09.07.2014 - ODG

En marge du débat de haut niveau de l’ECOSOC, la table ronde ministérielle de l’UNESCO souligne l’universalité de la science, ainsi que son rôle fondamental dans l’élimination de la pauvreté et la réalisation du développement durable

La table ronde ministérielle sur les sciences au service du développement durable, organisée par l’UNESCO dans le cadre du débat de haut niveau de l’ECOSOC et du Forum politique de haut niveau, s’est tenue le 8 juillet dernier au Siège de l’ONU, à New York.

Cette manifestation, qui a rassemblé plusieurs Ministres, Ambassadeurs des Nations Unies et hauts responsables du système des Nations Unies, ainsi que des représentants des pouvoirs publics et des milieux universitaires, était co-présidée par la Directrice générale de l’UNESCO et la Ministre de l’eau et des affaires environnementales d’Afrique du Sud, Mme Edna Molewa.

« Investir dans la science, c’est investir dans la sécurité alimentaire et la sécurité de l’eau, les énergies renouvelables, la réduction des risques de catastrophe et la résilience au changement climatique. Il en va de la paix et de la prospérité de tous », a souligné la Directrice générale.

Rappelant que seuls 0,5 % des chercheurs dans le monde vivent dans des pays les moins avancés, que 0,5 % seulement du PIB est consacré à la recherche-développement (R-D) en Afrique et que moins d’un tiers des chercheurs de la planète sont des femmes, Mme Bokova a appelé à une science plus inclusive, entretenant des liens resserrés avec les politiques et la société. À cet égard, elle s’est félicitée de la création, par le Secrétaire général de l’ONU, du Conseil consultatif scientifique (SAB), qui marque une étape importante dans cette direction.

S. E. Mme Molewa a salué la création du SAB, déclarant qu’il s’agissait d’un mécanisme important pour faire en sorte que la science soit placée au cœur des affaires environnementales et des futurs objectifs de développement durable. Elle a par ailleurs souligné la nécessité de mettre à profit la science pour éliminer la pauvreté et vaincre les inégalités dans le monde, en particulier dans les pays en développement.

Deux membres du Conseil consultatif scientifique (SAB) mis en place par le Secrétaire général de l’ONU, les Professeurs Hacker (Allemagne) et Tubiana (France), ont donné dans leurs allocutions un aperçu de la première publication du SAB, axée sur le rôle fondamental des sciences dans le développement durable et le programme de développement pour l’après-2015.

Dans leurs présentations respectives, ils ont donné des exemples des liens qui existent entre la science et les défis sociaux, économiques et environnementaux liés au développement durable. Étant donné la grande utilité de la science pour structurer le débat sur le développement durable, ainsi que sa valeur intrinsèque, ils ont vivement recommandé d’ancrer les sciences dans les objectifs de développement durable (ODD) et dans le programme de développement pour l’après-2015. Ils ont également plaidé pour un relèvement des dépenses consacrées à la recherche et au développement, en fixant un pourcentage minimum du produit intérieur brut (PIB) à cet effet, avec des crédits spécialement alloués à la recherche fondamentale, à l’enseignement scientifique et à la promotion de l’initiation aux sciences.

S. E. Mme Annick Girardin, Secrétaire d'État au développement et à la francophonie (France), a expliqué que les responsables des politiques avaient besoin des scientifiques pour les tenir en alerte face aux nombreux défis du développement durable, mais également pour proposer des solutions. Tout en reconnaissant que la théorie précédait la pratique, elle a préconisé que la science, la recherche et le développement soient tournés vers la recherche de solutions.

Pour la Croatie, S. E. Mme Vesna Batistic Kos, Ministre adjointe chargée des affaires multilatérales et des questions mondiales, a rappelé l’importance d’une perspective régionale dans la façon d’aborder les défis du développement durable, avec des réseaux efficaces et un échange d’informations au niveau régional.

Exprimant le point de vue des petits États insulaires en développement (PEID), les Ambassadeurs Jumeau (Seychelles) et Otto (Palaos) ont tous deux mis en avant le rôle fondamental de la science face aux questions liées aux océans et à l’économie bleue, ainsi que son importance pour la préservation du patrimoine mondial naturel et culturel. Ils ont insisté sur la nécessité urgente d’aider les PEID à développer leurs propres capacités en matière de sciences, de technologies et d’innovation (STI), de prendre en compte les spécificités des PEID dans le processus de transfert des technologies et des savoirs, ainsi que de promouvoir davantage l’enseignement des STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) et l’initiation aux sciences dans les PEID.

À l’issue d’un riche débat, la Directrice générale a conclu cette réunion en félicitant le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, pour le leadership dont il a fait preuve afin de placer la science au cœur du développement durable, notamment en créant le Conseil consultatif scientifique et en désignant l’UNESCO pour en assurer le secrétariat.

 




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