07.04.2011 -

Le journaliste iranien Ahmad Zeidabadi lauréat 2011 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano

Le journaliste iranien, Ahmad Zeidabadi, actuellement détenu, est le lauréat du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano 2011. Il a été choisi par un jury international indépendant composé de douze professionnels des médias.

Ancien rédacteur en chef du journal Azad, collaborateur du journal Hamshahari, basé à Téhéran, du service en farsi de la BBC et du site d'information en farsi et anglais Rooz, Ahmad Zeidabadi est également membre de l'Association des journalistes iraniens et a présidé une des plus importantes organisations étudiantes du pays, Tahkim-e-Vahdat. Professeur de sciences politiques, il a donné des conférences dans de nombreuses institutions universitaires.

 

Ahmad Zeidabadi purge actuellement une peine de six ans de prison, prononcée après l'élection présidentielle controversée de 2009.

 

Lors de l'annonce de la décision, la présidente du jury Diana Senghor a déclaré : « En récompensant Ahmad Zeidabadi, il s'agit de rendre hommage à son exceptionnel courage, à sa résistance et à son engagement en faveur de la liberté d'expression, de la démocratie, des droits de l'homme, de la tolérance et de l'humanité. Au-delà de sa personne, ce sont les nombreux journalistes iraniens actuellement détenus qui sont récompensés par ce Prix ».

 

La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a approuvé la décision du jury et demandé la libération du journaliste iranien. « Tout au long de sa carrière, Ahmad Zeidabadi a plaidé courageusement et sans relâche pour la liberté de la presse et la liberté d'expression, un droit de l'homme fondamental qui est le pilier de toutes les autres libertés civiques et un élément clé pour des sociétés ouvertes et tolérantes, pour l'Etat de droit et la gouvernance démocratique », a déclaré la Directrice générale.

 

« En amont de la Journée mondiale de la liberté de la presse et compte tenu des préoccupations exprimées par le jury international à propos de son état de santé, j'appelle les autorités iraniennes à mettre fin à la détention d'Ahmad Zeidabadi ».

 

Né en 1966, Ahmad Zeidabadi a été arrêté une première fois en 2000. Sa campagne pour les droits civiques a pris de l'ampleur après la publication et une large distribution de sa lettre ouverte, rédigée en prison, sur le traitement infligé aux journalistes emprisonnés. Moins d'un an après sa libération sous caution en mars 2001, il a de nouveau été détenu et condamné à 23 mois de prison et à 5 ans d'interdiction de « toutes activités politiques et sociales, journalisme compris ». Libéré en 2004, il s'est de nouveau retrouvé aux prises avec le gouvernement durant l'élection présidentielle de 2005 car il a publié de nombreux articles appelant au boycott de l'élection.

 

Ahmad Zeidabadi figure parmi les nombreux journalistes iraniens détenus à la suite des élections de 2009. Avec une quarantaine d'autres journalistes et une centaine de supporters connus du mouvement réformiste, il a été jugé pour conspiration visant à renverser le gouvernement par « une révolution en douceur ». Il a été condamné à six ans de prison, suivis de cinq ans d'exil intérieur et d'une interdiction à vie de pratiquer son métier de journaliste. Au moins 26 autres journalistes sont encore derrière les barreaux.

 

En 2010, l'Association mondiale des journaux a décerné à Ahmad Zeidabadi son prestigieux prix de la Plume d'or de la liberté qui récompense une action exceptionnelle en faveur de la liberté de la presse.

 

Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano a été créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'UNESCO. Il est remis tous les ans lors des célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai. Il récompense une personne, organisation ou institution ayant contribué d'une manière notable à la défense de la liberté de la presse, surtout si pour cela elle a pris des risques. Les candidats sont proposés par les Etats membres de l'UNESCO et les organisations internationales et régionales qui défendent la liberté d'expression.

 

Depuis sa création, le Prix - doté de 25 000 dollars grâce aux fondations des familles Cano et Ottaway, ainsi qu'à JP/Politiken newspaper LTD - a déjà été remis aux lauréats suivants : Mónica González Mujica (Chili, 2010), Lasantha Wickrematunge (Sri Lanka, 2009), Lydia Cacho (Mexique, 2008), Anna Politkovskaya (Fédération de Russie, 2007), May Chidiac (Liban, 2006), Cheng Yizhong, (Chine, 2005), Raúl Rivero (Cuba, 2004), Amira Hass (Israël, 2003), Geoffrey Nyarota (Zimbabwe, 2002), U Win Tin (Myanmar, 2001), Nizar Nayyouf (Syrie, 2000), Jesus Blancornelas (Mexique, 1999), Christina Anyanwu (Nigeria, 1998), Gao Yu (Chine, 1997).

 

Les lauréats sont choisis par un jury dont les membres sont nommés pour un mandat de trois ans (renouvelable une fois) par la Directrice générale de l'UNESCO. Un tiers du jury est remplacé chaque année. Les professionnels des médias composant le jury qui a récompensé Ahmad Zeidabadi sont : Diana Senghor, Présidente du jury et Directrice générale de l'Institut Panos Afrique de l'Ouest (Sénégal) ; Alexandra Föderl-Schmid, rédactrice en chef de Der Standard (Autriche) ; Bulbul Monjurul Ahsan, PDG et rédacteur en chef de Boishakhai Media Limited (Bangladesh) ; Miklos Haraszti, ancien responsable de la liberté des médias à l'OSCE (Hongrie) ; Ognian Zlatev, Directeur du Centre de développement des médias (Bulgarie) ; Daniel Santoro, rédacteur en chef de Clarín (Argentine) ; Steven Gan, rédacteur en chef de Malaysiakini.com (Malaisie), Guiliana Sgrena, reporter et correspondente de Il Manifesto (Italie) ; Serkalem Fasil, éditrice et rédactrice en chef adjointe de Menilik (Ethiopie) ; Marielos Monzon, éditorialiste de Prensa Libre (Guatemala) ; Ramzi E.Khoury, Président de PINA - Television Production Company (Emirats Arabes Unis) ; Raghida Dergham, chef du Bureau de New York de Al Hayat (Liban).

L'UNESCO est l'agence des Nations Unies dont la mission consiste à défendre la liberté d'expression et la liberté de la presse. En vertu de l'Article premier de son Acte constitutif, l'Organisation est tenue « d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue, ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples ». À cette fin, elle « favorise la connaissance et la compréhension mutuelle des nations en prêtant son concours aux organes d'information des masses ; elle recommande, à cet effet, tels accords internationaux qu'elle juge utiles pour faciliter la libre circulation des idées, par le mot et par l'image ».




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