15e Prix L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science, 2013

© Fondation L’Oréal.
Les lauréates et les boursières avec Irina Bokova, Directrice Générale de l'UNESCO, pendant la 15e cérémonie des prix L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science.

Chaque année, 5 femmes scientifiques émérites, une par continent, sont mises à l’honneur pour la contribution de leur travaux, la force de leur engagement et leur empreinte dans la société. Elles sont sélectionnées par un jury indépendant et international, présidé cette année par le professeur Ahmed Zewail, Prix Nobel de Chimie 1999, titulaire de la Chaire Linus Pauling de chimie et professeur de physique de l’Institut de Technologie de Californie.

Les travaux des lauréates 2013 témoignent d’approches exceptionnelles et novatrices dans la recherche fondamentale en sciences physiques : qu’il s’agisse de permettre une meilleure compréhension du changement climatique, de faire avancer les recherches sur les maladies neurodégénératives, ou de favoriser la découverte de nouvelles sources d’énergie potentielle. 

« Ces cinq femmes scientifiques d’exception apportent au monde une compréhension plus fine du fonctionnement de la nature » a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. « Leur recherche d’avant-garde et leurs découvertes modifient notre façon de voir et de penser dans de nombreux domaines des sciences physiques et repoussent les frontières de la science et de la technologie. De telles avancées peuvent transformer nos sociétés. »

Le 28 mars 2013, les cinq lauréates se verront remettre leur prix et 100 000 USD pour leur contribution majeure à la recherche en sciences physiques au cours d’une cérémonie à Paris.

Lauréates

© L’Oréal Corporation Foundation, Professor Francisca Nneka OKEKE

AFRIQUE et les ETATS ARABES

Professeur Francisca Nneka OKEKE
Université de Nigeria, Nsukka (Nigeria)
Pour ses travaux pionniers sur les variations quotidiennes des courants ioniques dans la haute atmosphère, qui pourraient améliorer notre compréhension du changement climatique.

Bien au-dessus de la surface de la Terre, à une altitude comprise entre 50 et 1 000 km, se trouve l’ionosphère, une couche très épaisse composée de particules chargées, où les électrons libres sont suffisamment nombreux pour influencer la transmission des ondes électromagnétiques à fréquence radio. Lorsque ces ions se déplacent dans le champ magnétique terrestre, un courant est induit à la manière d’une dynamo et les modifications ainsi provoquées dans le champ magnétique à la surface de la Terre ont de multiples effets sur la planète. Les travaux du Professeur Francisca Okeke ont abouti à de nouvelles découvertes sur la zone de l’ionosphère située au-dessus de l’équateur.

© L’Oréal Corporation Foundation, Professor Reiko KURODA

ASIE / PACIFIQUE

Professeur Reiko KURODA
Université des sciences de Tokyo (Japon)
Pour l'explication de la différence fonctionnelle entre les molécules « gauchères » et « droitières », donnant lieu à de nombreuses applications pour la recherche, notamment sur les maladies neuro-dégénératives telles que l'Alzheimer.

« Chiralité », tel est le terme scientifique utilisé pour définir la spécialité du Professeur Reiko Kuroda. Cette propriété d’asymétrie fait qu’un objet n’est pas superposable à son image dans un miroir et qu’il est orienté soit vers la droite, soit vers la gauche. On peut l’observer dans tous types d’objets, qu’ils soient animés ou inanimés, même dans les plus petits composants de notre corps.

© L’Oréal Corporation Foundation, Professor Pratibha GAI

EUROPE

Professeur Pratibha GAI
Université d’York (Royaume-Uni)
Pour la mise au point d'une technique de visualisation innovante, permettant d'observer les réactions chimiques des atomes de surface des catalyseurs, ouvrant la voie au développement de nouvelles sources d'énergie et de nouveaux médicaments.

Réussir à observer ce qui est imperceptible à l’œil nu constitue l’une des avancées les plus révolutionnaires de l’histoire de la science. Des microscopes optiques du 16e siècle aux modèles électroniques du 21e siècle, les progrès en matière de visualisation de processus naturels autrefois invisibles ont ouvert un immense champ de connaissances nouvelles. Le Professeur Pratibha Gai fait partie des rares scientifiques à avoir contribué à ce long perfectionnement. Grâce aux très ingénieuses modifications qu’elle a apportées aux microscopes électroniques, il est désormais possible d’observer, au niveau atomique, des processus chimiques qui étaient encore, il n’y a pas si longtemps, un mystère total.

© L’Oréal Corporation Foundation, Professor Marcia BARBOSA

AMÉRIQUE LATINE

Professeur Marcia BARBOSA
Université fédérale de Rio Grande do Sul, Porto Alègre (Brésil)
Pour la découverte d’une anomalie de l’eau, non seulement applicable à d’autres liquides, ce qui pourrait entrainer une meilleure connaissance des phénomènes de séismes, mais aussi importante pour la compréhension du repliement des protéines, aspect essentiel pour le traitement de certaines maladies.

Au niveau microscopique, l’eau peut présenter des comportements inhabituels et insoupçonnés, que les scientifiques appellent des « anomalies de comportement ». L’eau recouvrant près des trois quarts de la surface de la Terre et composant le corps humain à plus de 50 %, il est primordial, pour le progrès scientifique dans presque tous les domaines, de comprendre avec précision les mécanismes de ces comportements inhabituels. Le Professeur Marcia Barbosa a mis en lumière l’une de ces particularités. Les conclusions de ses recherches pourraient avoir un impact majeur sur notre compréhension d’une multitude de phénomènes naturels allant des tremblements de terre aux protéines humaines.

© L’Oréal Corporation Foundation, Professor Deborah JIN

AMÉRIQUE DU NORD

Professeur Deborah JIN
National Institute of Standards and Technology, Université du Colorado, Boulder (États-Unis)
Pour avoir été la première scientifique à refroidir des molécules à un point tel qu’elle a pu observer des réactions chimiques au ralenti, ce qui pourrait améliorer notre connaissance des processus moléculaires et favoriser la découverte de nouvelles sources d’énergie.

Le Professeur Deborah Jin étudie le comportement des molécules lorsqu’elles sont refroidies pratiquement au zéro absolu, la température la plus basse possible. Avec son équipe de l’Université du Colorado, elle a mis au point une technique permettant de réaliser ce processus extrêmement difficile. Le but recherché, lorsque l’on soumet des molécules à des températures si basses, est de ralentir leurs mouvements. Plus les molécules sont froides, plus leurs mouvements sont lents, et les chercheurs peuvent alors observer ce qui se passe lors des réactions chimiques. En parvenant à refroidir les molécules au point de pouvoir observer leur comportement, Deborah Jin a réalisé une découverte majeure et triomphé d’un obstacle qui freinait la communauté scientifique depuis des années.

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