Posters sur les savoirs autochtones

Une série de 7 posters sur les savoirs autochtones a été lancée par le programme LINKS à Vanuatu en décembre 2008. Ces posters introduisent des concepts et des problématiques importants en matière de savoirs dans les sociétés autochtones d'aujourd'hui. Les posters servent de matériel pédagogique qui vient renforcer la sensibilisation aux nombreuses opportunités et défis auxquels font face les détenteurs de savoirs autochtones. Le but en est de stimuler la discussion et l'intérêt parmi les enfants et les enseignants dans les classes de cours, renforçant ainsi les liens entre les communautés autochtones et leurs écoles.

Les posters sont disponibles en anglais, bislama (Vanuatu), espagnolfrançais et russe. Téléchargez la série complète des 7 posters en version française [PDF 8.1Mb] ou téléchargez-les individuellement ci-dessous. Des éditions locales des posters ont été produites aux Philippines où une édition locale en anglais a été publiée par l’ONG indigène Tebtebba. Une version en langue philippine sera développée au cours de l’année 2011.

Pour commander des versions imprimées (dimensions 47cm x 68cm), contactez links(at)unesco.org

 

Savoirs locaux et développement durable
Les savoirs locaux et autochtones comprennent les connaissances, savoir-faire et philosophies développés par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel. Pour les peuples ruraux et autochtones, le savoir traditionnel est à la base des décisions prises sur des aspects fondamentaux de leur vie quotidienne.

Ce savoir fait partie intégrante d’un système culturel qui englobe aussi la langue, les systèmes de classification, les pratiques d’utilisation des ressources, les interactions sociales, les rituels et la spiritualité.

Ces modes de connaissance uniques sont des éléments importants de la diversité culturelle mondiale et sont à la base d’un développement durable localement adapté.

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Complémentarité des savoirs féminins et masculins
Les femmes comme les hommes possèdent d’importants corpus de connaissances et de savoir-faire. Cependant les femmes ont leurs propres domaines d’expertise et leur propre mode de transmission des savoirs. Leur savoir est vital pour assurer à la communauté bienêtre, valeurs et moyens de subsistance.

La recherche concernant les savoirs autochtones a été longtemps axée principalement sur les savoirs masculins. Aujourd’hui il est reconnu que les savoirs des hommes et des femmes sont complémentaires et participent au maintien de la vitalité et du dynamisme des systèmes de savoirs autochtones.

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Défier les présupposés de la science occidentale
Les philosophies occidentales de l’environnement sont basées sur la séparation entre l’homme et la nature. Elles inclinent à penser que les êtres humains doivent êtres exclus de l’environnement si on veut le préserver. Par contre dans le système de pensée autochtone, cette séparation n’est pas de mise, car écosystèmes et systèmes sociaux sont intimement liés. Les paysages sont dépourvus de sens si l’on exclut leurs relations avec les hommes, qui les créent et qui, à leur tour, sont créés par eux.

Contrairement à la science, la pensée autochtone n’oppose pas le rationnel au spirituel, et ne valorise pas l’un au détriment de l’autre. Tout au contraire les deux sont intimement liés. C’est pourquoi dissocier les savoirs autochtones de leurs fondements spirituels et moraux mène souvent à une mauvaise interprétation et à leur fragmentation.

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Continuité et changement: le dynamisme des savoirs 'traditionnels'

Les savoirs locaux et autochtones sont souvent perçus comme d’immuables corpus de sagesse transmis de génération en génération. Des termes tels que ‘tradition’ et ‘patrimoine’ évoquent constance, immobilisme et inflexibilité. En réalité les savoirs locaux font constamment l’objet de réévaluations, de renouvellement et d’innovations. Chaque génération réinterprète les savoirs de ses ancêtres pour mieux s’adapter aux défis émergents et saisir les opportunités qu’offre un monde en rapide évolution.

La facilité avec laquelle les populations autochtones adoptent les technologies modernes est souvent interprétée comme un abandon de leurs propres valeurs et modes de vie. Bien au contraire, cette capacité à incorporer de nouveaux outils et savoir-faire a toujours été fondamentale pour le dynamisme des cultures autochtones. C’est en combinant modernité et tradition que de nombreuses communautés autochtones peuvent maintenir leurs modes de vie et visions du monde uniques.

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Synergies entre savoirs autochtones et scientifiques
Les savoirs autochtones peuvent être porteurs d’avancées scientifiques et fournir de nouvelles informations et perspectives pour les chercheurs. C’est particulièrement le cas dans des régions éloignées qui ne sont pas au coeur des recherches scientifiques.

Reconnaître que les populations locales et autochtones ont leur propre compréhension des processus écologiques, des pratiques de conservation et de gestion des ressources, a des implications importantes. Cette reconnaissance transforme la relation entre les gestionnaires de la biodiversité et les communautés locales. Autrefois perçus comme de simples utilisateurs de ressources, les peuples autochtones sont désormais reconnus comme des partenaires essentiels dans la gestion de l’environnement.

Cependant les différences entre les visions du monde scientifiques et autochtones continuent de limiter la capacité à collaborer, tout comme le préjugé très répandu de la supériorité de la science sur les autres systèmes de savoirs.

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La protection des savoirs traditionnels
Les savoirs autochtones sont souvent victimes d’une exploitation, à des fins commerciales, par des étrangers extérieurs à la communauté. Dans de nombreux cas ce savoir a été approprié sans consultation avec les communautés autochtones et sans même qu’elles soient informées de l’usage qui en serait fait.

Aujourd’hui de nombreuses communautés revendiquent la protection de leurs savoirs traditionnels contre une exploitation inappropriée, en soulignant la nécessité d’un consentement préalable et d’un partage des bénéfices.

Les régimes actuels de protection de la propriété intellectuelle sont inadaptés aux besoins des sociétés autochtones et de leurs savoirs. Des expériences sont actuellement mises en œuvre pour développer des systèmes sui generis innovants et conformes aux lois coutumières.

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Redynamiser la transmission des savoirs au sein des communautés locales
Si les programmes scolaires fournissent des outils importants pour le développement humain, ils peuvent aussi compromettre la transmission des savoirs autochtones.

Dans le cadre d’une éducation formelle, les enfants passent beaucoup de temps à apprendre passivement dans des salles de classe au lieu d’apprendre par leur propre expérience sur le terrain. Les professeurs remplacent ainsi les parents et les aînés dans leurs rôles de détenteurs de connaissances et d’autorité. La langue nationale devient le seul support d’instruction, tandis que les langues vernaculaires sont ignorées. L’enseignement scolaire peut donc contribuer à une érosion de la diversité culturelle, une perte de cohésion sociale, l’aliénation et la désorientation de la jeunesse autochtone.

Il devient donc urgent de renforcer la transmission des savoirs autochtones entre générations en complément de l’éducation scolaire. Des actions sont menées aujourd’hui pour intégrer les langues et les savoirs autochtones dans les curricula scolaires, tout en redonnant au savoir sa place au sein de la communauté, ce qui renforcera la légitimité des Anciens en tant que détenteurs de savoir.

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