d'années. Des épisodes marins et récifaux ainsi que les phénomènes volcaniques les plus récents y sont également apparents et ont tous contribué à en façonner les paysages. Caractéristique majeure de la région, le volcanisme est ainsi manifeste dans ce géoparc, qui compte deux vastes secteurs bien distincts de paysages volcaniques : les « Sucs » (datant du Miocène, de - 23 à - 5,3 millions d'années) et les « jeunes volcans d'Ardèche » (datant du Pléistocène, de - 126 000 à - 11 000 ans).

Géoparc mondial de l'Aso (Japon)

Le Géoparc mondial de l'Aso est en plein cœur de Kyushu, île du sud-est de l'archipel japonais. Il renferme une immense caldeira (18 kilomètres d'est en ouest et 25 kilomètres du nord au sud), créée par quatre super-éruptions survenues entre - 270 000 et - 90 000 ans environ, et un cratère actif. Ce volcan était au cœur d’une religion antique et certaines traditions se perpétuent. Quelque 50 000 personnes habitent actuellement dans cette caldeira. Une infrastructure stabilisée et des systèmes contrôlés de surveillance de l'activité volcanique permettent aux visiteurs de découvrir la zone et d'observer facilement la topographie de la caldeira. Le géoparc se situe en majeure partie au sein du parc national Aso Kuju, premier parc national japonais désigné en 1934. Des traces de peuplements datant de l'âge de pierre, il y a environ 30 000 ans, ont été retrouvées sur les sommets entourant la caldeira.

Géoparc mondial du M’Goun (Maroc)

Le géoparc se situe au cœur du Haut Atlas central marocain, chaîne de montagne la plus élevée et la plus vaste du Maroc. Ce site présente un patrimoine géologique composé d'éléments minéralogiques et paléontologiques exceptionnels. Il se caractérise notamment par des traces de dinosaures –théropodes et sauropodes- des sites géomorphologiques comme le pont naturel d’Imin Ifri, en calcaire du Jurassique, des cascades ou d’impressionnantes falaises de conglomérat. Il renferme aussi de nombreuses traces, comme des objets de pierre,  de la présence d'êtres humains depuis la préhistoire. Son riche patrimoine culturel témoigne brillamment de la présence séculaire des peuples amazighs (berbères) marquée par une architecture vernaculaire et des édifices remarquables comme les greniers fortifiés ou perchés.

Géoparc mondial Terras de Cavaleiros (Portugal)

Le Géoparc mondial Terras de Cavaleiros se situe dans le Trás-os-Montes, région du Nord du Portugal, et s'étend sur 700 kilomètres carrés. Il renferme des sites géologiques qui rendent compte d'une phase importante de l'histoire de la Terre, et notamment une séquence rocheuse datant de plus de 500 millions d'années, issue d'un ancien continent et qui recouvre des roches de la croûte océanique. On y trouve des sédiments témoignant de l'existence d'un ancien réseau fluvial qui se déversait autrefois dans les terres de la péninsule ibérique, ainsi que des failles actives, comme la faille de Vilariça, qui traverse l'ensemble du géoparc. Pendant la période du carnaval, le site sert de cadre aux célébrations d’un rituel religieux traditionnel au cours duquel paradent des hommes portant des masques diaboliques et mystérieux dont les origines remontent à la préhistoire.

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Contact médias : Agnès Bardon, Service de presse de l'UNESCO, +33 (0) 1 45 68 17 64 / a.bardon(at)unesco.org.

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