19.06.2012 - Natural Sciences Sector

Devenir citoyens de l’océan

Joe Bunni+- 5 mètres

La construction d’une économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté est la question centrale des discussions de la conférence de Rio+20. Néanmoins il ne faut pas oublier la composante bleue de cette « économie verte », qui dépendra en partie de la gestion durable de l’océan et de ses ressources.

L’océan, notre héritage commun, couvre 70% du globe. Il façonne le climat de la Terre et influence la distribution des écosystèmes, de la biodiversité, et donc de la disponibilité de nourriture à travers notre planète. Ce corps d’eau unique et indivisible rend notre vie possible. Pourtant, malgré les efforts scientifiques soutenus par la coopération internationale au cours des 50 dernières années, il demeure peu exploré. 

Il nous faut mettre du bleu dans l’économie verte afin d’atténuer la dégradation constante de l’océan et de ses trésors marins, de restaurer et maintenir ses marchés et services écosystémiques essentiels. Rendre l’économie verte bleue – c’est à dire développer des activités économiques durables qui créent des emplois et contribuent à la réduction de la pauvreté, tout en adoptant des pratiques de gestion environnementale intégrée et en répondant aux défis actuels, tel l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. C’est l’un des défis majeurs de notre temps, et le seul chemin conduisant à un avenir sûr.   

Afin d’effectuer cette transition vers une économie bleu-vert, nous devons créer un rapport viable avec l’océan, nous permettant de vivre de et avec lui. Cette transition nécessite plus de recherche et de coopération, ainsi que des systèmes mondiaux d’observation et de suivi, dont les dispositifs d’alerte rapide, nous permettant une meilleure compréhension de ce système complexe. Les processus de prise de décision doivent être informés par des données scientifiques fiables pour développer de bonnes politiques de gestion durable de notre océan. Les savoirs locaux et autochtones de l’océan doivent également y contribuer. Nous devons développer des outils et mécanismes appropriés pour protéger les ressources et la biodiversité marine tout en soutenant des moyens de subsistance compatibles avec des écosystèmes sains. Cette transition vers une approche bleu-vert exige un grand changement dans le comportement humain qui ne pourra se faire que par le biais de l’éducation et la sensibilisation à l’océan, qui favorisera l’émergence d’une réelle « citoyenneté de l’océan ».   

Ces trois dimension inter-lièes – Connaître notre Océan, Protéger nos trésors marins, Renforcer la citoyenneté océanique – structurent l’évènement parallèle organisé par la Commission océanographique intergouvernementale (UNESCO-COI) le 20 juin 2012, pendant lequel un panel prestigieux présentera des initiatives qui favorisent l’accomplissement des objectif de Rio+20 pour l’utilisation durable de l’océan.

Connaître notre Océan : comment mettre la science et la technologie au service des nations côtières pour une gestion durable de l’océan et de ses ressources, la protection des populations côtières, et le maintien des services écosystèmiques ?

Protéger nos trésors marins : comment améliorer la protection du patrimoine naturel et culturel de l’océan, ainsi que les services essentiels qu’ils fournissent à la société ?

Renforcer la citoyenneté océanique : l’ensemble de la société doit s’impliquer dans la définition d’un avenir partagé de l’océan et agir en faveur d’un changement de comportement envers lui. 

Publié récemment, le document 'Healthy Ocean, Healthy People' (.pdf, en anglais) fourni de plus amples détails et présente des initiatives, des programmes et des propositions.

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, y présentera également l’engagement volontaire de Rio+20 pris par l’UNESCO-COI en réponse au besoin pressant de renforcer les capacités des nations de développement en sciences marines, pour faire progresser la gestion durable de l’océan a tous niveaux. l’UNESCO-COI s’engage à coordonner une évaluation globale et régionale des besoins de renforcement des capacités, dans les domaines de la recherche scientifique marine et de l’observation de l’océan, dans les pays en développement et les PIED. Cette première étape permettra ensuite de formuler et de mettre en œuvre une stratégie globale de renforcement des capacités pour combler les besoins identifiés.

Cet engagement se base sur l’une des propositions du Plan pour la durabilité de l’océan et des zones côtières. Il sera mis en œuvre en coordination avec l’engagement volontaire du Forum Global sur les océans (Global Ocean Forum), en partenariat avec les États, agences de l’ONU, institutions financières internationales et le secteur privé.

L’évènement parallèle est organisé en partenariat avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le Fond Tara, le gouvernement du Danemark, la fondation Sandwatch et le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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