13.09.2018 - Commission océanographique intergouvernementale

Des partenariats pour un océan plus durable

© UNESCO/COI - Une personne du public pose une question aux panélistes lors du forum sur « L'océan au service de la durabilité » (12 septembre 2018).

À l’occasion du premier Forum des partenaires de l’UNESCO qui s’est tenu les 11 et 12 septembre 2018 à Paris, la Commission océanographique intergouvernementale (COI) a organisé le 12 septembre 2018 un forum thématique sur « L’océan au service de la durabilité », en vue d’explorer les nouvelles perspectives de partenariats offertes par la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030).

Dans le cadre du mandat défini par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution du 5 décembre 2017, la COI de l’UNESCO a été chargée « d’élaborer un plan de concrétisation de la Décennie en concertation avec les États Membres, les institutions spécialisées, les fonds, les programmes et les organismes des Nations Unies, ainsi que d’autres organisations intergouvernementales, des organisations non gouvernementales et les parties prenantes concernées. »

Le forum sur « L’océan au service de la durabilité » a mis en évidence des partenariats pouvant contribuer à la conception du programme de la Décennie et les avantages comparatifs de la COI-UNESCO dans les domaines de la science, de la gestion durable de l’océan et de la résilience des populations côtières face au changement climatique et aux risques marins tels que les tsunamis ou l’élévation du niveau de la mer.

Le Président de la COI, Peter Haugan, a ouvert le forum en soulignant l’importance de développer des économies bleues fondées sur la connaissance et de promouvoir la Décennie comme un processus qui allait changer la donne en apportant des réponses aux enjeux mondiaux grâce aux partenariats scientifiques.

Felix Leinemann, Commission européenne, a présenté la Feuille de route commune pour accélérer les processus de planification de l’espace maritime/marin (PEM) dans le monde entier, adoptée en 2017 entre la COI et la Commission européenne, et plus généralement les concepts de croissance bleue et de PEM en tant que cadre de travail stratégique, intégré et tourné vers l’avenir, prenant à la fois en compte des objectifs environnementaux, culturels, sociaux et économiques.

Comprendre et prédire le comportement de l’océan et les changements à long terme nécessite des observations continues à l’échelle mondiale. Craig McLean, de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), a souligné le rôle de facilitateur de la COI. En tant que mécanisme intergouvernemental, la Commission donne la possibilité aux experts en sciences marines de se réunir et de débattre de sujets clés, mais aussi de s’assurer que les investissements nationaux dans de grandes infrastructures telles que les navires de recherche, les plateformes d’observation et les domaines de recherche prioritaires sont coordonnés avec les pays partenaires, permettant ainsi un « alignement » scientifique.

Cameron Diver, Communauté du Pacifique, a rebondi sur ce point en rappelant que les petits États insulaires en développement (PEID) sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique et aux dangers liés à l’océan (tsunamis, ondes de tempête). « La Communauté du Pacifique est fière de compter la COI-UNESCO parmi ses partenaires pour le développement durable dans le Pacifique. La Décennie va nous offrir des opportunités passionnantes de contribuer à sauver nos mers et à faire une différence dans la vie et le bien-être de millions de personnes, » a-t-il ajouté.

La question du développement des capacités est essentielle pour garantir aux individus et aux institutions les ressources nécessaires à l’utilisation et la génération de nouvelles connaissances, de même que leur application à la gestion durable de l’océan. La COI aide les pays en développement à acquérir l’expertise et la capacité nécessaires pour mener des activités de recherche et de gestion marines pertinentes au niveau national en développant et en mettant en place des mécanismes de formation axés sur la coopération Nord-Nord, Nord-Sud et Sud-Sud.

Jacqueline Uku, Association des sciences de la mer de l’océan Indien occidental (WIOMSA), a par exemple noté le soutien de la COI-UNESCO dans l’accueil du Centre national de données océanographiques du Kenya (KeNODC) à l’Institut de recherche marine et halieutique du Kenya (KMFRI) ; le Système mondial d’observation du niveau de la mer (GLOSS) ; l’OceanTeacher Global Academy et, plus récemment, des travaux axés sur l’acidification de l’océan.

Les entreprises du secteur de l’océan ont un rôle essentiel à jouer pour assurer le développement durable de l’océan et de ses côtes, comme en témoignent les investissements croissants dans la recherche océanique (R&D) qui se traduisent par la mise au point de nouvelles technologies et solutions écologiques applicables à la gestion de l’océan.

En tant que représentant du secteur privé, Marc Simon, Groupe SUEZ, a expliqué que la COI et SUEZ sont partenaires depuis 2015 pour mobiliser les connaissances scientifiques, la recherche et l’innovation et sensibiliser à la préservation de l’océan. SUEZ apporte déjà des solutions concrètes et locales pour la préservation des ressources en eau, le recyclage et la valorisation des déchets, notamment plastiques. Le groupe contribue ainsi à la protection des milieux marins et renforce leur capacité à absorber l’impact du réchauffement climatique.

Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la COI, a conclu en déclarant que pour réaliser l’Agenda 2030 de l’ONU et en particulier l’Objectif de développement durable 14, dans le contexte général de la Décennie des sciences océaniques, l’engagement de tous les acteurs est nécessaire : gouvernements, secteur privé, société civile et scientifiques. Il a invité toutes les parties intéressées à s’associer à la COI-UNESCO pour un océan plus durable.

Parmi les autres sujets de discussion figuraient l’égalité des genres et l’intégration des connaissances des communautés autochtones et locales aux sciences océaniques. Les personnes présentes dans la salle ont également eu l’occasion de poser des questions aux membres du panel, soit directement du public soit par l’outil interactif Slido.

 




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