14e Prix L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science, 2012

Chaque année, 5 femmes scientifiques émérites, une par continent, sont mises à l’honneur pour la contribution de leur travaux, la force de leur engagement et leur empreinte dans la société. Chaque année, un réseau international de près de 1000 scientifiques propose des candidates pour le prix. Les cinq Lauréates sont ensuite sélectionnées par un jury indépendant et international, présidé par le Professeur Günter Blobel, prix Nobel de médecine 1999.

Pour le Professeur Blobel, « Les travaux des Lauréates du Prix 2012 ont apporté une vision extraordinaire des questions de santé humaine, telles que le diabète, les accidents cardio-vasculaires, les infections bactériennes, et ont fait progresser la culture des plantes dans les zones arides. Leur travail est totalement inédit et appartient au meilleur de la recherche dans cinq différentes régions du monde. »

Face aux problèmes mondiaux, tels que la raréfaction des ressources, l’augmentation et le vieillissement des populations, et les défis médicaux et sociaux associés, L’Oréal et l’UNESCO sont convaincus que ces chercheuses auront un impact majeur sur la société et aideront à éclairer la voie vers l’avenir.

Dans le cadre de leur partenariat pour les Femmes et la Science, L’Oréal et l’UNESCO ont dévoilé le 11 novembre 2011, Journée mondiale de la science, les cinq femmes scientifiques d’exception issues du monde entier, qui recevront le Prix 2012 L’ORÉAL-UNESCO en Sciences de la Vie. Chaque Lauréate, modèle pour les prochaines générations de scientifiques, recevra 100 000 US$ en récompense de sa contribution aux progrès de la science.

Lauréates

© Julian Dufort for the L’Oréal Corporation Foundation, Professor Jill Farrant

AFRIQUE et les ETATS ARABES

Professeur Jill FARRANT
Chaire de recherche – Physiologie moléculaire des plantes, Faculté de biologie moléculaire et cellulaire, Université de Cape Town, AFRIQUE DU SUD
Pour la découverte des mécanismes qui permettent aux plantes de survivre dans des conditions de sécheresse.

Jill Farrant est la plus grande spécialiste au monde des plantes de la résurrection, ces organismes qui survivent dans un état de dessèchement et de dormance avant de « revenir à la vie » lorsqu’ils sont réhydratés. Jill Farrant étudie, selon différentes perspectives, la capacité de ces nombreuses espèces de plantes à survivre sans eau pendant de longues périodes : de l’angle moléculaire, biochimique ou ultrastructural à la méthode écophysiologique, elle s’appuie sur une approche comparative unique et travaille sur de nombreuses espèces de plantes reviviscentes et plusieurs types de tissus végétaux. Ses recherches peuvent avoir des applications thérapeutiques, mais surtout contribuent à la mise au point de cultures résistantes au dessèchement afin de nourrir les populations des zones arides les plus touchées par la sécheresse.

© Julian Dufort for the L’Oréal Corporation Foundation, Professeur Ingrid Scheffer

ASIE / PACIFIQUE

Professeur Ingrid SCHEFFER
Chaire de recherche en neurologie pédiatrique, Université de Melbourne, AUSTRALIE
Pour l’identification des gênes impliqués dans certaines formes d’épilepsie.

Ingrid Scheffer essaie d’apporter un éclairage nouveau sur le diagnostic et le traitement de l’épilepsie, un dysfonctionnement cérébral caractérisé par des convulsions et d’autres symptômes pouvant être particulièrement gênants dans la vie des 50 millions de personnes qui en souffrent. Elle a distingué plusieurs formes nouvelles de cette maladie et son groupe de recherche a été le premier à découvrir un gène de l’épilepsie. Par la suite ils ont démontré la responsabilité de nombreux autres gènes dans cette affection neurologique. Ces découvertes révolutionnaires ont déjà permis d’améliorer le diagnostic et le traitement de nombreux patients et pourraient donner naissance à de nouvelles thérapies. Elles peuvent être également exploitées dans le cadre de conseils génétiques. L’objectif du Professeur Scheffer est de « révolutionner la vie des patients et de leurs familles grâce à la science. »

© Julian Dufort for the L’Oréal Corporation Foundation

EUROPE

Professeur Frances ASHCROFT
Professeur, Département de Physiologie, Anatomie et Génétique, Université d’Oxford, ROYAUME-UNI
Pour ses contributions à la compréhension de la sécrétion d’insuline et du diabète chez le nouveau-né.

En 1984, le Professeur Frances Ashcroft identifie une protéine (un minuscule pore connu sous le nom de canal ionique) qui fait le lien entre glycémie et sécrétion d’insuline. Grâce à cette découverte, les personnes souffrant d’une forme génétique rare de diabète peuvent désormais soulager leurs symptômes en ingérant tout simplement un médicament disponible sous forme de comprimés, sans avoir à pratiquer quotidiennement des injections d’insuline. Ce médicament leur permet de contrôler plus efficacement leur glycémie et de réduire ainsi les risques de complications diabétiques, telles que la cécité ou les insuffisances rénales. Frances Ashcroft cherche aujourd’hui à comprendre pourquoi 25 % des patients atteints de cette maladie développent également des problèmes neurologiques, et continue d’explorer les défaillances de la sécrétion d’insuline dans les diabètes de type 2, dont souffrent 336 millions de personnes dans le monde.

© Julian Dufort for the L’Oréal Corporation Foundation

AMERIQUE LATINE

Professeur Susana LÓPEZ
Génétique du développement et physiologie moléculaire, Département de l’Institut de Biotechnologie, Université nationale, Cuernavaca, MEXIQUE
Pour avoir identifié le mode d’action des rotavirus, responsable chaque année de 600 000 décès d’enfants.

Chaque année, les infections à rotavirus causent la mort de 600 000 enfants dans les pays en développement et provoquent des maladies graves chez deux millions d’enfants. Depuis 1986, Susana López est à la tête du combat scientifique mené contre un fléau universel, un rotavirus responsable de graves troubles intestinaux pour la quasi-totalité des enfants de moins de cinq ans dans le monde. Avec l’aide de son équipe de chercheurs, Susana López a étudié les mécanismes du rotavirus sous différents angles, dont, notamment, sa propagation dans les populations humaines, la réaction immunitaire qu’il déclenche, ainsi que son cycle de réplication. Ils ont également conçu de nouveaux tests de diagnostic, isolé de nouvelles souches du rotavirus et contribué à la mise au point d’un vaccin capable de prévenir l’infection.

© Julian Dufort for the L’Oréal Corporation Foundation

AMERIQUE DU NORD

Professeur Bonnie BASSLER
Département de biologie moléculaire, Université de Princeton, ETATS-UNIS
Pour la compréhension du langage chimique par lequel les bactéries communiquent entre elles, ouvrant la voie vers de nouveaux traitements des infections.

Pour Bonnie Bassler, les bactéries ne sont pas de simples organismes individuels microscopiques oeuvrant de façon autonome pour le meilleur (la digestion alimentaire, par exemple) ou pour le pire (les maladies). Elle a ainsi découvert qu’elles étaient en réalité totalement inefficaces lorsqu’elles se trouvaient isolées, et qu’elles devaient unir leurs forces et avancer « en ordre de bataille » pour parvenir à nous rendre malades ou à nous garder en bonne santé. Mais sans communication digne de ce nom, les groupes de bactéries ne pourraient pas agir à l’unisson, et Bonnie Bassler a réussi à démontrer que les bactéries communiquent à l’aide de « mots » chimiques. Des avancées majeures qui pourraient se traduire un jour par le développement de nouveaux antibiotiques capables d’intervenir dans les conversations des bactéries et le déploiement de nombreuses autres applications, telles que la création d’implants chirurgicaux résistants aux infections.

Retour en haut de la page