25.06.2012 - Natural Sciences Sector

Connaître notre océan, protéger nos trésors marins, renforcer les capacités des citoyens de l’océan

Inventer une économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté était au cœur des discussions de la Conférence Rio+20. Cependant, le développement de cette « économie verte » dépend en partie de l’usage et de la gestion durable de l’océan et de ses ressources.

Le 20 juin 2012, un événement parallèle à la conférence de Rio+20, animé par Wendy Watson-Wright (Secrétaire Exécutive, Commission Océanographique Intergouvernementale, UNESCO-IOC), a souligné l’importance des actions transversales en terme de recherche, de protection et d’éducation pour atteindre un usage durable des ressources de l’océan.

Irina Bokova (Directeur général, UNESCO) a déploré que seulement 1% des zones océaniques de la planète soient protégés, et a plaidé en faveur de l'amélioration de l’éducation à l'environnement afin que les citoyens ne prennent pas la durabilité de l’océan pour acquise. Concernant le renforcement des bases de connaissances, elle a souligné l'importance du système mondial d’observation de l’océan de l'UNESCO-COI. Elle a noté le rôle moteur de l’organisation dans la protection des écosystèmes océaniques à travers la mise en place de sites marins du patrimoine mondial, qui représentent un tiers des aires marines protégées dans le monde. Elle a également reconnu le rôle de l'UNESCO dans le renforcement des capacités de ses États membres en termes de gestion de l’océan et s'est félicitée de l’engagement volontaire en appui au renforcement des capacités dans les sciences de la mer et l'observation soumis par l'UNESCO-COI dans le cadre de Rio+20.

Patricia Miloslavich (Census of Marine Life) a souligné que seulement 10% de la l’ensemble de la biodiversité marine est connue, et a noté que 90% de la biomasse de l'océan est composés de microbes. Elle a souligné le déclin de 90% dans les populations de poissons par rapport aux mesures de référence et a déclaré que les défis scientifiques comprennent l'acquisition d'une vue globale et intégrée, la diminution des lacunes en terme de connaissances, et des connaissances sur la façon dont les humains peuvent utiliser et de protéger l’océan.

Michel Jarraud (Secrétaire général, Organisation météorologique mondiale) a présenté les systèmes d'alerte précoce pour la protection des communautés côtières. Citant l'exemple de l'ouragan Katrina, qui a frappé la Nouvelle-Orléans en 2005, il a souligné que même les pays les plus développés sont vulnérables aux catastrophes naturelles qui sont aggravées par le changement climatique. Notant que les océans sont la mémoire du système climatique, il a expliqué en quoi le système d’oscillation australe El Niño / La Niña peut avoir des impacts sur l'autre côté de la planète, comme ce fut le cas lors de la récente sécheresse en Éthiopie.

Clayton Lino (Réserve de biosphère côtière et marine Mata Atlântica) a présenté la contribution de l'UNESCO à la Réserve de biosphère de Mata Atlântica, ainsi que sa structure institutionnelle, réserve où les vestiges de la forêt ombrophile de l’Atlantique sont associés avec les forêts secondaires, formant un écosystème unique qui s'étend sur une distance de plus de 3 000 km le long de la côte. Il a dit que les principales menaces dans les zones côtières de la forêt tropicale atlantique comprennent la pollution chimique, l'urbanisation, la pêche et les puits de gaz et de pétrole récemment découverts au large des côtes.

Utilisant l'atoll d'Aldabra à titre d'exemple, Frauke Fleischer-Dogley (chef de la direction, Fondation des îles Seychelles) a noté que les Sites marins du patrimoine mondial de l'UNESCO sont le seul système international d'aires protégées qui tient ses sites pour responsable de leurs efforts de conservation. Elle a préconisé le développement de ces sites, qui représentent actuellement 0,3% de l’océan, sur les 99% de l’océan qui ne sont pas protégés.

Gillian Cambers (Co-directrice, Fondation Sandwatch) a décrit le programme mondial « Sandwatch » qui mesure, évalue, partage de l'information et met en place des actions sur les plages. Elle a rappelé que ce programme est tributaire du soutien des bénévoles, de l'UNESCO et du gouvernement danois. Elle a exhorté à garder les citoyens au premier rang des actions de conservation.

Romain Troublé (Tara Expéditions) a donné l’exemple de l’expédition effectuée à bord d’une goélette qui mène des enquêtes scientifiques et qui milite en faveur de la conservation marine auprès des communautés côtières à travers le monde. Il a dit que les « océans doivent être protégés au nom de l'humanité plutôt qu’au nom des baleines ».

Jean-Michel Cousteau (Président, Société « Ocean Futures ») a déclaré que les négociateurs de Rio +20 ont la possibilité de protéger 20% de la surface de l’océan. Cousteau a noté que souvent les décideurs ne disposent pas de l'information nécessaire pour prendre des décisions proactives concernant l’océan. Prenant en exemple les cas du président W. Bush et du président Zedillo qui ont décidé de prendre des mesures en faveur de la conservation marine, respectivement à Hawaii et en Basse-Californie, Cousteau a dévoilé que le secret pour convaincre les politiciens à agir pour l'océan est de passer par leur cœur, ce qui fait tomber leur système de défense.

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