17.04.2009 -

Le Directeur général s'inquiète des mesures prises à l'encontre des médias à Fidji

Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a exprimé aujourd'hui sa profonde inquiétude après la suspension de la liberté de la presse à Fidji, suite aux mesures d'état d'urgence, entrées en vigueur le 10 avril pour une durée de 30 jours.

Selon ces nouvelles mesures, les rédacteurs en chef ne peuvent plus publier ou radiodiffuser des articles défavorables aux forces armées. Les sujets sensibles doivent être approuvés par des responsables gouvernementaux avant publication et les médias qui ne suivront pas ces directives pourront être fermés.

 

« Je suis très inquiet pour la liberté de la presse à Fidji », a déclaré le Directeur général. Il a ajouté : « La liberté d'expression, un droit de l'homme fondamental sur lequel repose la liberté de la presse, est essentielle pour la démocratie, la bonne gouvernance et l'Etat de droit. J'exhorte les autorités à permettre le débat ouvert qui est toujours indispensable si l'on veut trouver des solutions durables aux difficultés et aux désaccords ».

 

« Priver les gens d'informations sur les événements qui les affectent ne débouche que sur la peur et la suspicion. De telles mesures ne contribueront pas à une solution des problèmes sociaux et économiques du pays », a ajouté Koïchiro Matsuura.

 

Les mesures d'exception ont été proclamées après que le chef des armées, le contre-amiral Frank Bainimarama, ait été reconduit Premier ministre et que le Président fidjien, Ratu Josefa Iloilo, ait abrogé la Constitution et limogé les magistrats qui avait jugé illégitime le gouvernement militaire de l'île.

L'UNESCO est le seul organisme des Nations Unies dont la mission consiste à défendre la liberté d'expression et la liberté de la presse. En vertu de l'Article premier de son Acte constitutif, l'Organisation est tenue « d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue, ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples. » À ces fins, elle doit « favorise[r] la connaissance et la compréhension mutuelle des nations en prêtant son concours aux organes d'information des masses ; elle recommande, à cet effet, tels accords internationaux qu'elle juge utiles pour faciliter la libre circulation des idées, par le mot et par l'image. »




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