Une année consacrée à la gestion politique des ressources en eau

L’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau sera lancée au siège de l’UNESCO à Paris, le 11 février 2013.
Y-a-t-il vraiment de quoi se réjouir ? En un mot, oui. Sur les 70 dernières années, les cas de coopération ont, été, en fait, deux fois plus nombreux que les cas de conflit. Et il n’y a apparemment aucun signe de guerres relatives à l’eau en perspective, quoiqu’en disent nos Cassandres, même dans des régions où les ressources en eau diminuent.

Un tel constat peut surprendre. « Cela semble couler de source », écrivent les auteurs d’un article publié dans Planète Science, le trimestriel de l’UNESCO. « Moins il y a d’eau, plus il est probable que l’on se batte à son sujet. » Eh bien, non. Les chercheurs ont découvert que les climats arides ne sont pas plus sujets aux conflits que les climats humides.  Il apparaît également que les conflits relatifs à l’eau éclatent à parts égales  dans les pays riches et pauvres, les démocraties et les autocraties − fort  heureusement en de rares occasions.

« Il y a donc de quoi se réjouir », observe la Directrice générale adjointe pour les sciences exactes et naturelles, Gretchen Kalonji.  « Qu’il s’agisse d’un bassin fluvial, d’un aquifère transfrontalier ou de la pompe à eau d’un village rural, les exemples de coopération abondent apparemment. »

« Et c’est tant mieux, car la demande d’eau douce augmentant en fonction de la croissance démographique et économique, nous allons devoir nous serrer les coudes encore davantage à l’avenir pour faire en sorte que cette ressource fragile et limitée suffise à tout le monde. Il faudra aussi convaincre les secteurs alimentaires, hydriques et énergétiques de collaborer au lieu d’agir en solitaires. Cela exigera des institutions solides, tant au niveau national qu’international, pour satisfaire des demandes concurrentielles et désamorcer la tension lorsqu’elle se produit, comme au sujet des propositions d’extraction des gaz de schiste, d’irrigation intensive ou de construction de barrages. »

La série d’articles qui suit est tirée de Gérer conflits et concertations dans le domaine de l’eau, écrit par Kramer et al. (Planète Science, volume 11, numéro 1, janvier 2013). Chaque article examine un aspect différent des cas de coopération et de conflit liés à l’eau, en puisant dans des exemples historiques et des études de cas récentes, afin de montrer le visage bien humain de la gestion politique de l’eau.

À venir :

4e partie
Des institutions solides font d’excellentes gardiennes de la paix
5e partie
Des mécanismes de concertation peuvent résoudre les conflits larvés

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