Promouvoir la participation des femmes aux processus de prise de décisions

© WMO/ Clare Nullis. Groupe de haut niveau sur les femmes et les carrières dans les domaines de la météorologie, l'hydrologie et le climat

La science, la technologie et l’innovation (STI) sont des éléments clés de la croissance et du développement à l’échelle internationale et nationale. Or, un développement équitable, inclusif et durable ne pourra être atteint si les priorités, besoins, attentes, responsabilités et compétences des femmes autant que des hommes sont pas pris en considération lors de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques en STI – ce qui est encore loin d’être le cas aujourd’hui.

C’est pourquoi le Secteur des sciences exactes et naturelles de l’UNESCO s’est donné pour mission de promouvoir, d’encourager et de soutenir la participation des femmes aux processus de haut niveau qui façonnent l’agenda de la science et les politiques scientifiques, afin d’assurer que les contributions des femmes scientifiques et de toute femme détentrice de connaissances, y compris de savoirs locaux et autochtones, y soient effectivement intégrées.

Initiatives

Dans ce contexte, l’Académie mondiale des sciences (UNESCO-TWAS), en collaboration avec le Réseau africain d’institutions scientifiques et technologiques (ANSTI), apporte son soutien à GenderInSITE, une campagne internationale dont le but est de sensibiliser les décideurs politiques sur le lien entre le développement, les sciences, l’innovation, la technologie et l’ingénierie, et les questions d’égalité entre les genres. Le message principal porté par cette initiative est que les sciences, l’innovation, la technologie et l’ingénierie permettront un développement efficace, équitable et durable si et seulement si les priorités, besoins, connaissances et aptitudes des femmes sont prises en compte lors de la formulation des politiques et stratégies de développement à tous les niveaux.

De plus, le Secteur des sciences exactes et naturelles de l’UNESCO est actuellement en train de réaliser un inventaire de tous les instruments de politique en science, technologie et innovation qui affectent, positivement ou négativement, l’égalité entre les genres et l’autonomisation des femmes. Des enquêtes sont menées dans un certain nombre de pays à travers le monde, plus particulièrement en Afrique et en Amérique Latine, par l’Observatoire mondial des instruments de politique de STI (GO-SPIN) et les résultats sont ensuite analysés et compilés dans la base de données mondiale GO-SPIN de l’UNESCO. L’objectif principal de ce projet GO-SPIN est de satisfaire la demande croissante d’information et de données de la part des États membres sur les politiques de STI ainsi que sur les instruments de politique, cadres légaux, études et indicateurs, afin de développer des stratégies nationales et régionales informées et efficaces, notamment sur les questions d’égalité des genres et d’autonomisation des femmes dans ces domaines spécifiques d’activité.

Conférence internationale les dimensions genrées des services météorologiques et climatologiques

La Conférence internationale les dimensions genrées des services météorologiques et climatologiques (Genève, 5-7 novembre 2014), organisée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’UNESCO, et d’autres partenaires apparait comme un moment décisif où la question de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes afin d’encourager le développement de sociétés plus équitables, plus sûres et plus résilientes grâce à la création et à l’utilisation de services météorologiques et climatologiques sensibles au genre a pu être abordée.

Cet évènement a été un grand succès, rassemblant plus de 280 participants en provenance de plus de 92 pays et 32 organisations internationales.
L’un des résultats les plus importants de cette Conférence a été la formulation de plusieurs recommandations dans le but de renforcer la prise de conscience et de faire connaître les bonnes pratiques et les mesures concrètes permettant une participation effective des femmes – et des hommes – à l’élaboration, l’acquisition et l’utilisation des services météorologiques et climatologiques en vue d’une prise de décisions plus éclairée dans les secteurs sensibles aux conditions météorologiques et climatologiques que sont la sécurité alimentaire, la réduction des risques de catastrophes, la gestion des ressources en eau et la santé publique. La Conférence a aussi permis la formulation de stratégies afin de promouvoir plus généralement la participation des femmes en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) – et plus spécifiquement dans les carrières liées à la science du climat où les femmes sont tout particulièrement sous-représentées (seulement un tiers de femmes en météorologie et en hydrologie).

Ainsi, les organisateurs de cette Conférence, y compris l’UNESCO, et les participants sont désormais associés à travers un réseau animé par l’OMM afin de permettre le suivi effectif de la mise en œuvre des recommandations élaborées lors de la Conférence. De plus, ces recommandations ont été transmises à la direction du Cadre mondial pour les services climatologiques et sont venues enrichir divers autres processus internationaux, tels que le programme de développement pour l’après-2015 et les Objectifs de développement durable, le cadre pour la réduction des risques de catastrophes pour l’après-2015, le nouvel accord sur le changement climatique (via COP20 à Lima) et, pour finir, la Déclaration et le Programme d’action de Beijing vingt ans après son adoption.


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