Investir dans les infrastructures

Water treatment plant - © Panos

De nombreux réseaux et installations hydrauliques d’économies parvenues à maturité sont aujourd’hui vieillissants ou détériorés, alors que le rythme de la croissance et de l’urbanisation (et des attentes environnementales croissantes) dans les économies de pays en développement ou émergents suscite un besoin de nouveaux investissements onéreux.

Il n’existe que trois sources de financement ultime : les tarifs appliqués aux usagers, les dépenses publiques et l’aide extérieure (officielle ou philanthropique). Les principaux coûts des services liés à l’eau dans les pays en développement sont actuellement supportés par les gouvernements par le biais de l’imposition et du paiement des services et, à un degré moindre, par l’aide des donateurs. Le secteur privé ne s’est quant à lui que modestement engagé dans les services liés à l’eau.

Les investissements dans les sources d’approvisionnement en eau et les installations sanitaires améliorées présentent un fort potentiel de retour sur investissement, multipliant l’investissement de départ par trois à trente-quatre fois en fonction des circonstances locales. Malheureusement, l’eau donne souvent des retours minimes sur des périodes de remboursement très longues principalement en raison de la manière dont elle est gérée. L’introduction de systèmes de gouvernance plus efficaces, accompagnée d’une autorité de régulation autonome forte, ainsi qu’une gestion financière fiable et transparente permettraient aux gouvernements et aux autorités compétentes en matière d’eau d’attirer une aide extérieure qui leur permettrait de compléter leurs propres sources de capital. 

Le défi relève autant d’une augmentation des flux financiers en faveur du secteur de l’eau que de la garantie de sa durabilité financière. Une planification financière stratégique et solide est nécessaire afin d’équilibrer les besoins de financement et une gestion rentable qui s’intéresse  aussi bien à l’offre qu’à la demande. On a préconisé pendant de nombreuses années un recouvrement total des coûts afin de répondre à la crise du financement du secteur de l’eau. Néanmoins, dans le monde réel, la gestion des ressources en eau et la prestation de services ont toujours été subventionnées. En gardant à l’esprit l’obligation de satisfaire les besoins universels de base en services d’eau, le défi pour les décideurs repose sur une prise de décisions éclairée s’appuyant sur des compromis acceptables entre les différents objectifs et la manière de supporter leurs coûts. 

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Faits et chiffres extraits du WWDR3, "L'eau dans un monde qui change" (2009). Cliquez sur les liens ci-dessous pour en savoir plus!

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