17.03.2011 - UNESCOPRESS

Exercice grandeur nature d’alerte au tsunami dans les Caraïbes

Au lendemain du tsunami qui vient de frapper très durement le Japon, trente-trois pays* s’apprêtent à participer le 23 mars à un premier exercice grandeur nature d’alerte au tsunami dans les Caraïbes. L’objectif de cette simulation est de tester le Système d’alerte rapide aux tsunamis et aux autres risques côtiers pour la mer des Caraïbes et des régions adjacentes, mis en place en 2005 sous l’égide de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO.

Selon le scénario établi par les organisateurs** de ce dispositif, les pays riverains de la mer des Caraïbes recevront le 23 mars  une alerte concernant un tremblement de terre fictif de magnitude 7,6 situé au large des côtes des îles Vierges américaines. Des bulletins seront émis par le Centre d’alerte aux tsunamis de la côte Ouest et de l’Alaska (Etats-Unis) pour Porto Rico et les îles Vierges et par le Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique (PTWC) d’Ewa Beach (Hawaï, Etats-Unis) pour le reste de la zone.

Cet exercice, baptisé Caribe Wave 11, n’implique pas les populations. Il vise à tester l’efficacité des dispositifs d’alerte, de veille et d’avertissement auprès de tous les acteurs chargés de la gestion des situations d’urgence (points focaux nationaux d’alerte aux tsunamis, bureaux de prévision météorologique, services nationaux de garde-côtes…) dans la région. Il s’agit ainsi de voir si les pays riverains de la Caraïbe sont prêts à faire face à un éventuel tsunami dangereux.

L’expérience acquise dans ce domaine a souligné l’importance cruciale de la rapidité de l’information. Elle a également montré la nécessité de prendre en compte le risque par les autorités nationales à tous les niveaux, qu’il s’agisse de l’éducation aux risques dans les établissements scolaires, de l’urbanisation dans les zones côtières, de la modification des normes de construction et des matériaux utilisés, de la planification de procédures d’évacuation ou encore de la mise en place de services d’urgence performants.

« Le tremblement de terre et le tsunami, qui viennent de frapper le Japon avec les conséquences dramatiques que l’on sait, ont bien montré l’importance cruciale des dispositifs d’alerte, a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. L’élaboration d’un système coordonné dans les Caraïbes apparaît dans ce contexte plus que jamais pertinente pour permettre aux pays riverains de se préparer à la survenue d’une telle catastrophe et de préserver des vies humaines ».

Au cours des 500 dernières années, 75 tsunamis ont eu lieu dans les Caraïbes. Ce chiffre représente près de 10% du total mondial de tsunamis océaniques pour la période. Qu’ils soient générés par un tremblement de terre ou un glissement de terrain ou qu’ils soient d’origine volcanique, les tsunamis ont fait plus de 3500 morts dans la région depuis la moitié du XIXe siècle (Source : National Oceanic and Atmospheric Administration, NOAA). Les dernières décennies ont été marquées par une explosion de la croissance démographique et l’afflux de touristes dans les zones littorales, ce qui augmente encore la vulnérabilité de la région.

De tels exercices de simulation ont déjà eu lieu en 2008 dans le Pacifique et en 2009 dans l’océan Indien. Le Groupe intergouvernemental de coordination du Système d’alerte rapide aux tsunamis et aux autres risques côtiers pour la mer des Caraïbes et les régions adjacentes (GIC/CARIBE-EWS) a été créé en 2005, sur le modèle de ceux qui existent dans le Pacifique, l’océan Indien et dans l’Atlantique du Nord-Est. Créés sous l’égide de la COI, les GIC aident les Etats membres à mettre en place des systèmes d’alerte aux tsunamis.

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*Aruba, Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Brésil, Canada, Colombie, Costa Rica, Cuba, Dominique, Etats-Unis, France (Martinique, Guadeloupe, St Martin, Guyane), Grenade, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, Pays-Bas (Bonaire, Saba, St Eustatius, Curaçao et St Maarten), Pérou, République dominicaine, Royaume-Uni (Anguilla, îles Vierges britanniques, Bermudes, îles Caïmans, Montserrat, îles Turques-et-Caïques), Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sri Lanka, Suriname, Trinité-et-Tobago, République bolivarienne du Venezuela.

**Le Groupe intergouvernemental de coordination du Système d’alerte aux tsunamis et aux autres risques côtiers dans la mer des Caraïbes et les régions adjacentes de l’UNESCO, l’Agence des Caraïbes de gestion d’urgence des catastrophes, le Centre de coordination pour la prévention des catastrophes naturelles en Amérique centrale, la NOAA et le Programme national de limitation des effets de l’aléa tsunami  aux Etats-Unis contribuent à la réalisation de cet exercice.  

                                                              Contact :

                   Agnès Bardon, Division de l’information du public de l’UNESCO.

                                Tel :+33 (0) 1 45 68 17 64/a.bardon@unesco.org

                                                       Plus d’information :

                          Prévention et atténuation des impacts des risques marins

                   




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