Rendre plus verte l’économie des nutriments et réduire l’hypoxie des océans grâce à des outils politiques, réglementaires et économiques favorisant l’efficacité et la récupération des nutriments

Depuis le début des années 1900, les quantités d’azote et de phosphore provenant à la fois des résidus de l’agriculture (engrais et fumier) et des eaux usées atteignant les côtes et les océans ont sensiblement augmenté. Les quantités en excès peuvent créer des zones mortes dans lesquelles le plancton en décomposition consomme presque tout l’oxygène disponible, ce qui a de graves effets sur les écosystèmes côtiers, les secteurs économiques et les moyens de subsistance qui en dépendent. Cette situation, associée au fait qu’à l’échelle mondiale la majeure partie des eaux usées est peu ou pas du tout traitée, a entraîné une multiplication constante des zones côtières hypoxiques. En 2008, 400 zones hypoxiques ou mortes avaient été signalées dans le monde.

La pollution par les nutriments et l’hypoxie devenant un problème global majeur pour les océans, il est urgent d’utiliser beaucoup plus efficacement les nutriments dans l’agriculture, de récupérer ceux qui sont rejetés, et de les réutiliser pour les engrais et d’autres besoins. Des outils politiques, réglementaires et économiques disponibles et éprouvés tels que des taxes, des marchés de quotas et des subventions favorisant l’efficacité et la récupération, doivent être développés afin de transformer dans un délai approprié une économie des nutriments essentiellement linéaire en une économie beaucoup plus cyclique. Dans les pays dotés des systèmes d’échange de quotas d’émission, les producteurs d’engrais qui innovent en réponse à ces signaux commerciaux et réglementaires pourraient vendre des crédits d’émissions de carbone en raison des importantes diminutions de leur consommation d’énergie et de leurs émissions correspondantes de gaz à effet de serre.

L’objectif de cette proposition consiste à augmenter graduellement la part des engrais azotés et phosphatés recyclés et à augmenter l’efficacité de l’utilisation agricole des engrais fabriqués et récupérés. La diversification accrue des sources de matières premières des engrais devrait modérer les prix de ces derniers et leur volatilité, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire mondiale. Les diminutions des quantités d’azote et de phosphore entrant dans les zones côtières réduiront les problèmes d’hypoxie.

La proposition complète est disponible sur la page en anglais.

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