Vol 6 N° 1 [Janvier–mars 2008]

 

SOMMAIRE

PLEINS FEUX SUR
2 - L'essor du règne animal (2e partie)

ACTUALITÉS
9 - La banquise arctique au plus bas
10 - La flottille d’observation de l’océan atteint les 3 000 unités
10 - La science reste dominée par les hommes
11 - Les enfants emboîtent le pas aux gorilles
13 - 23 nouvelles réserves de biosphère avant le Congrès
13 - L’institut de l’eau forme 2 100 Iraniens
13 - L’environnement à l’honneur au Forum

INTERVIEW
14 - Jacob Palis présente l'Académie des sciences pour le monde en développement

HORIZONS
16 - Renaissance des qanats de Bam
20 - Les ambassadeurs de la gastronomie du Rhön

EN BREF
23 - Organes directeurs
24 - Agenda
24 - Vient de paraître

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ÉDITORIAL

À l'avant garde du développement durable

Les acteurs de la protection de la nature et ceux du monde des affaires ont longtemps suivi des chemins différents, persuadés qu’ils étaient de vivre dans des mondes parallèles. Le programme de l’UNESCO l’Homme et la biosphère (MAB) a été l’un des premiers à faire le rapprochement entre sous-développement et non respect de l’environnement. En adoptant une stratégie nouvelle en 1995 à Séville (Espagne), le 2e Congrès mondial des réserves de biosphère consacrait cette vision des choses.

Cette stratégie proposait de transformer les réserves de biosphère en modèles du développement durable en favorisant la croissance de l’économie en milieu rural. L’écotourisme présentant le double avantage de générer localement des revenus, tout en invitant le public à un plus grand respect de la nature, des mesures furent adoptées pour inciter les entrepreneurs locaux à investir dans l’observation des animaux, la plongée, le safari, la randonnée en montagne ou autres.

Les réserves de biosphère furent vivement invitées à créer des entreprises écologiques dans l’industrie, l’élevage, l’apiculture, la production de vins et de fruits, etc. Celle de Rhön, en Allemagne, s’en réjouit aujourd’hui. En décidant de commercialiser des produits locaux de qualité, Rhön a créé des emplois et préservé des exploitations dans un pays en butte à un exode rural. Ce cas est d’autant plus encourageant qu’un tiers de la réserve se trouve dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Comme nous le verrons dans ce numéro, Rhön représente le double symbole de l’unité retrouvée de l’Allemagne et de la relance économique. Suk Kyung Shim, de la Commission de Corée du Sud pour l’UNESCO, fait un parallèle entre Rhön et la situation dans la péninsule coréenne. Elle estime que « la zone démilitarisée séparant la Corée du Nord de la Corée du Sud depuis le cessez-le-feu de 1953 ressemble à l’ancienne frontière intérieure allemande. Cette zone [de 4 km sur 248], ayant échappé à toute influence humaine pendant plus de 50 ans », souligne-t-elle dans UNESCO Today, revue de la Commission allemande pour l’UNESCO, « est exceptionnelle par le nombre d’espèces rares qu’elle abrite et mérite d’être protégée ».

Une réserve de biosphère transfrontalière pourrait-elle apporter un jour une solution aux deux Corée ? « La République de Corée a examiné différents programmes internationaux », déclare Suk Kyung Shim, « et une réserve de biosphère semble convenir parfaitement, même si la situation politique ne permet pas de l’envisager dans un futur proche ». Il existe plusieurs réserves transfrontalières de par le monde, et même une réserve transcontinentale entre le Maroc et l’Espagne.

Le programme du MAB a souvent été une source d’inspiration. Certains pensent qu’il pratiquait même le développement durable avant l’heure. Alors, quelle direction les réserves de biosphère vont-elles prendre désormais ? Il y a de fortes chances pour que le 3e Congrès mondial des réserves de biosphère en apporte la réponse : il est l’hôte du gouvernement espagnol à Madrid, du 4 au 9 février, sur le thème « Les futurs de la biosphère ». Après avoir analysé la mise en œuvre de la Stratégie de Séville au cours des dix dernières années, le Congrès élaborera le Plan d’action de Madrid pour 2008–2013.

W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles

Consulter le numéro spécial sur le changement climatique (Octobre 2007)

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