Le groupe d’experts du WWAP sur les indicateurs, le suivi-évaluation et les bases de données

Afin de soutenir le WWAP et le travail mené par le Groupe de travail d’ONU-Eau sur les indicateurs, le suivi-évaluation et la diffusion (voir ci-dessus), le WWAP a constitué en 2008 un groupe d’experts sur les indicateurs, le suivi-évaluation et les bases de données dans le but d’identifier les principales dimensions et les indicateurs sur les ressources en eau et leur gestion, et déterminer le travail nécessaire pour pouvoir produire de tels indicateurs sur une base continue.

Objectifs

En juin 2008, le Groupe d’experts du WWAP sur les indicateurs, le suivi-évaluation et les bases de données a initié un processus visant à identifier les principales dimensions et les indicateurs sur les ressources en eau et leur gestion, ainsi que le travail nécessaire pour pouvoir produire de tels indicateurs sur une base continue.

Le groupe d’experts était notamment chargé de :

  1. Préparer une liste restreinte des principales dimensions et indicateurs ;
  2. Rédiger une proposition sur le futur travail à fournir afin de livrer sur une base continue un ensemble d’indicateurs utiles, réalisables et durables concernant les questions liées aux ressources en eau

Résultats

À l’issue d’une étude structurée des problèmes le groupe est arrivé à la conclusion que, en raison des intérêts divergents multiples des décideurs et des gestionnaires, le principal enjeu dans le domaine du suivi-évaluation des ressources en eau aux niveaux mondial, régional et national ne reposait pas sur l’identification d’un ensemble d’indicateurs clés pour les ressources en eau et leur gestion, mais sur la création systématique d’un ensemble d’éléments de données fondamentaux qui permettrait de calculer un grand éventail de tels indicateurs pouvant satisfaire les différents besoins des publics potentiels.

Les indicateurs proposés :

Sur la ressource :

  • Disponibilité des ressources en eau (Total des ressources en eau renouvelables disponibles - TARWR) sur une base régulière, pendant des périodes moyennes saisonnières, annuelles et à long terme
  • Stockage dans le système
    • Idéalement, tant dans les réservoirs d’eaux de surface que dans les nappes souterraines
    • Les données pourraient ainsi indiquer l’épuisement des ressources sur une base annuelle et à long terme
    • Données sur les précipitations pendant des périodes similaires.
      • Indiquant idéalement la division de ces précipitations (écoulement, infiltration, évapotranspiration) afin de déterminer
        • Le " Ratio de conversion "
        • L' " eau verte "
        • Le stockage en sol (en admettant qu’il est impossible de contrôler à la fois la zone saturée et non saturée)
  • Mesure de qualité environnementale (moyenne saisonnière, annuelle et à long terme) de
    • salinité,
    • DCO,
    • eutrophisation (en utilisant une base de télédétection pour la définition),
    • espèces d’eau douce.

Sur l’utilisation :

  • Prélèvements des principaux secteurs (du moins l’agriculture, l’industrie et usage domestique/ménages en zone urbaine)
  • Utilisation par source (du moins les nappes souterraines contre les eaux de surface)
  • Il serait aussi souhaitable en vue de définir les politiques à suivre de pouvoir fournir :
    • L’utilisation agricole et forestière (évapotranspiration) des précipitations (eau verte) ;
    • Les flux d’eau utilisés à des fins de production hydroélectrique (Probablement difficile à évaluer dans les systèmes en cascade. Le flux le plus important en fin de système pourrait être le plus adéquat) ;
    • Les flux d’eau réservés à des fins environnementales (zones humides, lacs et bassins versants) ;
    • Les flux d’eau nécessaires au maintien de la navigation.

Sur la gouvernance :

  • Une évaluation de la qualité de la gestion des ressources en eau (par une étude / processus de vérification).
  • Le pourcentage du budget des gouvernements et des institutions publiques dédié à la gestion des ressources en eau (au lieu des investissements dans les infrastructures hydrauliques et leur exploitation) dans le budget total.

Sur la performance:

  • Coût moyen de l’approvisionnement en eau (par défaut, le prix moyen de « l’eau brute en vrac »).
  • Proportion des eaux usées urbaines traitées / capacité de traitement ;

Programme proposé pour la mobilisation de l’information

Actuellement, une grande partie de ces données ne sont pas collectées de manière fiable ou systématique, compliquant ainsi la génération d’indicateurs utiles sur une base régulière et comparable. Ceci restreint par conséquent le suivi-évaluation de dimensions de performance et de tendances significatives dans le secteur de l’eau.

Il est donc recommandé que le WWAP entreprenne, dans le cadre de l’exécution de son mandat, un programme de travail avec le concours de partenaires appropriés afin de générer un ensemble limité de telles données sur une base régulière et systématique. Cette tâche devrait être menée en collaboration avec le travail de la Division de la statistique des Nations Unies afin de standardiser et systématiser les systèmes nationaux de comptabilité et d’information sur l’eau.

Par l’adoption de cette stratégie, le WWAP appliquerait l’approche fructueuse du Programme conjoint de surveillance de l’OMS/UNICEF qui a transformé l’approche concernant l’information sur la couverture en approvisionnement en eau et en assainissement et qui produit aujourd’hui des informations largement acceptées et utilisées par les décideurs et les gestionnaires aux niveaux mondial, régional et national.

Une recommandation distincte est formulée concernant les indicateurs de gouvernance des ressources en eau au niveau national. Pendant les réunions du groupe d’expert, il a été remarqué que la nature, hautement spécifique au contexte, de la gestion des ressources en eau, les degrés divers de l’utilisation de l’eau et les besoins de gestion forcément différents au sein de différents systèmes d’administration publique, donne lieu à un type de directives inappropriées d’évaluation de la gouvernance de l’eau. Il a donc été recommandé qu’une approche d’évaluation par pays soit développée en s’appuyant sur des évaluations réciproques comme celles entreprises au niveau régional. Il a aussi été préconisé que le WWAP devrait travailler en collaboration avec des partenaires afin d’approfondir cette approche déjà appliquée dans de nombreuses régions.

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