14.09.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

115 000 personnes évacuées lors de l’exercice d’alerte au tsunami dans l’océan Indien

Un nombre record de 115 000 personnes dans la région de l’océan Indien ont été évacuées lors de l’exercice d’alerte au tsunami « Indian Ocean Wave 2018 » (IOWave18) des 4 et 5 septembre 2018. Cet exercice a été coordonné par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO dans le cadre du Système d’alerte aux tsunamis et de mitigation dans l’océan Indien (IOTWMS). L’exercice IOWave18 a simulé deux scénarios : un séisme de magnitude 9,0 au large de la côte sud de la République islamique d’Iran (4 septembre) et un séisme de magnitude 9,3 au large de la côte ouest de Sumatra (5 septembre).

En plus de tester les procédures opérationnelles et les liens de communication à tous les niveaux de la chaîne d’alerte aux tsunamis, IOWave18 avait pour objectif premier d’améliorer la préparation aux tsunamis au niveau communautaire, y compris les procédures d’évacuation. À cette fin, tous les États membres[1] ont été encouragés à utiliser l’exercice IOWave 18 pour évaluer les indicateurs « Tsunami Ready » de l’océan Indien (IOTR)[2] au sein des communautés pilotes, conformément aux principes directeurs de l’IOTR.

Au cours de l’exercice, les prestataires de services relatifs aux tsunamis situés en Australie, en Inde et en Indonésie ont diffusé des bulletins d’information fictifs destinés aux centres nationaux et points focaux d’alerte aux tsunamis de tous les pays participants. Les 24 pays actifs de l’IOTWMS auraient tous participé à IOWave18, parmi lesquels au moins 10 pays ont procédé à des évacuations au niveau communautaire, avec la participation de résidents, touristes, écoliers, communautés de pêcheurs, marinas et hôtels.

Les pays qui ont déclaré avoir mené des exercices d’évacuation et estimé le nombre de personnes évacuées sont : l’Inde (100 000), le Sri Lanka (7 000), Oman (3 225), l’Indonésie (2 941), Maurice (553), la Tanzanie (300), la Thaïlande (300), le Kenya (200), l’Iran (150) et le Pakistan (55). Plus important encore, au moins 6 communautés (Jayadevkasaba Pahi, Podhuan, Tantiapal Sasan, Noliasahi, Keutajanga et Venkatraipur) dans la province d’Odisha en Inde et une communauté (AlSawadi AlSahil) à Oman auraient évalué leur état de préparation communautaire sur la base des indicateurs IOTR, dans l’intention de recevoir la reconnaissance « Tsunami Ready » dans un avenir proche.

Une page web publique lancée au cours de l’exercice a été développée par le prestataire de services australien pour afficher le résumé des alertes nationales aux tsunamis émises par les pays de l’océan Indien. La page est disponible à l’adresse www.bom.gov.au/tsunami/iotwms et constitue une amélioration importante dans la diffusion d’information sur les tsunamis au public.

Les médias nationaux et internationaux se sont fortement mobilisés lors de IOWave18. Le site Internet www.iowave.org et le hashtag Twitter #iowave18 mis en place par le Centre d’information sur les tsunamis de l’océan Indien (IOTIC) ont été activement utilisés pour sensibiliser le public. Cependant il reste une marge d’amélioration quant à la participation des médias aux futurs exercices.

Outre les observateurs nationaux déployés dans plusieurs pays, des experts du Centre Asie-Pacifique pour le développement de la gestion de l’information sur les catastrophes (APDIM) de l’UNESCAP et du Global Disaster Resilience Centre de l’Université de Huddersfield ont participé en qualité d’observateurs internationaux en Iran et au Sri Lanka, respectivement. Un outil de sondage en ligne est actuellement en place pour obtenir des commentaires détaillés de la part des pays participants. S’ensuivra en novembre 2018 un atelier de réflexion post-IOWave18 à Jakarta (Indonésie) portant sur les leçons apprises. Les contributions de toutes ces sources seront analysées par le groupe de travail IOWave18 pour identifier les lacunes et recommander des améliorations à apporter au système d’alerte de bout en bout. Celles-ci seront présentées à la 12e session du Groupe intergouvernemental de coordination (GIC) pour l’IOTWMS prévue à l’Ile de Kish, en Iran, du 3 au 6 mars 2019.

IOWave18 est le 5e exercice au niveau de l’océan Indien organisé par la COI-UNESCO, après les exercices de 2009, 2011, 2014 et 2016. À sa 11e session (Putrajaya, en Malaisie, avril 2017), le GIC pour l’IOTWMS a décidé d’organiser IOWave18 et a mis sur pied un groupe de travail composé d’experts de l’Australie, de l’Inde, de l’Indonésie, d’Oman et du Timor-Leste pour planifier et mener l’exercice.

Les pays de l’océan Indien ont appelé à la mise en place d’un Système d’alerte aux tsunamis et de mitigation dans l’océan Indien dans le sillage du tsunami de 2004. Le nouveau système est devenu opérationnel en 2011 avec le soutien de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, qui continue de coordonner la gouvernance du système.

L’UNESCO encourage les échanges scientifiques et les efforts de collaboration en vue de mettre en place des systèmes efficaces d’alerte rapide pour différents risques tels que les glissements de terrain, les volcans, les séismes, les inondations, les sécheresses et les tsunamis. La COI de l’UNESCO aide les pays à améliorer leurs procédures opérationnelles pour les tsunamis en organisant des ateliers avec les parties prenantes, en élaborant et en évaluant des exercices à l’échelle du bassin océanique concerné, ainsi qu’en assurant une coordination scientifique entre les régions.

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[1] Afrique du Sud, Australie, Bangladesh, Comores, France (Ile de la Réunion et Mayotte), Inde, Indonésie, Iran, Kenya, Madagascar, Malaisie, Maldives, Maurice, Mozambique, Myanmar, Oman, Pakistan, Seychelles, Singapour, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande, Timor-Leste et Yémen.

[2] L’IOTR, inspiré de l’initiative « Tsunami Ready » du CARIBE-EWS, est un programme communautaire basé sur la performance qui facilite une approche structurelle et systématique de la préparation communautaire aux tsunamis grâce à une collaboration active entre le public (la communauté), les dirigeants communautaires et les agences locales et nationales de gestion des urgences.




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