Vol 6 N° 2 [Avriljuin 2008]

 

SOMMAIRE

PLEIN FEUX SUR ...
2 Quel avenir pour l'enseignement des géosciences en Afrique ?

ACTUALITÉS
9 Lancement de l'Archéomap
9 Projet de prévention du VIH/Sida en Africa
10 La santé, thème dominant des prix L’ORÉAL–UNESCO
12 Une année pour découvrir l'Univers
12 Feuille de route sexennale pour les réserves de biosphère
13 Centre international de recherche sur le karst en Chine
13 Tendances des dépenses mondiales pour l'éducation
14 Amélioration du système d'alerte aux tsunamis

INTERVIEW
15 Khady Nani Dramé explique pourquoi le producteur
de riz n'aura plus à déplorer la sècheresse

HORIZONS
17 L'art de fabriquer un monde meilleur
20 Année noire pour les coraux des Caraïbes

EN BREF
24 Agenda
24 Vient de paraître

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ÉDITORIAL

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Une date devrait figurer sur l’agenda de tous les pays ayant une façade maritime : le 13 mai 2009. C’est la date limite pour ceux qui souhaitent déposer une demande d’extension de leur plateau continental juridique.

L’article 76 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est le cadre juridique international à l’intérieur duquel les États exercent leurs droits et obligations concernant l’utilisation de l’océan et de ses ressources. La Convention y définit notamment les limites des eaux territoriales, des zones économiques exclusives et de l’extension des plateaux continentaux.

Les États côtiers qui ont signé la Convention avant 1999 ont le droit de revendiquer, jusqu’au 13 mai 2009, les ressources des fonds marins au-delà des 200 milles marins mesurés à partir de la ligne de marée basse. Ils ont la possibilité de déposer des demandes devant la Commission des limites du plateau continental pour faire étendre leur juridiction jusqu’à 350 milles marins (environ 650 km).

Sachant que le pétrole et le gaz exploités en off-shore constituent aujourd’hui un quart de la production totale, et la même proportion des réserves connues, il n’est pas surprenant de voir les États côtiers se démener pour agir à temps. Les forages profonds révèlent constamment d’importantes découvertes : champs pétrolifères, dépôts d’hydrates de gaz, de minéraux et présence d’extrémophiles – ces mystérieux organismes des profondeurs qui possèdent des caractéristiques prometteuses pour la pharmacologie et autres industries.

L’un des continents semble, cependant, n’avoir pas bien pris conscience de l’imminence de cette date. S’il est vrai que 33 des 39 États maritimes de l’Afrique ont signé la Convention, seuls l’Afrique du Sud, le Ghana, le Kenya, Madagascar, la Namibie, le Nigeria et quelques autres s’activent pour délimiter leur plateau continental juridique. C’est inquiétant car, à la différence des autres zones, le plateau continental ne fait pas l’objet d’une juridiction automatique. Pour être avalisées, les demandes doivent faire la preuve scientifique du prolongement naturel de leur territoire sous la mer.

Venant à la rescousse, l’Unité de coordination marine du NEPAD, associée depuis décembre 2006 au PNUE et à la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO, a tenté d’accélérer le processus en Afrique. Elle porte la bonne parole dans les grands forums panafricains, comme elle l’a fait au Sommet de l’Union africaine d’Addis-Abeba (Éthiopie) en janvier de l’an dernier. En juillet, le prochain numéro de Planète Science publiera un article de suivi du présent éditorial, détaillant les tenants et aboutissants du dépôt des dossiers.

À supposer qu’un grand nombre de pays africains respectent bien cette date limite, qu’adviendra-t-il ? Comme le soutiennent les auteurs de l’article de la page suivante sur le géo-enseignement, « les pays africains devraient s’interroger pour savoir s’ils disposent des spécialistes, des équipements et des stratégies à la mesure de cette formidable opportunité, pour le cas et le moment où leurs revendications seraient validées ».

W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles

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