Vol 10 N° 1 [Janvier - mars 2012]

PLEINS FEUX SUR ...
2 Quel avenir pour la biodiversité ?

ACTUALITÉS
10 L’UNESCO combat la sécheresse dans la Corne de l’Afrique
11 Un cadre mondial pour la gouvernance des eaux souterraines
11 Dix propositions pour la sauvegarde de l’océan
12 Neuf sites ajoutés au Réseau mondial des géoparcs
13 Un forum appelle à plus d’équité dans la nouvelle ère de la science mondiale
13 Partager en Asie le savoir-faire en matière d’enseignement scientifique
14 Un ouvrage sur « la machine la plus complexe du monde »

INTERVIEW
15 Hommage à Wangari Muta Maathai, militante kenyane verte

HORIZONS
17 Comment se portent les sciences de la Terre en Afrique ?
20 Chiffrer l’économie de la conservation

EN BREF
24 Agenda
24 Vient de paraître

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Éditorial

Le pari sur la biodiversité

L'onde de choc provoquée par l’incapacité à enrayer l'érosion de la biodiversité avant 2010 pourrait bien se révéler salutaire. Cet échec a suscité dans la communauté internationale un senti-ment d’urgence qui a favorisé l’adoption en octobre 2010 du Pacte de Nagoya pour la biodiversité. Nos lecteurs se souviennent sans doute que le pacte fixe des objectifs ambitieux pour 2020, comme de réduire de moitié la perte d’habitats et de faire passer de 12 à 17 % la superficie des réserves naturelles sur les terres émergées, et de 1 à 10 % celles des zones côtières et marines protégées.

À Nagoya, les gouvernements se sont également accordés sur la nécessité de créer un organisme qui évaluerait les progrès réalisés. Cette Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) sera parrainée par l’UNESCO, le PNUE, la FAO et le PNUD. Le nom du pays qui accueillera le Secrétariat devrait être connu en avril, lorsque seront annoncés les résultats d’un appel d’offres durant la deuxième réunion plénière de l’IPBES.

Se pose alors la question : les objectifs de biodiversité de 2020 connaîtront-ils le même destin que celui de 2010 ? Ou bien existe-t-il désormais une prise de conscience suffisante de toutes les pertes que l’humanité risque de subir si elle laisse le nombre d’extinctions se poursuivre au rythme actuel ? Les chiffres sont éloquents : 70 % de l’ensemble des espèces végétales connues sont menacées, 35 % des invertébrés, 30 % des amphibiens, 22 % de mammifères…

La régulation du climat, la purification de l’eau et la fertilité du sol sont tous tributaires de la biodiversité, mais ces services écosystémiques cruciaux sont malmenés dans de nombreuses parties du monde par la pollution, la perte d’habitats et autres sources de stress telles que la croissance de la population humaine : le nombre d’Homo sapiens a officiellement atteint les 7 milliards le 31 octobre.

Tout le monde admet la nécessité de protéger les services écosystémiques, mais la conservation doit-elle encore être financièrement possible. L'une des options consiste à « rétribuer le protecteur ». Dans la réserve de biosphère de Serra do Espinhaço, au Brésil, qui comprend pas moins de trois points chauds de la biodiversité, mais aussi le sous-sol le plus intensément exploité du monde, une écotaxe assure un revenu à des municipalités ayant de vastes zones protégées, comme nous le verrons dans ce numéro.

L’UNESCO a contribué à l’adoption de la Décennie internationale de la biodiversité jusqu’en 2020, qui vise, entre autres, à expliquer pourquoi nous, les humains, avons tant à gagner au maintien de la diversité biologique de la planète. Dans l’article qui débute au verso de cette page, Thomas Lovejoy nous donne un aperçu de ce que l’avenir pourrait réserver à la biodiversité… et donc nous-mêmes.

Au risque de clore cet éditorial sur une note un peu solennelle, je dois vous informer que les difficultés financières que l’UNESCO connaît en ce moment m’obligent à réduire Planète Science à sa version électronique en 2012. Si vous n’êtes pas abonné en ligne et que vous souhaitez recevoir un avis par courriel à chaque parution du bulletin, vous pouvez vous inscrire sur www.unesco.org/fr/a-world-of-science.  Si vous désirez exprimer votre soutien à la revue ou aux travaux de l’UNESCO sur le terrain, la Directrice générale a créé un portail « Faites un don à l’UNESCO » sur www.unesco.org.

Gretchen Kalonji
Sous-directrice générale pour les sciences exactes et naturelles

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